C’est la semaine des Oscars à Hollywood et après un long tunnel de trois mois lié à la grève des scénaristes, l’industrie du cinéma se réjouit de pouvoir se consacrer à nouveau à son auto-célébration.

« Nous y voilà. Après un long hiver vient le printemps et aujourd’hui l’été », s’est félicité le producteur de la cérémonie, Gil Cates, en évoquant trois mois « terribles ».

Dimanche, le Kodak Theatre ressortira son tapis rouge pour accueillir les George Clooney, Cate Blanchett et autres heureux nominés de cette 80e cérémonie des Academy Awards.

En attendant que les 5.800 membres votants de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences décernent leurs prix, les pronostics vont bon train.

De nouveau au travail, une équipe de scénaristes travaille d’arrache-pied pour livrer à temps les blagues et les bons mots que le présentateur de la soirée, Jon Stewart, égrènera au fil des trois heures de retransmission.

Lancée le 5 novembre dernier, la grève dure des 10.500 scénaristes américains organisée à l’appel de la Writers Guild of America ne s’est achevée que la semaine dernière et a fortement perturbé la saison des trophées à Hollywood, qui s’étale du mois de décembre à la cérémonie des Oscars.

Les dîners de gala et les cérémonies ont été annulés ou réduits au strict minimum. En janvier, les Golden Globe Awards se sont ainsi transformés en une conférence de presse mobilisant seulement un quart de l’audience habituelle de 20 millions de téléspectateurs.

Mais les organisateurs des Oscars, soulagés, promettent une cérémonie comme à l’accoutumée, avec ses stars, ses paillettes et, espèrent-ils, ses vainqueurs mémorables.

« No Country » grand favori
Le palmarès devrait réserver des surprises, même si certains films font figure de grands favoris. « Parfois, les grands chefs d’Hollywood votent avec leur coeur simplement pour rappeler qu’ils en ont un », ironise Tom O’Neil, un chroniqueur chevronné.

Déjà plébiscité par les producteurs, les réalisateurs, les acteurs et les scénaristes, le thriller des frères Coen, « No Country for Old Men » (« Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme »), part favori pour l’Oscar du meilleur film.

Mais le thriller judiciaire « Michael Clayton » revient fort, porté par la popularité de George Clooney, et la comédie « Juno » attire aussi l’attention, ne serait-ce parce qu’il est le seul film nominé ayant passé le seuil symbolique des 100 millions de dollars au box office.

Les deux autres productions en lice sont la fresque sur les prospecteurs de pétrole « There Will Be Blood » et le drame « Atonement » (« Reviens-moi »).

Le Britannique Daniel Day-Lewis, porté aux nues par la critique et déjà récompensé pour son rôle dans « Blood », est le premier cité pour le trophée du meilleur acteur, mais Clooney n’a pas dit son dernier mot.

Pour la meilleure actrice, Marion Cotillard a ses chances pour son incarnation d’Edith Piaf dans « La Môme » (« La Vie en Rose » en version anglaise) qui lui a valu le Bafta britannique.

Mais la concurrence s’annonce rude avec la Britannique Julie Christie (« Loin d’Elle »), très en vue pendant toute la saison des « awards », l’Australienne Cate Blanchett (« Elizabeth ») ou la Canadienne Ellen Page, l’adolescente rebelle et enceinte de « Juno ».

L’Espagnol Javier Bardem, tueur dans « No Country », fait figure de favori pour l’Oscar du meilleur second rôle masculin, tandis que Tilda Swinton tient la corde côté féminin avec son rôle d’avocate manipulatrice dans « Michael Clayton ».

Les frères Coen sont enfin les premiers cités pour le trophée de meilleur réalisateur.

Quel que soit le grand vainqueur ou le grand perdant de la soirée à venir, les organisateurs sont déjà satisfaits: le spectacle continue.

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L’industrie du cinéma se réjouit de pouvoir se consacrer à nouveau à son auto-célébration.