Claude Proz, directeur du Théâtre du Léman depuis 2008, est actif dans le monde du spectacle et de l’événementiel depuis plus de 30 ans. Après une première interview alors qu’il entrait en fonction en 2008, nous retrouvons l’homme 4 ans après.

Vous avez repris la direction du Théâtre il y a quatre ans. Toujours motivé?
Naturellement, je suis plus motivé que jamais car au fur et à mesure que les saisons défilent je m’aperçois que le Théâtre du Léman prend une place prépondérante dans la vie de la région et que le public répond de plus en plus présent à ce que nous leur proposons, c’est donc hyper encourageant et motivant.

Comment fonctionne un tel bateau?
Très simplement, avant tout c’est un théâtre d’accueil qui ne produit pas de spectacles et comme vous le savez, il est entièrement privé en ne bénéficiant d’aucune subvention ni soutien, il faut donc faire en sorte de limiter les frais généraux et les dépenses superflues, c’est pourquoi, contrairement peut-être à d’autres, nous avons une équipe administrative réduite au minimum puisque je suis seul pour ces tâches. Cela permet surtout de fournir à nos clients une excellente équipe technique de 5 personnes emmenée par Jean Luc Delecraz, et c’est ce qui est le plus important.

Vous vous êtes beaucoup investi pour montrer une nouvelle image du Théâtre et l’avez rénové l’an dernier. Etait-ce nécessaire?
Dès mon arrivée, j’avais demandé à la société propriétaire de consentir à de gros investissements pour le bien-être non seulement des artistes et des producteurs mais également de tous les spectateurs qui fréquentent assidûment notre belle salle de spectacle. Donc, la première année, nous avons changé les éclairages, la deuxième année, nous avons investi dans une sonorisation des plus perfectionnées et l’année passée nous avons refait à neuf les sièges et les sols pour donner un confort optimum à nos clients, et oui, je pense qu’il était indispensable de leur prouver ainsi notre reconnaissance pour leur assiduité. De plus quel théâtre peut se vanter d’avoir dans le même complexe des restaurants divers et variés, un hôtel 5*, un parking juste en dessous ainsi qu’un club de nuit ? C’est une grande chance avouons-le.

150’000 spectateurs pour 160 représentations, la moyenne est donc de 1’000 spectateurs environ par représentation, que vouloir de mieux?
Vous savez dans ce métier comme dans beaucoup d’autres ou tout simplement dans la vie courante, rien n’est acquis et il faut se battre sans cesse pour essayer de rester performant et surtout de ne pas s’endormir sur une petite réussite très momentanée!

Les spectacles sont programmés plusieurs années à l’avance, comment ne pas se tromper?
Alors là c’est également assez simple, mon rôle consiste principalement à m’efforcer de travailler avec les meilleurs organisateurs et producteurs qui eux, proposent uniquement des spectacles de haut niveau, il faut également planifier les catégories de spectacles (théâtre, humour, variétés, danse, etc) afin de contenter tout le monde sans surcharger les périodes avec des spectacles similaires, là c’est le porte-monnaie du spectateur qui parle.

Que ne verra-t-on jamais au Théâtre du Léman?
Des meetings de propagande politique ou religieuse, ce n’est surtout pas la fonction ni la volonté de ce théâtre.

Quel est le spectacle que vous rêveriez de pouvoir proposer?
Les Rollings Stones, mais ne rêvons pas, nous ne sommes ni à Paris, ni à Londres ou New York et les retombées médiatiques et financières ne sont pas les mêmes, mais on ne sait jamais …..

Pour l’avenir, innovation ou continuité?
Continuité et ce dans la formule qui est la nôtre, à savoir accueillir du mieux que l’on peut les artistes et les producteurs et surtout nos fidèles spectateurs, mais également innovation dans de nouveaux thèmes artistiques et voire sportifs.

Auriez-vous aimé être un artiste?
Bien sur que oui, mais j’aurais surtout aimé avoir du talent, ce qui n’est pas forcément le cas chez tout le monde, en revanche, on ne peut pas faire ce métier sans aimer les artistes (je dis bien les artistes, pas forcément leur entourage). J’ai eu la chance d’être d’abord manager de sportifs professionnels, ensuite d’artistes de haut niveau et également producteur et ce, avant d’exercer mon job actuel, cela m’a ainsi permis d’avoir une vision d’ensemble de la profession et de ne pas confondre la lumière des projecteurs avec celle du soleil.

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Claude Proz, directeur du Théâtre du Léman depuis 2008