Congrès DSF : « Cet hiver, nous skierons… sans passe »

par | 8 Oct 2021

Lors du congrès annuel de Domaines skiables de France, organisé le 30 septembre à Chambéry, il a surtout été question de la réouverture des remontées mécaniques et de la relance de l’activité.

Le secrétaire d’État au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, était attendu comme le messie par les professionnels de la montagne, qui tous se demandaient quelles mesures seront appliquées pour accueillir (ou pas !) les skieurs cet hiver. Difficile d’effacer le traumatisme de l’hiver dernier et les 8 milliards d’euros de pertes enregistrées (mais cinq milliards ont été versés en compensation par l’État). Émilie Bonnivard, députée de la Savoie et membre de la commission des finances de l’Assemblée nationale, le redisait : « On ne peut pas se permettre de ne pas rouvrir cet hiver, nos entreprises et notre écosystème ne s’en remettraient pas. »

Un sentiment très largement partagé, notamment par le président de Domaines skiables de France, Alexandre Maulin (qui vient d’être réélu pour trois ans), opiniâtre, qui réclame une prise de position claire de l’exécutif (sans tergiversation ni rebondissement) à quelques semaines seulement de l’ouverture des stations. Et ce, alors que nos concurrents italiens et autrichiens ont divulgué leurs protocoles.

Lors de l’AG du 30 septembre, Alexandre Maulin, pdg du groupe Maulin.ski, a été reconduit à la présidence de Domaines skiables de France (DSF) pour trois ans. Crédit photo Michel Battaglia

Une pression forte…

Jean-Baptiste Lemoyne s’est voulu rassurant, annonçant l’ouverture des domaines skiables sans passe sanitaire… sauf reprise de l’épidémie.

«  Aujourd’hui, le droit commun n’impose pas le passe dans les remontées mécaniques, assimilées aux transports. Nous allons nous inscrire dans ce cadre-là  », a-t-il rappelé, précisant que les modalités définitives seront connues le 13 octobre (cf. la loi de Vigilance sanitaire).

Une déclaration accueillie avec soulagement par les professionnels, car il avait laissé entendre, quelques jours auparavant, que le QR code pourrait être demandé aux skieurs, ravivant le doute dans les esprits. Les stations devront cependant prévoir les mesures sanitaires à mettre en place au cas où… Et Alexandre Maulin de réagir : « La filière l’a prouvé, elle sait être réactive », pointant les quatorze versions du protocole élaborées l’hiver passé pour une réouverture, même dans l’urgence.

Pour les élus présents, l’État doit anticiper et établir des scénarios selon les niveaux de contamination, assortis de protocoles – « afin de ne pas être piégés si la pandémie repart à la hausse », appuie Émilie Bonnivard –, et ainsi permettre à la filière d’aborder l’hiver à venir plus sereinement. Et c’est d’autant plus important que la commercialisation se fait maintenant.

À ce jour, les taux de réservation sont en progression et corroborent l’envie des Français de rechausser les skis : +20 % dans les hébergements par rapport à l’hiver 2020-2021 à la même période et des niveaux de réservation dans les écoles de ski proches de ceux de 2019, déclarent tour à tour Patrick Labrune, président du Syndicat national des résidences de tourisme (SNRT), et Éric Brèche à la tête du Syndicat national des écoles du ski français (SNMSF).

« Les défis lourds sont devant nous », assure Frédi Meignan, le vice-président de Mountain Wilderness France, invité à cette table ronde. Crédit photo Patricia Rey

Un plan Avenir Montagnes de 650 M€ pour assurer la relance

L’autre grand sujet est la diversification des stations vers un modèle plus durable, sur fond de transition, « avec des défis lourds devant nous », insiste Frédi Meignan, le vice-président de Mountain Wilderness France. Plusieurs élus et acteurs de la montagne sont intervenus, évoquant leurs expériences. Enfin – et parce qu’il faut regarder devant –, reste à préparer le rebond de l’activité, soutenu par le plan Avenir Montagnes de 650 millions d’euros en faveur d’un tourisme de montagne durable et résilient. L’objectif est d’en décaisser un tiers d’ici la fin de l’année pour accompagner le maximum de projets, en termes d’ingénierie et d’investissements. « Nous avons réussi à faire comprendre les enjeux de la montagne sur le temps long, le temps de la transition. Avec des axes d’investissements novateurs », se félicite Joël Giraud, le secrétaire d’État à la Ruralité. « Et pas question de tourner le dos au ski », assure Jean-Baptiste Lemoyne.


A la Une, le discours (très attendu) du secrétaire d’État au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne, lors du congrès de DSF à Chambéry – crédit photo Patricia Rey

Patricia Rey

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