Samedi 14 mars, plusieurs adhérents de la FNATH (association des accidentés de la vie) ""de Bourgoin-Jallieu et de La Tour-du-Pin, mais aussi de l’Association des Paralysés de France (APF), avaient donné rendez-vous aux élus en ville afin de se pencher ensemble sur la question de l’accessibilité dans la cité. Expérience très enrichissante, adjoints et conseillers municipaux étaient invités à prendre place dans des fauteuils roulants afin de mieux se rendre compte des difficultés que rencontrent au quotidien les personnes à mobilité réduite. 
Pouvoir se déplacer plus facilement dans les rues n’intéresse pas uniquement les handicapés. Pour les mamans avec des poussettes et les personnes âgées, certains endroits s’apparentent aussi à un “parcours du combattant”. Une balade s’organisait depuis la place Saint-Michel pour remonter la rue piétonne. Chacun a pu faire un état des lieux de l’accessibilité en mettant l’accent sur certains dysfonctionnements. C’est en vivant la situation que l’on peut comprendre et faire avancer les choses. Désormais, représentants des personnes handicapées et élus pourront partager ensemble leurs points de vue et réunir leurs énergies.
Par cette démarche, les organisateurs souhaitaient sensibiliser les élus en leur montrant les difficultés rencontrées pour se déplacer et accéder à certains lieux publics ou à des commerces, notamment dans la rue piétonne. L’objectif a été atteint. Cela devrait permettre de trouver des solutions. La réfection complète de la rue piétonne, qui démarrera cet automne, offre une bonne opportunité d’intégrer en amont les remarques des personnes en fauteuil. Pour cette expérience hors du commun, bon nombre d’élus avaient répondu présents : la députée Joëlle Huillier, les adjoints Danielle Mulin (Affaires sociales et personnes âgées), Jean-Claude Pardal (Sécurité, voirie, stationnement, transports et déplacements), Hélène Duplat (Affaires scolaires et jeunesse) et Michel Carron (Urbanisme), ainsi qu’Aurélien Leprêtre, conseiller municipal. Désormais, ils ne voient plus la ville de la même manière.

«Le droit à la liberté de mouvement»
Les associations d’handicapés ne demandent aucun traitement de faveur. Simplement que l’on se mettre à leur place un instant. Le 11 février 2015 a marqué les dix ans de la loi du 11 février 2005, sensée garantir une entière accessibilité des établissements recevant du public, des moyens de transport et de la voirie. Dix ans après, force est de constater que les objectifs sont loin d’avoir été atteints. Voyant l’échéance de 2015 se rapprocher avec les pénalités encourues, le gouvernement a adopté une ordonnance le 26 septembre 2014. Elle abaisse les normes d’accessibilité, facilite les dérogations et reporte de fait la généralisation de l’accessibilité à trois, six ou neuf ans au moyen des Agendas d’Accessibilité Programmée.
C’est dans ce cadre que les personnes en situation de handicap mettent tout en œuvre pour éveiller les consciences. Pour la FNATH comme pour l’APF, il est clair que la société devra composer avec eux et non plus pour eux. C’est pour cela qu’ils ont décidé d’être visibles en faisant entendre leurs revendications auprès des différentes instances. Le signal d’alarme sera-t-il entendu ?
Carole Muet


2016-04-02