Pour tous les candidats à la fonction de président des Etats-Unis, la journée du mardi 1er mars prenait des accents de « course éliminatoire ». En effet, lors de ce « Super Tuesday », onze états différents devaient désigner leurs délégués, représentant ainsi plus de la moitié des voix nécessaires pour obtenir l’investiture républicaine ou démocrate. C’est ainsi à un véritable jeu de bowling que l’on aura assisté lors de cette journée, puisque plusieurs « favoris » se retrouvent d’ores et déjà éliminés, tandis qu’un boulevard semble s’ouvrir pour deux personnalités : Hillary Clinton et Donald Trump, prêts à en découdre lors du duel final…

Côté démocrate, Hillary Clinton vire donc largement en tête en remportant sept états sur onze, et pourrait ainsi inscrire son nom dans l’Histoire, à coté de celui de Barak Obama, en devenant la première femme président des Etats-Unis et en succédant au premier homme noir à cette même fonction. Depuis le début de la campagne, l’ex première dame et sénatrice renforce en permanence ses positions, bénéficiant notamment du soutien des « super-délégués », mais aussi du peuple afro-américain et des femmes, deux composantes essentielles de l’électorat démocrate. Mais si son expérience et son engagement lui confèrent visibilité et crédibilité, ils pourraient aussi se transformer en handicap pour l’accession à la victoire finale. En effet, les Américains ont déjà, plusieurs fois par le passé, donné une prime aux derniers arrivés, associant à ce statut des valeurs de renouveau, de dynamisme et d’intégrité.

C’est donc dans le camp adverse que des millions d’électeurs vont chercher cette envie de changement. La vraie surprise de ces primaires provient effectivement du côté républicain, où un milliardaire exubérant et provocateur fait la course en tête, faisant mentir tous les pronostics. Car, s’il est un pays où Donald peut bien devenir président, c’est évidemment celui de Mickey : d’ailleurs sa parenté avec Picsou n’est plus à démontrer et sa coupe de cheveux semble directement inspiré de la coiffe des castors juniors. Ainsi, à coup de provocations, de diffamations (y compris contre son camp) et de propos racistes, M. Trump a réussi en quelques mois à séduire l’électorat de droite, jusqu’à remporter 43% des voix lors du fameux « Super Tuesday ». Malheureusement, derrière une stratégie marketing qui a déjà fait ses preuves sur le plan commercial, se cache une absence complète de programme. Donald Trump est dans doute un génie des affaires et de la communication, mais il s’inscrit en revanche comme une catastrophe politique et démocratique, allant jusqu’à provoquer des sueurs froides au sein même de l’appareil républicain qui se demande encore comment l’empêcher de nuire. Des caractéristiques qui ne sont pas sans rappeler celles de « notre » Front National.

L’élection de Donald Trump pourrait alors servir d’alarme pour la France, en prouvant aux sceptiques qu’une politique nationaliste, populiste et anti-libertaire ne donne pas de bons résultats. A l’extérieur, elle pourrait aussi avoir l’avantage de redorer le blason de notre président et de notre pays, en démontrant qu’ailleurs….c’est encore pire ! .