François Schmidt a quitté en mai dernier ses fonctions de directeur du Centre d’Accueil de la Genève Internationale (CAGI) où il officiait depuis quatre ans. Il a été nommé premier collaborateur à l’Ambassade de Suisse à Tripoli en Libye.

Êtes-vous satisfait du bilan genevois?
Après 20 ans passés à l’étranger, ce retour à Genève m’a permis de retrouver mes sources. J’ai redécouvert mon pays, ma région et ma ville natale. Bien des choses ont changé, en bien et en moins bien! J’ai eu un plaisir tout particulier à créer des ponts entre la Genève internationale et locale. Grâce à mon équipe, je pense avoir apporté une note très positive à la mission qui était la mienne.

Au fait, qu’est-ce que le CAGI?
C’est un centre d’accueil qui vient en aide aux membres de la communauté internationale de Genève (diplomates, fonctionnaires internationaux, collaborateurs d’ONG et de Fédérations sportives internationales). Il propose toute une gamme de prestations et d’activités pour faciliter leur intégration à Genève et dans la région lémanique: conseils pratiques, touristiques, recherche de logements ou d’écoles, manifestations sportives, ludiques, visites d’entreprises.

Qu’est-ce qui a le plus d’importance à vos yeux?
C’est de faire connaître la culture suisse aux internationaux, nos traditions et nos spécificités. En outre, il s’agit de leur montrer que les Suisses sont des personnes accueillantes. L’échange est plus qu’enrichissant. En retour, les 200 nationalités présentes à Genève nous apportent beaucoup, tant sur les plans culturels, politiques qu’économiques!

Quelle place tient le relationnel dans cette fonction?
C’est l’atout N°1. Il faut de l’entregent et de la facilité de contact. Il faut bien sûr aimer rencontrer des personnes différentes et toujours avec le même respect, sans distinction ni discrimination. Il faut aussi savoir convaincre.

Cela s’apparente-t-il à de la diplomatie avant l’heure?
Nous savons qu’un ambassadeur ou un diplomate qui exerce à Genève a de fortes chances d’obtenir de très hautes fonctions, voire même devenir ministre, chez lui un jour… Si Genève et l’accueil qu’il y a reçu lui ont laissé un excellent souvenir, c’est positif pour la qualité des relations bilatérales à venir.

Parlez-nous de vos difficultés…
Sur le plan professionnel, aucune difficulté, que du plaisir. Le plus délicat reste de faire comprendre et d’expliquer aux Genevois tout l’intérêt de la Genève internationale. Elle est, avec plus de 26’000 emplois, le plus grand employeur du canton de Genève. Elle rapporte chaque année entre 4 et 5 milliards à la région lémanique. La présence de la Genève internationale est un pôle attractif unique au monde, notamment pour l’installation de multinationales créatrices d’emplois.

Qu’avez-vous apporté au Centre?
De nouvelles activités événementielles dans la continuité des travaux de mes prédécesseurs. Nous avons également restructuré notre section Logement & Information car nous avons des soucis de ce côté-là.

Quels soucis?
Le manque de logements bien sûr. La Genève internationale est confrontée aux mêmes problèmes que les Genevois. Contrairement à ce que certains pensent, les internationaux n’ont pas de passe-droits et ne «volent» pas les logements.

Les internationaux aiment-ils Genève?
Oui! La grande majorité aime beaucoup Genève et la Suisse. Les familles adorent la ville pour sa qualité de vie exceptionnelle… Ils ne se plaignent pas trop de la cherté de la vie ou des soucis de mobilité. Les plus jeunes trouvent peut-être qu’il manque un quartier animé comme au Flon à Lausanne.

Que peuvent faire les entreprises genevoises pour la Genève internationale?
Les dirigeants des PME sont un vecteur de transmission du message de l’importance de la Genève internationale. Ils ont la capacité de faire comprendre à leurs collaborateurs et à la population qu’elle est importante pour la Suisse et toute la région lémanique.

N’êtes-vous pas un peu triste de partir?
Je suis triste de quitter Genève, et ravi de me rendre à Tripoli. La Libye est devenue le premier partenaire commercial de la Suisse en Afrique. C’est une période de transition très stimulante pour le pays et pour les échanges.

Que souhaitez-vous à votre successeur Bernard Reymond?
D’avoir autant de bonheur que moi à diriger le CAGI car c’est une institution porteuse de défis et de valeurs!.
propos recueillis par bp

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François Schmidt devant la Villa «La Pastorale» où se trouve le CAGI