L’annonce du décès de Paul Falcoz s’est propagée rapidement dimanche 8 mars. ""Ancien grand résistant membre du Comité “Bataillon Rémy”, l’homme était né le 10 avril 1925 à Ruy. Il était issu d’une fratrie de cinq enfants. Très tôt, Paul Falcoz avait commencé à travailler comme mécanicien-tourneur-outilleur à l’entreprise Voisin Pascal, à Jallieu. Il n’a alors que 15 ans et déjà se dessine un caractère décidé et plein d’ardeur qui va le conduire, dans ces années de guerre contre l’Allemagne et l’occupant, à prendre des options radicales.
Fin août 1943, à l’âge de 18 ans, Paul entre dans la Résistance et se met aux ordres de Jean Duclos (Albert), chef de l’A.S. de Ruy. Il distribue des tracts, colle des affiches et fait de la propagande. Il rejoint vite le groupe FFI Rémy (Forces Françaises de l’Intérieur), Secteur 7 de l’A.S. de Bourgoin, et recrute des jeunes pour former un groupe de FUJP (Forces Unies des Jeunes Patriotes) dont il devient naturellement le chef. De ce fait, il est nommé adjoint au chef de trentaine de Ruy. L’action directe devient sa spécialité : parachutages, sabotages de voies ferrées, récupération d’armes, coups de main contre l’occupant nazi…
En 1944, alors qu’il n’a que 19 ans, Paul Falcoz va participer aux actions les plus importantes dans le Nord-Isère pour la Libération : attaques des gendarmeries de Boissieu et de Bourgoin, sabotages de lignes téléphoniques et de ponts, enlèvements de miliciens et récupération d’essence. En juillet et août, il se trouve à Moras, puis il rejoint le maquis d’Ambléon. Fin août, le résistant combat pour la libération de Bourgoin, de La Verpillière et Saint-Laurent-de-Mure. Enfin, le 2 septembre, il a la joie de rentrer dans Lyon. Le Bataillon du capitaine Rémy a fait un travail magnifique et avec lui, Paul Falcoz en a été l’un des plus ardents combattants.
Le 1er novembre 1944, il s’engage pour la durée de la guerre au titre du 4e Bataillon FFI de Sathonay. Il est affecté à Carcassonne au 173e Régiment d’Infanterie en février 1945 et suit un stage à l’école des cadres de Perpignan, dont il sort 13e sur 31 avec la meilleure note en combat. Il est alors déclaré apte aux fonctions de chef de groupe dans l’armée régulière.
Nommé sergent par le capitaine Rémy dès le 6 juin 1944, Paul Falcoz est intégré dans l’armée comme caporal-chef le 10 juin 1945 pour remplir les fonctions de chef de section. Le 6 juillet 1945, il est muté au 8e Régiment d’Infanterie à Sarreguemines, puis à la 497e Compagnie du GPGA à Freyming. Il sera démobilisé le 10 décembre.

Médaille de la Résistance et Légion d’honneur
Le 24 avril 1946, la Médaille de la Résistance lui est décernée et le 15 novembre de la même année, Paul Falcoz est cité à l’ordre du Régiment, citation comportant l’attribution de la Croix de Guerre avec étoile de bronze. Paul était issu d’une famille qui a œuvré au service de la France. Ses parents, Jean Falcoz et Catherine née Gabier (grands résistants), ont inculqué à leurs enfants l’amour de la Patrie et la volonté de combattre. Paul aura résisté pendant la 2e guerre mondiale, tout comme ses frères Louis et Pierre (garde du corps du capitaine Rémy) et ses sœurs Jeanne et Yvonne. Quant à l’épouse de Paul Falcoz, Suzanne, elle fut arrêtée par la Feldgendarmerie. Le 14 novembre 2007, le vice-Amiral Philippe Morel (fils de “Tom” Morel héros et martyr du Plateau des Glières) a remis à Paul Falcoz, alias “Luc” dans la Résistance, les insignes de Chevalier dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur.

Après la carrière militaire s’ouvrit une carrière civile
Sa carrière militaire achevée, Paul Falcoz commence une carrière civile qui va l’amener à déployer ses qualités d’organisateur et d’instructeur. De 1946 à 1950, il sera employé à l’entreprise de plâtrerie-peinture “Guillard”. Puis, de 1950 à 1973, il sera employé d’une auto-école à Bourgoin avant d’en devenir le patron. Son auto-école ira jusqu’à comprendre trois moniteurs à temps plein. Enfin, de 1973 à 1983, ayant vendu son affaire, Paul continua à enseigner à temps partiel avant de prendre une retraite bien méritée.
Ce fut également une retraite bien occupée, puisque Paul Falcoz a servi avec une grande efficacité la collectivité en dirigeant de nombreuses instances départementales relatives à la conduite automobile. Cela se traduira notamment par de la formation. Il était délégué à la Prévention Routière auprès des jeunes, également responsable de stages de récupération de points. Paul s’est également employé avec le cœur qu’on lui connaît à la création en Isère d’un mouvement de secours à l’enfance : “Terre des Hommes”. En 1971, il dirigera l’opération “Au cœur de la Vie”, patronnée par l’Association des Médaillés de la Résistance. Les dons recueillis avaient permis de faire soigner aux Etats-Unis deux enfants atteints de la maladie bleue et de faire équiper l’hôpital de La Tronche d’un défibrillateur.
Paul Falcoz était l’un des derniers témoins de cette période noire et sinistre où la volonté et l’ardeur des jeunes combattants eurent raison de la haine et de l’esclavage nazi. Son parcours de vie a été maintes fois cité en exemple auprès des jeunes générations. Ce dimanche 8 mars, il s’est éteint au centre hospitalier Pierre Oudot à Bourgoin-Jallieu. Paul Falcoz vient de rejoindre son épouse Suzanne, décédée le 11 novembre 2010 après 57 ans de vie commune. Toutes nos condoléances à la famille.
Carole Muet


2016-03-12