Alors que l’ONU a proclamé 2010 Année internationale de la biodiversité, le partage inéquitable de cette richesse entre le Nord et le Sud menace la protection des ressources biologiques. Dans leur nouvelle publication Biopiraterie. Le pillage des ressources naturelles : une menace pour les pays du Sud et la biodiversité, la Déclaration de Berne (DB) et Pro Natura montrent à quel point la biopiraterie nuit aux pays du Sud. Les deux organisations demandent que la Convention sur la diversité biologique (CBD) assure un partage équitable des avantages tirés de la biodiversité.

Ratifiée par plus de 190 Etats depuis le Sommet de Rio de 1992, la CBD vise « la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques». Dans les faits, ces objectifs essentiels peinent à se concrétiser. Dans une logique de profit, les multinationales des pays industrialisés s’approprient de manière abusive la biodiversité des pays en développement et émergents, sans partager les bénéfices colossaux qu’ils en retirent avec les populations locales garantes de leur sauvegarde.

Depuis plusieurs années, les pays du Sud font pression pour l’adoption d’un protocole juridiquement contraignant qui lutterait contre la biopiraterie. Celui-ci devrait être adopté lors de la prochaine Conférence des Etats signataires à la Convention, prévue en octobre 2010 au Japon. Grâce aux recours déposés par les organisations indigènes ou des communautés locales et la DB, des brevets ont pu être abrogés auprès de l’Office européen des brevets, comme en janvier dernier pour le pélargonium (géranium d’Afrique du Sud aux vertus médicinales). Les négociations de Cali (Colombie), en mars 2010, ont toutefois montré que la finalisation d’un protocole anti-biopiraterie garantissant un partage équitable des avantages est loin d’être atteinte.

Publiée par la DB et Pro Natura, la brochure Biopiraterie propose un éclairage avisé sur cette problématique complexe. Pour ces organisations, qui dénoncent depuis plusieurs années des cas concrets de pillage de la biodiversité, la prise en compte des intérêts des populations indigènes et de leurs savoirs traditionnels est un enjeu décisif dans les négociations pour un protocole anti-biopiraterie.

img15136.jpg

La brochure Biopiraterie