Aide sociale: statistiques suisses

par | 6 Juin 2009

Plus de la moitié des jeunes adultes bénéficiant de prestations d’aide sociale n’ont pas de diplôme postobligatoire et ne sont pas en train de suivre une formation. Près d’un sixième des jeunes adultes soutenus ont déjà des enfants à charge. Le risque pour les jeunes adultes de dépendre de l’aide sociale varie selon les cantons, dans une large mesure en raison de différences au niveau des structures régionales. Tels sont, entre autres, les résultats d’une analyse approfondie des problèmes rencontrés par les jeunes adultes tributaires de l’aide sociale.

Selon la statistique suisse de l’aide sociale établie par l’Office fédéral de la statistique, les jeunes de 18 à 25 ans présentent un taux d’aide sociale élevé depuis quelques années. Les transitions entre l’école, la formation et la vie active, qui sont largement déterminées par la structure du marché du travail, l’offre de formations et la participation à la formation, ont une grande incidence sur le risque pour certains jeunes adultes de devoir recourir à l’aide sociale.

Typologie des jeunes adultes à l’aide sociale
A l’aide d’un vaste matériel d’analyse, six groupes spécifiques de jeunes adultes à l’aide sociale ont été définis sur la base de variables relatives à la situation professionnelle, à la formation et au fait d’être parent. Le plus grand groupe, formé de jeunes adultes en formation, comprend près d’un quart (23%) de toutes les personnes de 18 à 25 ans touchant des prestations d’aide sociale. Le deuxième groupe le plus important (22%) est composé des jeunes adultes sans emploi et sans formation. Les jeunes adultes ayant des enfants forment le troisième groupe par ordre d’importance et représentent 17% des 18 à 25 ans à l’aide sociale. Près de la moitié d’entre eux élèvent seuls leurs enfants.

Différences régionales comme facteurs d’influence
Dans le cadre de l’analyse, les disparités entre les cantons quant au taux d’aide sociale des jeunes adultes ont été examinées de manière détaillée. La structure du marché de l’emploi ainsi que le niveau global de formation dans le canton influent fortement sur le taux d’aide sociale des jeunes adultes. Une offre de places d’apprentissage et de postes de travail supérieure à la moyenne dans les secteurs primaire et secondaire favorise l’intégration des jeunes adultes sur le marché du travail et, partant, diminue leur taux d’aide sociale. L’environnement social a aussi une influence directe sur le niveau de ce taux pour les 18 à 25 ans. Les régions dans lesquelles la part des enfants dont les parents sont sans formation professionnelle est élevée et où les problèmes sociaux sont fréquents (par ex. logements surpeuplés, faible niveau de formation, nombre élevé de chômeurs) présentent aussi un taux d’aide sociale important chez les jeunes adultes.

Les personnes sans formation tendent à dépendre plus longtemps de l’aide sociale
Les analyses longitudinales réalisées à l’aide des données de la statistique de l’aide sociale pour la période 2004-2006 font apparaître que les jeunes adultes sortent plus fréquemment et plus rapidement de l’aide sociale que les personnes plus âgées. Près de la moitié des nouveaux dossiers d’aide sociale de l’année 2004 ont été clos dans les douze mois qui ont suivi. On observe cependant aussi des tendances contraires: les personnes sans formation postobligatoire et celles issues de familles économiquement défavorisées (pauvreté « héritée ») sont souvent assistées durablement (3 ans au minimum). Il en va de même pour les jeunes parents ayant des obligations d’entretien à l’égard de leurs enfants. En revanche, les jeunes adultes en train de suivre une formation s’affranchissent relativement rapidement de l’aide sociale.

Le flux migratoire des jeunes à l’aide sociale vers les villes n’est pas très important
Plus les bénéficiaires de l’aide sociale sont jeunes, plus ils changent souvent de domicile. Mais comparés avec le reste de la population, ce sont les bénéficiaires plus âgés qui changent le plus souvent de domicile. Près d’un tiers des jeunes adultes à l’aide sociale ayant quitté leur domicile à la campagne ou dans une agglomération sont allés vivre dans une ville. Sur l’ensemble des jeunes adultes qui ont déménagé, un cinquième a élu domicile dans un environnement non citadin. L’analyse ne fait donc pas manifestement état d’un fort afflux général de jeunes adultes à l’aide sociale vers les villes.

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La formation, l’entrée dans le monde du travail et la charge d’enfants tôt dans la vie sont les principales raisons de la précarité des jeunes adultes à l’aide sociale.

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