Conférence à Genève le 25 février 2010

par | 1 Mar 2010

Des militants tunisiens des droits de l’homme dénoncent l’affairisme et les malversations financières de Sihem Ben Sedrine

Genève – Trois militants tunisiens des droits de l’homme ont animé le 25 février à Genève une conférence de presse au cours de laquelle a été présenté un livre qui montre le vrai visage de Mme Sihem Ben Sedrine en mettant à nu les multiples violations des droits des travailleurs perpétrées menées par cette dernière, ainsi que les nombreuses malversations financières dont elle s’est rendue coupable dans son entreprise d’instrumentalisation de la cause des droits de l’homme à des fins d’enrichissement personnel.

Le docteur en sociologie Sami Nasr, militant des droits de l’homme et chercheur en sociologie carcérale, le journaliste tunisien Sahbi Smara (ex-rédacteur en chef de la radio de Mme Ben Sedrine) et le cinéaste et militant politique et activiste des droits de l’homme, Mohamed Dhafer Ati, ont animé, au club de la presse à Genève, une conférence de presse à l’occasion de la parution du livre « Le business des droits de l’homme. Mon histoire avec Mme Ben Sedrine ». L’auteur, le Dr Sami Nasr, y relate son expérience en matière de défense des droits de l’homme avec Mme Ben Sedrine au sein du conseil national des libertés où il a exercé durant huit ans, des fonctions de chercheur permanent.

Devant les journalistes, l’auteur a qualifié d’amère, son expérience avec Mme Ben Sedrine, fournissant à l’auditoire une multitude de faits vérifiables relatés dans son livre et qui montrent comment Mme Ben Sedrine n’a pas hésité à falsifier des dossiers et des rapports sur des activités en droits de l’homme, pour faire croire qu’elle les a effectivement menées alors qu’il n’en est rien, tout cela, dans l’unique but de bénéficier d’importantes sommes d’argent versées par des organisations internationales croyant ainsi défendre les droits de l’homme en Tunisie.

Pour M. Nasr, « Mme Ben Sedrine a pollué le dernier espace du noble combat pour les droits de l’Homme en exploitant les slogans des droits de l’homme pour extorquer de l’argent à des organisations internationales des droits de l’homme sans apporter quoi que ce soit à la cause des droits de l’homme en Tunisie ».

Répondant aux questions soulevées par des journalistes au sujet des exactions dont Mme Ben Sedrine se dit souvent victime, M. Sami Nasr a soutenu qu’il ne s’agissait en réalité que « de mises en scène bien ficelées pour se présenter en victime et tromper l’opinion internationale dans le but de recevoir toujours plus de subventions ».

Pour l’auteur, « Mme Ben Sedrine s’est jouée des instances internationales des droits de l’homme qu’elle a exploitées durant des années tout en fermant la porte au véritable militantisme en droits de l’homme auquel aspirent les militants en Tunisie ».

Dans ce livre, M. Nasr exhibe des rapports financiers compromettants pour la « grande militante » Ben Sedrine, et procède à des comparaisons sur le terrain entre le volume des activités réelles qui ne sont guère légion et les financements colossaux reçus. Il précise, à ce sujet, « la voie immorale tracée par Mme Ben Sedrine sur la scène des droits de l’homme en Tunisie a pollué les moyens de la défense objective et sincère des causes relevant des libertés et des droits de l’homme. Voilà, qui a fait perdre auprès de l’opinion publique leur crédibilité à nombre de rapports ayant trait à ce secteur. Voilà qui a imposé un doute chez les militants qui ne se retrouvent guère dans cette forme de militantisme qui aliène la liberté de décision des associations nationales en les soumettant aux diktats des mouvements extérieurs, et porte atteinte à l’indépendance de la société civile tunisienne et partant, à la souveraineté du peuple tunisien si chèrement conquise il y a un demi-siècle ».

Intervenant dans le débat, le journaliste Sahbi Smara a révélé que Mme Ben Sedrine « a transformé les activités en matière de défense des droits de l’homme qui sont par essence non lucratives en entreprise juteuse pour sa propre personne et en instrument d’embrigadement de la société civile tunisienne ainsi livrée à des organisations étrangères dont les militants ne connaissent rien des véritables intentions, ce qui est de nature à jeter le discrédit sur l’indépendance du peuple tunisien ».

