La consommation d’alcool et plus encore l’ivresse ont été longtemps considérées comme des comportements typiquement masculins, ce qui n’est plus forcément le cas aujourd’hui. Le rôle social qui leur était traditionnellement assigné exigeait de la part des femmes une plus grande retenue dans ce domaine. Ainsi, les femmes ivres, voire alcooliques, étaient exposées à une discrimination plus importante encore que les hommes qui buvaient de manière problématique.

Les femmes & la consommation d’alcool
Nombreuses restent aujourd’hui les femmes – surtout lorsqu’elles sont mariées et ont des enfants – qui se conforment aux normes traditionnelles régissant la consommation d’alcool; statistiquement, elles sont ainsi plus souvent abstinentes et globalement, elles sont moins nombreuses à adopter une consommation à risque. Néanmoins, l’accès facilité aux boissons alcooliques et l’augmentation de la tolérance vis-à-vis des femmes qui consomment de l’alcool, de même que la propension à boire en cachette pour faire face au surmenage (double journée) ou à des problèmes conjugaux ou familiaux peuvent conduire des femmes à une consommation à risque et à des problèmes liés à l’alcool.
Par ailleurs, les changements observés ces dernières décennies dans les rôles sociaux traditionnels conduisent de plus en plus les jeunes femmes à adopter des styles de vie et de consommation proches de ceux des hommes. Il ressort en effet des enquêtes menées en Suisse que la consommation d’alcool chez les femmes est globalement en baisse depuis le milieu des années 70, mais que, depuis le milieu des années 90, le nombre de consommatrices dites à risque (plus de 20 gr d’alcool pur par jour et / ou ivresses) ne diminue pas dans la même proportion.

Alcool & grossesse ne font pas bon ménage
Environ 140’000 (4.4 %) femmes ont une consommation d’alcool chronique et / ou à risque (Enquête suisse sur la santé, 2002). En outre, les états d’ivresse chez les femmes en âge de procréer ont augmenté ces dernières années. Les risques de dommages pour les enfants à naître ne sont donc pas négligeables. Il est cependant à relever que les femmes buvant de façon problématique ne s’engagent de loin pas toutes vers une grossesse et que la plupart d’entre elles renonceraient à leur consommation ou la réduiraient en cas de maternité. Aussi convient-il de rester prudent lorsqu’on tente d’estimer la taille effective du groupe à risque.

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Les états d’ivresse chez les femmes en âge de procréer ont augmenté ces dernières années…