L’Inter a changé le bas. En clair, les espaces publics du Rez et du 1er étage. Avec Toni Chi, designer coréen, et une pluie de millions, le résultat est saisissant. A l’extérieur, forêt de bambous géants et plan d’eau Zen donnent le ton: on se croirait à Singapour

Pour le haut (les chambres), même décor depuis 1964, ou presque. Vu l’engouement actuel pour les sixties, l’hôtel pourrait presque en faire un argument de promotion. A moins que le haut ne rejoigne le XXIème siècle, lui aussi. On murmure que c’est pour bientôt.

Derrière les portes d’accès, monumentales, un lobby vaste et clair, flanqué de cheminées au format XL. Á gauche, le nouveau restaurant «Woods», au design chocolat et caramel, ouvre sur une terrasse boisée. Il loge désormais le légendaire «brunch de l’Inter» qui fit longtemps les beaux dimanches de l’ancienne «Pergola» jouxtant la piscine et ses naïades bronzées. La Pergola a disparu, pas les naïades. Ouf!

Nouveau concept
Dans l’ambiance chic du «Woods», le brunch s’est émancipé en un nouveau concept. Vu l’affluence très «Rive droite» – entendez internationale -, l’évolution semble plaire. Une fois assis, ne cherchez pas d’information sur table (menu, tarifs, etc.). Visiblement c’est démodé.

Affreusement tentant, un buffet de desserts occupe solidement l’entrée du restaurant. Mais où est le début du film? Caché dans une alcôve, avec au centre un espace dévolu aux plats chauds: viandes découpées minute, poissons, garnitures. Mini-hamburgers et micro-pizzas ravissent les plus jeunes.

Au fond, sur une volée d’étagères lumineuses, on découvre «ze» pièce maitresse de ce brunch new look: une «exposition» de verrines par centaines, transparentes, de toutes formes, garnies de substances multicolores et mystérieuses. Présentée comme une collection d’objets d’Art.

Des ouvres qu’on déguste
«Maman, c’est quoi, ça?» demande, candide, une fillette en pointant du doigt un tube au contenu vert et orange fluo. «Je l’ignore», avoue sa mère désemparée, bientôt sauvée par un cuisinier qui lui dévoile le secret des Dieux: «crème d’avocat et de courge». «Pourquoi n’est-ce pas écrit», poursuit la maman, soucieuse de la composition de ces œuvres qu’on déguste. «On manque d’étiquettes», rosit le marmiton.

Géographiquement descendu d’un étage, le brunch de l’Inter a pris l’ascenseur, côté tarifs. Compter désormais CHF 100.- p.p. avec une coupe de champagne (Fr. 22.-) et un thé (Fr. 8.-). Les connaisseurs le savent: pour l’Art contemporain, la cote flambe.

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« Les Tours de tables » du Baron de La Fourchette