M. Smara qui a occupé pendant longtemps, la fonction de rédacteur en chef à Radio Kalima que dirige Mme Ben Sedrine et qui était, aussi, membre du conseil national des libertés a qualifié « d’hypocrites » les agissements de Mme Ben Sedrine mis au service de réseaux prétendant être des militants des droits de l’homme, mais cherchant en fait, des arguments et des justifications au profit d’un nouveau type de colonialisme et d’une mainmise sur la volonté des peuples ».

Dans sa préface du livre du Dr Nasr, M. Smara écrit : « De nombreuses organisations des droits de l’homme se sont transformées en entreprises de sous-traitance auprès de certaines forces hégémoniques et du colonialisme en faisant des valeurs des droits de l’homme des outils de destruction des sociétés et de domination des voies naturelles de l’évolution des sociétés civiles dans les pays du tiers-monde ».

Il y ajoute : « Les élites politiques qui s’attachent à ces valeurs sont déçues par de nombreuses organisations telles que la fédération internationale des droits de l’homme, Reporters sans frontières et l’organisation de lutte contre la torture qui s’est muée – selon lui – en terrain de conflits coloniaux domiciliés dans l’imagination de certains hommes politiques occidentaux ».

« Ce qui se produit, poursuit-il, une sorte de coalition entre organisations et activistes qui ont hypothéqué le vocable « ’droits de l’homme » à leur propre profit matériel en connivence avec certains cercles qui refusent le respect identique des droits de l’homme partout dans le monde, à l’est comme à l’ouest, au nord comme au sud ».

Parlant du livre du Dr Nasr, M. Smara estime qu’il résume une expérience spécifique de l’attachement de la jeune génération en Tunisie à jeter les fondements d’une société civile autonome qui rejette la dilapidation de ses acquis nationaux et toute tentative de remise en cause de l’indépendance de son pays tout en s’opposant à l’établissement de relations hypocrites avec les véritables et sincères organisations de défense des droits de l’homme. Ce livre présente, aussi, une synthèse qui permet aux opinions publiques tunisienne et internationale de faire la distinction entre ceux qui adoptent les causes des droits de l’homme dans le cadre du respect des peuples à l’autodétermination et respectent l’égalité entre les peuples et ceux qui font des droits des peuples et des valeurs du militantisme un objet de business.

En conclusion, écrit M. Smara: « certaines organisations trahissent elles-mêmes leur esprit colonialiste en adoptant le système des « deux poids, deux mesures », quand il s’agit des crimes perpétrés contre les peuples irakien, libanais et palestinien et autres, en ce sens qu’elles se confinent dans un mutisme total alors qu’elles prennent certains opportunistes et commerçants des droits de l’homme comme sources de rapports portant atteinte à la réputation des pays, et s’empressent d’exprimer leur animosité envers des pays qui cherchent à se développer en toute indépendance, ne regardant que les intérêts de leurs peuples ».

Quant à l’ancien coordinateur de radio Kalima et membre du conseil national des libertés, le cinéaste Mohamed Dhafer Ati, il a révélé que « son expérience avec Mme Ben Sedrine lui a permis de découvrir certaines pratiques ignobles qu’il croyait naïvement être des pratiques militantes », soulignant que l’heure était venue de rendre publics de vrais rapports sur les exactions perpétrées par Mme Ben Sedrine contre lui et contre ses collègues.

Les trois journalistes ont en outre dénoncé le silence de la communauté internationale à l’égard des activités illicites de certains militants des droits de l’homme, ce qui est de nature à porter atteinte à ces nobles valeurs et à leur faire perdre leur crédibilité et leur rôle dans la promotion des libertés et de la démocratie dans tous les pays, en particulier ceux du sud de la méditerranée. Pour eux, les « pratiques de Mme Ben Sedrine et des organisations qui la soutiennent ne reflètent, en aucun cas, la réalité de la vie politique ni en Tunisie, ni ailleurs ».

Contact :
M. Sahbi Smara, ancien journaliste à Radio Kalima : tel: 0021622800345

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De gauche à droite : MM. Mohamed Dhafer Ati, Sahbi Smara et Sami Nasr, auteur du livre « Mon histoire avec Sihem Ben Sedrine ». Ldd

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