La situation économique nationale est au beau fixe et les indicateurs sont tous au vert, y compris dans les secteurs économiques qui peinaient à profiter de l’embellie générale. Dans ce contexte, le dynamisme du secteur de la construction est à souligner, qui profite en particulier d’un marché du logement en pleine expansion. Seule ombre au tableau, un niveau des prix encore largement insuffisant pour assumer les hausses de charges et permettre de dégager des marges plus confortables. Sur ce plan, la situation demeure tendue.

Genève
Avec un certain retard par rapport à l’économie tournée vers l’exportation, le marché intérieur genevois semble lui aussi enfin tirer les dividendes d’une conjoncture positive. Cela vaut également pour la construction qui a vu son chiffre d’affaire s’envoler en 2005. La nuance est cependant de mise. Après une année 2004 marquée par un fort recul, un phénomène de rattrapage est observé. De surcroît, le niveau exceptionnel atteint par la demande de construction durant l’année écoulée demande à être confirmé pour pouvoir en tirer des conclusions solides. En effet, les chantiers importants se déroulant sur plusieurs années, la façon de les comptabiliser statistiquement peut avoir une incidence considérable sur les données chiffrées qui doivent donc être
lissées. Surtout, le marché genevois de la construction est aujourd’hui dominé par trois chantiers d’une importance exceptionnelle qui « dopent » les carnets de commandes ponctuellement, sans qu’il soit possible d’en déduire une tendance à terme.

Les bémols
De telles variations de la demande de construction entraînent aussi plusieurs phénomènes peu satisfaisants que sont la sous-traitance, le travail temporaire et le recours à des entreprises extérieures au canton. Enfin, après plusieurs années difficiles, la pression sur les prix s’est accentuée et elle n’est pas prête de retomber, ce qui signifie que les entreprises continuent de voir leurs marges souffrir, dans un contexte d’augmentation des charges endogènes et exogènes.

L’espoir est de mise
Si l’évolution du marché reste incertaine, plusieurs indices permettent un optimisme mesuré. Il y a tout d’abord l’immense chantier de la liaison CEVA. Les secteurs de pointe (horlogerie, banque, etc.) vont également continuer à soutenir la demande. En matière de logements, grâce au dynamisme du nouveau Conseiller d’Etat en charge des constructions, l’on assiste à la concrétisation d’un consensus historique qui pourrait bien sortir Genève de l’impasse. Quelques périmètres importants déclassés permettront à terme la construction de logements et d’équipements. Dans le prolongement, soulignons l’ambitieux projet de réaménagement complet du secteur La Praille-Acacias. La mobilité (traversée du Lac, trams, autres voies routières), et des équipements
publics nécessaires devaient aussi alimenter la demande. Ces projets au service de l’attractivité de notre région sont porteurs d’espoir.

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Quand tout va, le bâtiment va…