Depuis la rentrée, une partie des agents communaux de Bourgoin-Jallieu ""font entendre leur voix. Sur fond de réforme de la gestion des ressources humaines, les négociations avec le maire, Vincent Chriqui, semblent bien compliquées. Les syndicats l’affirment haut et fort : ils ne lâcheront rien. Jeudi 12 novembre, le syndicat CGT des Territoriaux de Bourgoin-Jallieu organisait une conférence de presse. Marc Ricardi, Christian Ruillat, Alexia Charreton, Marion Bernard, Isabelle Figaro, et Michel Ducrouez souhaitaient de nouveau s’exprimer. 
Tout d’abord, les syndicalistes ont la volonté de “casser” les clichés du fonctionnaire auprès du grand public. Ils soulignaient : «Dans l’imaginaire, les fonctionnaires sont des privilégiés. Or, s’il est possible de constater certains privilèges dans certains corps de la fonction publique, il paraît primordial de ne pas faire d’amalgames. La situation actuelle des agents communaux berjalliens est loin de faire rêver. Le salaire moyen est de 1 300 euros net. Pour sa part, l’indemnité de Vincent Chriqui est de 1 700 euros, juste pour sa fonction de maire à Bourgoin-Jallieu. Qu’il essaie de vivre avec 1 300 euros par mois ! Nous voulons clarifier les choses auprèsdes habitants. Mon-sieur le maire est en train de casser les missions de service public. Et puisqu’il s’en prend aux absences des fonctionnaires, on devrait lui baisser son indemnité d’un tiers pour ses deux jours de présence par semaine en mairie !»
Alors qu’Emmanuel Macron a déclenché une nouvelle polémique en se disant favorable à “accroître la part de mérite” dans la rémunération des fonctionnaires, à Bourgoin-Jallieu on ne l’entend pas de cette oreille. Les 505 agents territoriaux de la mairie sont concernés par un projet de réforme de la gestion des ressources humaines. Les syndicats CFDT et CGT dénoncent plus particulièrement le volet portant sur la baisse des indemnités en cas d’arrêts maladie. Les syndicalistes s’insurgent : «Cela signifie qu’un agent pourrait toucher jus-qu’à 150 euros en moins s’il est absent plusieurs fois par mois. En sachant que le salaire serait amputé d’une cinquantaine d’euros dès le premier arrêt.»
Sur ce point, la CGT prépare un recours devant le Tribunal Administratif et d’autres actions. Pour l’heure, alors que les négociations semblent dans l’impasse, le syndicat demande des “comptes” à la municipalité. Il vient ainsi d’envoyer une “demande de transmission de factures” sur des dé-penses très précises (voir plus bas). Il est également demandé la facture de l’audit financier effectué au début du mandat de la nouvelle majorité.

«Au détriment de la santé des agents»
«La population doit savoir que les astreintes neige seront compliquées. Les binômes seront supprimés. On ne peut pas sortir seul. C’est également une décision au détriment de la population. Les Berjalliens doivent savoir réellement ce qui se passe. En trois ans, 24 emplois seront supprimés, les contrats en CDD ne seront pas renouvelés et les retraités ne seront pas remplacés. Tous les services sont touchés. C’est une décision aberrante. La ville s’agrandit et on désembauche ! A un moment, c’est sûr, ça va clasher. Les services sont saturés lors des arrêts maladies», précise Marc Ricardi.
Alexia Charreton ajoute : «On retourne 20 ans en arrière. Avec l’agrandissement du quartier de La Grive, de Mozas et la création du Médipôle, le personnel manque. En s’attaquant aux absences des agents pour maladie, le maire s’attaque aussi à l’Ordre des Médecins. Certains agents sont atteints de cancer ou ont des problèmes de coiffe… Les agents “traînent” la patte. On veut punir l’absentéisme comme si les médecins signaient des arrêts de complaisance.» Marion Bernard insiste : «Le secret médical n’est pas respecté. Il y a des pathologies sur le long terme. C’est de la discrimination. S’il y a des arrêts, c’est aussi un indicateur des conditions de travail. Le maire renforce l’aspect punitif. De plus, les agents n’ont plus de motivation financière. Cette réforme, c’est juste pour faire des économies.»
Marc Ricardi et Alexia Charreton apportent d’autres précisions : «On a formulé le souhait de faire une étude sur deux ans sur le bien-être. Au lieu de ça, c’est une réforme pure et dure qui aura des conséquences sur la santé des agents. Cette étude aurait permis de voir ce qui se passe et de réorienter les agents pour éviter les arrêts maladie. Mais notre voix ne compte pas. C’est dommage d’en arriver là.»

«Au nom des Berjalliens, on demande des comptes»
Le syndicat CGT des territoriaux de la commune de Bourgoin-Jallieu a donc demandé à ce qu’on lui communique les factures ou tout document correspondant, sur la période du 1er janvier au 31 octobre 2015, relatifs aux buffets du lundi soir (réunions du groupe majorité), aux déplacements du maire à Paris (parking et trains), aux dépenses liées à la consommation de café pour le cabinet du maire et le bureau des élus, pour les vœux du maire à la population et au personnel, le déplacement réalisé en Chine au mois d’octobre, le coût de la réception des homologues chinois à Bourgoin-Jallieu, les frais de bouche des élus (restaurants, traiteurs…), le coût de l’ensemble des frais liés au CSBJ (montant des subventions, location des loges, mise à disposition du chapiteau et déplacements des élus aux rencontres à l’extérieur), le coût de l’ensemble des frais engagés pour le Festival “Les Belles journées” (communication, programmation, sécurité, frais de bouche et d’hébergement éventuels…), la facture d’intervention d’entreprises privées à l’occasion de la Foire de la Saint-Michel, la facture des agrès street work out, le coût du dispositif Whoosh, ainsi que les coûts de fonctionnement et d’investissement du bureau des élus.
Le syndicat s’interroge également sur la pépinière d’entreprises. Quel budget la Ville de Bourgoin-Jallieu consacre-t-elle à ce projet ? Est-elle la seule collectivité à le supporter financièrement ? Sinon, qui participe ? A suivre…
Carole Muet


2016-11-22