Attitude positive certes. Volonté de faire face aux difficultés, bien sûr! Mais on ne s’apprête pas à fêter la nouvelle année sans une certaine appréhension.

Les recettes fiscales s’affaiblissent et les restrictions légitimes qui s’imposent à l’Etat ne seront pas sans effets financiers sur les particuliers et les entreprises comme pour les associations et autres organisations déployant pour la plupart d’utiles activités.

Il se trouve que la manne fiscale provenant notamment de la finance, que certains fustigent depuis toujours, sans retenue ou nuance, ne génère plus les mêmes profits. Oui, nous étions, nous dit-on, parfois complices d’une vertu contestable, mais personne n’en n’a refusé le bénéfice. Au contraire on voudrait qu’il perdure pour assurer la pérennité de notre confort.

C’est une réalité, la situation se détériore et les effets en cascade commencent à se faire sentir dans de nombreux secteurs. Des entreprises doivent redimensionner leurs équipes et procéder à de douloureux licenciements.

Ce n’est pas que les choses aillent mal pour tout le monde, mais la prudence est de mise. On repousse des investissements, en attendant de voir comment «cela va évoluer». Comme nous le savons, quand ce comportement se généralise jusqu’aux personnes et familles, la récession s’en voit amplifiée. C’est être responsable que d’acheter que ce qu’on est sûr de pouvoir payer et entretenir, mais lorsque l’on renonce, alors que les moyens ne font pas défaut, cela devient un acte coupable, comme pour les licenciements chez Novartis à Nyon/Prangins alors que les bénéfices sont élevés.

Nous découvrons maintenant de manière nouvelle et plus brutale, que malgré la bonne situation générale de notre pays, les malheurs de nos voisins et des européens, nous rattrapent. Si l’Europe est pour nous un marché important, ce que nous représentons pour elle est dans la plupart des secteurs, proportionnel à notre taille! Au moment où le prix de la solidarité européenne, pour sauver l’euro, est si lourd, ses membres ne pourront pas accorder la moindre concession à la Suisse.

La faiblesse de l’euro nous a frappé de plein fouet. Nous vivons largement à travers notre exportation. Heureusement, la BNS a pu en limiter les dégâts.

2011 a marqué le début de bouleversements d’une ampleur jamais vue, avec notamment des marchés qui bousculent les pouvoirs politiques et défont les gouvernements. L’endettement démesuré, Suisse et cantons y compris, révèle ces premiers effets. 2012 nous fera découvrir les vraies conséquences. Nous devrons être compétitifs, peut-être travailler plus et cesser d’ergoter sur les sujets soutenant l’économie et donc le social.

Attitude positive et confiante en 2012 ? Ce sont nos voeux !