Lundi 23 mars, une délibération a donné lieu à de savoureuses répliques entre le maire, ""Vincent Chriqui, l’adjoint à la sécurité Jean-Claude Pardal et le conseiller municipal d’opposition Robert Arlaud (FN). Cela aurait pu s’apparenter à une scène de théâtre. Pourtant, le sujet était plus que sérieux. La délibération portait sur le processus d’armement des agents de la police municipale. Soit dit en passant, celui-ci est en cours selon les conditions prévues par le Code de la Sécurité Intérieure.
C’est Jean-Claude Pardal qui présentait cette délibération. Il était précisé que la commune détient l’autorisation d’acquisition et de détention d’armes pour les catégories B (revolver chambré pour le calibre 38 spécial) et D (générateur d’aérosol incapacitant ou lacrymogène), ainsi que pour le bâton de défense à poignée latérale “tonfa” ou matraque télescopique. A ce jour, deux agents de police municipale sont autorisés au port d’arme de catégorie B. Une demande d’autorisation est en cours pour un troisième agent. Les sept autres sont inscrits à la formation préalable à l’armement qui doit se dérouler avant l’été. De fait, l’arrêté du 3 août 2007 fait obligation aux policiers autorisés au port d’arme de catégorie B de suivre la formation d’entraînement au maniement de cette arme, qui comprend au moins deux séances par an. Chaque agent doit tirer au moins cinquante cartouches par an. Il y a donc lieu d’organiser les séances d’entraînement au tir qui seront dirigées et placées sous la responsabilité du moniteur en maniement des armes en fonction à la police municipale.
L’établissement d’une convention d’utilisation d’un stand de tir est donc nécessaire. C’est le stand du Tir Olympique Viennois qui a été retenu. Précisons au passage que cette association est agréée par le ministère de la Jeunesse et des Sports. La cotisation s’élève à 89 € par agent pour la saison 2014/2015. Celle-ci ouvre les droits pour une période s’échelonnant du 1er septembre au 31 août, le montant pouvant être réactualisé lors de l’assemblée générale annuelle du club. Cette cotisation représente un forfait de mise à disposition des installations, mais ne permet pas à l’agent d’avoir une licence de la FFTIR (Fédération Française de Tir).
Frédérique Pénavaire  (groupe d’André Borne) montait au créneau : «Au-delà de l’auto-satisfaction de monsieur Pardal, il s’agit là d’une formation au rabais. Pour ma part, je voterai contre.» Robert Arlaud (Front National) interpellait ensuite Vincent Chriqui : «Monsieur le maire, je voudrais vous poser une question essentielle. Si il y a une bavure, qui est responsable ?» Vincent Chriqui s’étonnait : «Et bien, le maire.» Et Robert Arlaud d’insister : «Oui, mais s’il y a une bavure, il y a bien quelqu’un qui va payer ?» Le maire renchérissait : «Je viens de vous répondre monsieur Arlaud, c’est moi !»
Jean-Claude Pardal tenait à apporter des précisions complémentaires : «En France, il n’y a encore jamais eu de bavure de la part de la police municipale. Je voudrais également dire qu’habituellement, les municipalités obtiennent une réponse entre 4 et 6 mois concernant l’autorisation de port d’armes de leur police municipale. Ici, nous l’avons eue au bout de sept jours. Enfin, quant à cette histoire de formation au rabais, je ne peux pas vous laisser dire ça madame Pénavaire !» Vincent Chriqui concluait : «C’est une promesse de campagne. Nous les tenons. Quant à vous, monsieur Arlaud, lisez les tracts de votre parti. Ils parlent suffisament de l’armement de la police municipale.» L’élu ne se laissait pas démonter : «On peut être d’un parti et ne pas être d’accord avec tout le programme.»
Cette délibération a été votée à la majorité des voix  (une voix contre de Frédérique Pénavaire, une abstention de Robert Arlaud).
C. Muet

2016-04-02