Hagop Avakian, arménien d’origine et fier suisse d’adoption, est commerçant spécialisé dans l’art des Tapis d’Orient. Basé à Genève depuis plus de trente ans, il nous présente son parcours de vie et les secrets de son métier.

Quelle est votre histoire?
Né au Liban, je suis d’origine arménienne. Après une carrière de cycliste de 15 à 23 ans en Orient où j’étais connu et reconnu comme sportif, j’ai pris la suite de mon père dans le commerce de tapis. Je suis arrivé en Suisse en 1976 et j’ai commencé mon affaire familiale de Tapis d’Orient à Genève un an après. Je suis la 4ème génération de commerçant et j’espère que mes enfants continueront après moi.

Pourquoi s’installer en Suisse et à Genève en particulier?
Le hasard pour la Suisse. J’ai préféré ouvrir mon commerce à Genève, ville internationale par excellence, plutôt qu’à Lausanne où je résidais. Les Arméniens installent toujours leurs affaires dans des grandes villes où il y a des aéroports internationaux. Et Genève était la ville parfaite pour cela.

Quel est votre métier?
L’art des Tapis d’Orient. J’ai appris très jeune ce métier avec mon père qui m’a très bien formé. Il fallait tout connaître: la richesse des matières, le travail de restauration à l’aiguille, l’histoire des tapis des siècles passés. Quelque part, c’est une vraie science. Les tapis que je vends sont pour moi des œuvres d’art à part entière. Je suis également expert en douanes et assurances à Genève.

Comment se passe l’achat de tapis avec les artisans locaux?
Je n’achète que de la très belle marchandise qui convient à mes exigences d’expert. Je m’assure d’une parfaite qualité et je mets beaucoup de temps à choisir. Je travaille principalement sur les tapis iraniens qui sont de la plus haute qualité. J’importe moi-même directement où j’achète en commun avec mon frère qui est basé à Londres et qui est dans le métier aussi. Nous n’investissons que dans des tapis de valeurs, uniquement des Tapis d’Orient noués mains.

Qu’est-ce qui explique que les Tapis que vous vendez sont recherchés?
C’est l’art traditionnel en Orient. Et les tapis sont un investissement irremplaçable. Ils servent à décorer l’habitation durant des siècles. Tous les meubles que vous achèterez ne pourront jamais remplacer la présence essentielle d’un tapis!

Que conseillez-vous à l’acheteur?
Il faut savoir qu’un tapis est une œuvre d’art faite à la main avec la précision d’une aiguille. Les personnes intéressées doivent acheter leurs tapis là où elles veulent, mais uniquement de la belle marchandise, avec de vrais connaisseurs qui les guident et les aident dans leur choix.

Comment voyez-vous votre profession?
C’est un métier noble que j’exerce avec passion et savoir-faire. En Orient, c’est avec fierté que vous dites que vous êtes marchand de tapis et c’est un métier respecté. Mais malheureusement ici, c’est dénigré ou incompris. D’ailleurs, les gens ont bien raison de dire «marchand de tapis» comme une espèce de moquerie, car il y a beaucoup de «marchands» de tapis et peu de «connaisseurs» de tapis.

Quel est votre rôle dans la communauté arménienne de Genève?
J’ai été actif dans presque toutes les associations concernant l’Arménie au niveau genevois, suisse et européen. Aujourd’hui, je ne suis plus actif dans la communauté arménienne, mais je suis là quand ils ont besoin de moi.

Et dans la politique genevoise?
Je suis militant du PDC depuis 18 ans. Je suis vice-président du PDC Ville de Genève, vice-président du Groupement des Indépendants et membre du Comité directeur depuis plusieurs années.

Quelles sont les valeurs que vous partagez avec votre parti?
Les valeurs d’humanité et de partage. Tous les membres sont devenus mes amis, je ne me suis jamais senti étranger, c’est exceptionnel. En outre, le PDC a joué un rôle très important pour la communauté arménienne avec l’amendement de reconnaissance du Génocide arménien défendu par Jean-Claude Vaudroz et Dominique de Buman. J’y ai vu un engagement sincère qui m’a beaucoup touché.

Que voulez-vous ajouter?
Je remercie toutes les femmes et tous les hommes politiques pour leurs efforts vis-à-vis de notre communauté. Je suis fier d’être à Genève, en Suisse, mon pays d’adoption.

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Hagop Avakian