Au 31 décembre de cette année, les organisations syndicales ""occupant la Maison des Syndicats située rue de Funas, devront quitter les lieux. Du coup, le torchon brûle entre les différentes organisations et Vincent Chriqui, maire de Bourgoin-Jallieu.
Un mécontentement qu’ils n’ont manqué de manifester lors de la séance publique du conseil municipal du lundi 26 septembre dernier.
Fort de revendiquer que la Maison des Syndicats est un lieu unique dans la ville où les salariés, retraités, demandeurs d’emploi trouvent accueil, écoute. Un lieu où renseignements et conseils leurs sont prodigués pour faire valoir leurs droits du Travail et bien au-delà puisque les unions locales territoriales réalisent, pour beaucoup de ces personnes, un accompagnement dans leurs démarches diverses.
Les représentants des syndicats s’expriment : «Nous avons été reçues, à notre demande, par le maire Vincent Chriqui le jeudi 15 décembre. Cette rencontre portait sur l’injonction de M. Chriqui, par courrier du 30 juin courant, de nous faire quitter les locaux de la rue de Funas au 31 décembre prochain, alors que nous sommes hébergés par la municipalité depuis les années 30. Ce principe avait d’ailleurs été acté avec notre emménagement en juin 2015, suite à des travaux de rénovation effectués par la mairie actuelle. L’Intersyndicale a demandé des explications sur cette décision subite et surprenante tant sur le fond que sur la forme. Les motivations exposées dans la presse par M. Chriqui relevant plus de l’idéologie partisane que d’une connaissance réelle de l’activité menée au sein de la Maison des Syndicats. Nous avons également rappelé que l’activité était principalement menée par des bénévoles au service de tous qui démontrent au quotidien l’utilité sociale de nos organisations territoriales. Mais M. Chriqui reste camper sur sa position idéologique malgré les propositions alternatives faites par l’Intersyndicale. Les organisations syndicales hébergées à la Maison des Syndicats refusent cette suppression de locaux, cette grave atteinte aux valeurs de démocratie sociale. Nous prendrons toutes les initiatives nécessaires pour défendre et continuer à faire vivre la Maison des Syndicats.» Une pétition a été lancée, et à l’heure actuelle, ce sont plus de 1 100 signatures qui ont été recueillies.
Dans la foulée, Frédérique Pénavaire, élue PCF de l’opposition (groupe André Borne) a souhaité rajouter une question à l’ordre du jour de la séance du conseil municipal du lundi 26 septembre. Une séance qui, par ailleurs, a été des plus houleuses. Les syndicats étant venus en force pour se faire entendre.
 
Une intervention remarquée
Dans son intervention, Frédérique Pénavaire évoquait les raisons qui motivaient sa demande : «Tout d’abord étant donné l’importance du sujet, je trouve anormal qu’il n’y ait eu ni information, ni débat en conseil municipal. Comme d’habitude nous découvrons vos décisions par l’intermédiaire des intéressés ou par les médias. Cela en dit long sur votre conception de la vie municipale. C’est d’autant plus choquant que ce sujet a toujours fait l’objet de délibérations, discutées et votées en conseil municipal, que ce soit sous le mandat précédent comme au début du vôtre. A chaque fois les délibérations ont été votées à l’unanimité. Le déménagement de la maison des syndicats dans l’ancienne école Maurice Carême est le résultat d’un consensus. Messieurs Girard et Genin qui était alors dans l’opposition n’ont jamais remis en cause ce relogement et les ont même toutes votées. Ce revirement est donc inacceptable et consiste en un reniement de la parole donnée. C’est également anti démocratique puisque vous décidez seul, sans aucune concertation. Vous récusez un usage qui existe dans de nombreuses villes de même taille. Pour Bourgoin-Jallieu, cet usage existe depuis 1938. Cette tradition d’hébergement repose sur une utilité reconnue sinon elle n’aurait pas perduré, elle se justifie par le fait que les syndicats sont d’utilité publique. Les activités déployées dans les maisons des syndicats contribuent à l’intérêt général local et sont à visées sociales. C’est une source d’information pour les salariés, les demandeurs d’emploi, les retraités. Notre tissu économique constitué de PME et de TPE n’offre pas la possibilité d’avoir des aides et des conseils juridiques, des informations sur ses droits. Par cette décision vous portez atteinte au droit syndical qui est je vous le rappelle un  droit constitutionnel. Sur le fond, je pense que votre décision est politique. Vous évoquez les baisses de dotations de l’Etat (que je ne conteste pas) et les compétences obligatoires de la commune. Dans ce cas, de nombreuses associations ont du souci à se faire car les compétences obligatoires  des communes sont de plus en plus restreintes. En fait, votre décision s’inscrit dans une action concertée des maires de droite, il est quand même curieux qu’au même moment, dans différentes villes les maires décident d’expulser les syndicats de leurs locaux. L’argument économique ne tient pas surtout lorsqu’on voit les choix financiers que vous opérez, 216 000 euros de terrain pour la piscine, 260 000 euros pour les Belles Journées, ils sont à géométrie variable. Il s’agit donc d’un choix politique qui donne à voir votre conception du dialogue social  qui nous ramène plusieurs siècles en arrière. Je vous demande donc, au nom du groupe d’opposition, de revenir sur cette décision, de renouer le dialogue social avec l’ensemble des organisations syndicales pour qu’elles puissent continuer à faire leur travail d’information, de conseil, de défense des salariés.» L’affaire, plus complexe qu’il n’y parait, est loin d’être terminée.
C. Muet

2017-10-07