Pour la première fois dans l’histoire du cinéma, le festival du fIlm de Locarno, de renommée internationale, organisait pour sa 62e édition une rétrospective sur l’animation japonaise.

Alors que certains hurlaient au scandale, l’association des camps de vacances du Mouvement de la Jeunesse de Suisse Romande (MJSR) improvisait un camp pour cet événement: 19 enfants âgés entre 11 et 13 ans ont donc été accompagnés de 5 moniteurs choisis tout spécialement pour leurs connaissances de l’art, de l’animation et du cinéma:
-Julie Humbert, la responsable, curatrice d’art contemporain pour l’espace exit à Cheseaux-sur-Lausanne
-Sandy Jordan et Sylvain Bernard deux universitaires valaisans férus de mangas et de jeux vidéos
-Ricardo Pinzon, producteur et réalisateur de films colombiens
-Julien Kümmerling, architecte et cinéaste amateur genevois effectuant son service civil.

Casquettes vertes et presse asiatique
Après une présentation de l’excellent animé La Traversée du Temps de Mamoru Hosoda par le fondateur de l’association de La Lanterne Magique, Vincent Adatte, les petits Romands se sont familiarisés avec cette manifestation particulière par un jeu de piste à travers la ville de Locarno où ils ont découvert l’histoire des mangas grâce à l’exposition Manga Impact présentée par son coordinateur Olmo Giovannini.
Tels des VIPs, ces petits chanceux ont pu assister aux projections, en versions originales, du très écologique Nausicaä de la vallée du vent de Hayao Miyasaki, ou encore du magnifique court-métrage oscarisé La maison en petits cubes de Kunio Kato. Ne passant jamais inaperçus, surtout lors de la Manga Night, où, en participant activement à l’ambiance, ils ont été filmés sur l’immense écran de la Piazza Grande avant la diffusion du célèbre Mobile suit Gundam I de Yoshiyuki Tomino qui leur a accordé, le lendemain, une séance de dédicace.

Très vite, les casquettes vertes (signe de reconnaissance des participants du MJSR) sont devenues les icônes de cet événement en suscitant l’intérêt de la presse asiatique et de la Suisse alémanique, en se prêtant au jeu des interviews des journalistes.

Bandes dessinées
Parallèlement au festival et parmi les nombreuses activités de ce camp, tels que les baignades au lac ou la fabrication de sushis, ces jeunes ont également participé à la création de quatre bandes dessinées imitant le style des mangas, mais en remplaçant le dessin par la photographie, ce qui permettait à tous de s’exprimer.
Dès le début du séjour, divisés en quatre groupes, ils ont été initiés par leurs moniteurs, à la photographie et à un programme informatique de comic books, pour ensuite inventer des histoires, des scénarios et concevoir des story-boards, des costumes et des accessoires, avec en fond sonore des vieux tubes de Nirvana et les derniers albums de Green Day et de The Prodigy.

Sans aucunes limites, ces futurs mangakas débordant de créativité, ont mis en scène, en photos et en dessins: un cannibale psychopathe, une histoire de vengeance, un antihéros, un dangereux mégalo, de la romance, des vampires et des ninjas. On retrouve dans certains de ces comics des inspirations cinématographiques telles que Le Silence des agneaux, Kill Bill et Twilight.

Même si ce camp n’a pas été de tout repos pour les moniteurs ainsi que pour les jeunes Romands, ceux-ci ne sont pas prêts d’oublier cette expérience insolite et unique. Et c’est avec une casquette verte et la tête pleine de mangas que ces petits artistes vont reprendre l’école.
Julien Kümmerling, moniteur du camp et Stéphane Senhaji

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19 enfants âgés entre 11 et 13 ans ont donc été accompagnés de 5 moniteurs choisis tout spécialement pour leurs connaissances de l’art, de l’animation et du cinéma