Ceci est le plus grand cadeau que je puisse jamais recevoir – de savoir que quelque chose que j’ai écrit, quelque chose que j’ai fait, puisse aider d’autres personnes. Je pense qu’en fin de compte, c’est ce que nous visons tous : être une inspiration pour les autres.

La cellule de “Veillée de la Mort” est la cellule où les détenus sont mis, juste avant d’être exécutés. L’autre jour, un détenu qui y avait été placé, est tombé malade et a eu une crise cardiaque pendant qu’il dormait. C’était un lundi, et il devait être exécuté le mercredi. Alors, on l’a amené d’urgence à l’hôpital afin de sauver sa vie, de façon à ce qu’il puisse être fidèle à son rendez-vous avec le bourreau, le mercredi. Souvent je me demande : font-ils de telles choses parce qu’ils pensent que le travail l’exige – ou le font-ils parce qu’ils n’ont aucune compassion pour la vie humaine ?

Le mot “réhabilitation” n’existe pas dans le vocabulaire des personnes qui prennent les décisions, mettant en place les règles qui gouvernent les institutions pénitentiaires. Ils ont commencé à louer des prisonniers à des entreprises privées qui les emploient. Ces entreprises peuvent faire fabriquer leurs produits pour rien dans les prisons et il n’y a pas de normes réglementant le travail.

Être en prison n’est pas du tout comme les politiciens et les médias voudraient le faire croire au public. Ici, nous devons acheter absolument tout. Ils ont récemment arrêté de nous donner du savon, et la nourriture est tellement terrible que, dans les 18 mois écoulés, 12 détenus ici dans le couloir de la mort ont été diagnostiqués comme ayant le diabète. Cette année, je n’ai pas d’argent, mais c’est OK, je peux m’en passer, parce que je réalise qu’ici, dans le couloir de la mort, il y a toujours quelqu’un dont la situation est pire que la mienne. Alors, je cherche toujours qui est cette personne pour lui donner la moitié des choses avec lesquelles Dieu m’a béni.