Quarante-six personnes ont été tuées dans l’accident d’un avion de ligne qui s’est écrasé jeudi dans la cordillère des Andes, au Venezuela, a annoncé vendredi le président vénézuélien Hugo Chavez.

L’avion, qui transportait 43 passagers et trois membres d’équipage, avait disparu des écrans-radars au cours d’un vol entre Merida, à 500 kilomètres au sud-ouest de Caracas, et la capitale vénézuélienne.

Les autorités avaient rapidement perdu tout espoir de retrouver des survivants. Après un survol de la zone de l’accident, une région escarpée et difficile d’accès, à 4.750 mètres d’altitude, les pompiers avaient annoncé que l’appareil avait été « pulvérisé » au moment du choc.

« Quarante-six personnes sont mortes dans un accident à quelques kilomètres » de Merida, a confirmé vendredi M. Chavez sur une chaîne de radio et de télévision publique.

« Nous ignorons les causes » de l’accident, « mais l’enquête est en cours dans une zone de montagne escarpée », que des équipes de sauvetage tentent de rejoindre, a-t-il précisé en présentant ses condoléances aux familles des victimes.

L’avion de la compagnie vénézuélienne Santa Barbara Airlines, un ATR42 de fabrication franco-italienne datant de la fin des années 80, avait décollé de Merida pour un vol d’une heure à peine à destination de Caracas.

Il a disparu des écrans-radars jeudi en fin d’après-midi après avoir dévié de sa route, vraisemblablement en raison de mauvaises conditions météorologiques. Les services du contrôle aérien avaient déclenché l’alerte à 17H45 locale (22H15 GMT).

La première photographie aérienne à laquelle l’AFP a eu accès montre la queue de l’appareil encastrée dans la montagne et son fuselage totalement désintégré.

« Il n’y a probablement pas de survivants, compte-tenu de la nature de l’impact », avait conclu le général Ramon Viña, de l’Institut national de l’aéronautique civile du Venezuela.

Les opérations aériennes de sauvetage ont dû être suspendues en raison des mauvaises conditions climatiques, a indiqué le général Antonio Rivero, directeur national de la Protection civile, à l’aéroport de Merida.

Dans la cordillère, « il y a des nuages et des vents extrêmement violents, même s’il ne pleut pas, il est difficile » pour de tels appareils de survoler la zone de la tragédie, a ajouté le général Rivero.

« L’avion est pratiquement désintégré et on peut voir ses débris dans une zone escarpée », a-t-il ajouté, en précisant que les opérations de récupération des corps pourraient durer jusqu’à 72 heures.

Des équipes de secours héliportées sont parvenues à descendre dans un lieu éloigné du site de l’accident et ont commencé à escalader la façade de « La Cara del Indio » (Le visage de l’Indien) à 4.000 m d’altitude, a-t-il précisé.

C’est une ascension « lente » et difficile jusqu’aux lieux de la tragédie, en raison des mauvaises conditions climatiques, avait déclaré auparavant Marco Romero, de la direction de la Protection civile de Merida.

Parmi les victimes possibles, on compterait deux proches du vice-ministre de la Sécurité urbaine Tarek el Alssami ainsi qu’un célèbre politologue de l’opposition, Italo Luongo, le maire de Rangel de Merida, Alexander Quintero, et son fils de 11 ans, a annoncé le gouverneur de Merida, Florencio Porras.

La compagnie aérienne, fondée à Maracaïbo en 1995, n’avait pas eu à ce jour d’accidents. Outre des vols intérieurs, Santa Barbara Airlines assure huit liaisons internationales, notamment à destination de Madrid, de Tenerife, des îles Canaries ou encore d’Aruba (Antilles néerlandaises).

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L’avion transportait 43 passagers et trois membres d’équipage.