Avec ses 350 hectares d’emprise au sol, l’Aéroport International de Genève est confronté tous les jours à de nombreuses rencontres avec nos amis les animaux. Malheureusement, les oiseaux peuvent représenter un très sérieux danger pour l’aviation. L’Unité de Prévention du Péril Aviaire et de Gestion de la Faune est là pour gérer ce problème naturel et délicat. A l’AIG, la sécurité n’a pas de prix.

Complexité
Depuis ses débuts en 1920, l’aéroport de Genève, qui dessert actuellement 108 destinations en lignes directes, interfère avec son environnement. Atterrissages et décollages d’engins volants multiples ont rythmé depuis des décennies les vies des hommes, femmes et animaux qui habitent dans son voisinage. Il n’y a pas d’un côté l’infrastructure aéroportuaire et de l’autre le monde naturel, les deux sont profondément imbriqués. Le tout forme un écosystème: humains, faune et flore s’y croisent régulièrement. Le principal danger pour les pilotes, c’est de voir les pistes envahies de lapins, renards et oiseaux divers. Le danger de percussion est alors évident. Les oiseaux de plumes et les animaux de poils se heurtant aux avions de fer. Les dégâts causés aux avions peuvent coûter très cher.

Assurer la sécurité
Tout l’enjeu est là. L’AIG doit assurer l’entière sécurité des passagers comme de ses équipes en jugulant les mouvements faunistiques présents sur toute l’étendue aéroportuaire. Il lui faut éviter les accidents. Depuis 1960, ce sont 79 avions civils qui ont été perdus dans le monde, faisant plus de 210 victimes. 90% des impacts se produisent sur et aux abords des aéroports dont 66% au décollage. L’enjeu est donc très important.

AIG, refuge pour la nature
Les aéroports sont capables de satisfaire les besoins vitaux d’un grand nombre d’animaux. Certains animaux peuvent d’ailleurs effectuer leur cycle complet dans l’enceinte aéroportuaire. L’AIG dispose de prairies ou sont recensées 210 espèces florales dont 4 très rares, et 7 espèces d’orchidées. On trouve beaucoup de mammifères tels que renards, lièvres, campagnols, belettes, fouines, batraciens. En ce qui concerne les oiseaux, près de 90 espèces sont observées. Certaines espèces d’oiseaux représentent un danger plus important que d’autres selon leur abondance, leur régime alimentaire, leurs poids etc. Celles permanentes sont la buse variable et le moineau friquet. Occasionnellement le goéland et le milan noir. Plus rarement les cigognes. Le héron cendré rentre dans la catégorie des risques permanents. C’est ici qu’apparaît un certain danger pour la sécurité aérienne, danger bien connu des pilotes et surnommé: «péril aviaire».

Quelle prévention?
Il faut parvenir à une compréhension des raisons qui attirent les oiseaux au voisinage des aéroports. Des moyens d’effarouchement sont mis en place, avec des résultats variables. Dans certains cas, les oiseaux comprennent que ce qui leur a fait peur au début n’est finalement pas si dangereux…Du coup, il faut varier les mesures d’effarouchement pour pouvoir à nouveau faire fuir les oiseaux. L’AIG utilise la diffusion des cris par des générateurs de bruit télécommandés, des tirs de cartouche détonantes, sifflantes, des tirs de fusée longue portée, voire même des mesures pouvant aller jusqu’à la capture de certaines espèces. La vision est le meilleur organe des sens chez les oiseaux. C’est pourquoi l’utilisation des lasers susceptibles de provoquer un envol est à l’étude depuis plusieurs années. Aussi, les constructeurs de moteurs d’avions doivent fournir la preuve que leurs réacteurs sont capables d’absorber les chocs avec les oiseaux sans dommage.

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Péril aviaire…