Lundi 5 octobre, la séance du conseil municipal ne manquait pas de saveur. ""Nous pouvons même dire qu’avec l’annonce de la réforme du régime indemnitaire, rien ne va plus entre les agents communaux et le maire Vincent Chriqui. Avant que le conseil municipal ne débute, Jean-Jacques Elicety (CFDT) et Alexia Charreton (CGT) ont demandé à prendre la parole afin de s’exprimer devant les élus et le public. Le message était clair : «A nos yeux, toutes les décisions concernant les agents municipaux doivent faire l’objet d’une concertation préalable entre les organisations syndicales représentant le personnel, la direction et les élus. Vous mettez régulièrement en avant votre volonté de travailler en concertation. Pour être sûrs de mettre le même sens derrière ce mot, voici un rappel des définitions issues du Larousse. La concertation est une pratique qui consiste à faire précéder une prise de décisions d’une consultation des parties concernées. Concerter, c’est s’accorder, se consulter pour mettre au point un projet commun. Cela signifie donc que les organisations syndicales reçoivent à l’avance tous les éléments indispensables à la discussion : orientations politiques, données chiffrées, prospectives, mise en application… Une méthodologie rigoureuse est appliquée à ces discussions. Un état des lieux est préalablement réalisé, alimentant la construction d’objectifs partagés qui déboucheront sur des actions réfléchies en commun. Un échéancier de réunions doit permettre aux représentants du personnel de travailler les dossiers et de consulter les agents, est donc un préalable incontournable. Sans un plein accord sur le respect de ce mode de fonctionnement, nous ne pouvons et ne pourrons jouer pleinement notre rôle de représentants du personnel. Avant de poursuivre les discussions, nous attendons dès maintenant un engagement ferme et définitif de votre part concernant la non remise en cause des modalités d’attribution du régime indemnitaire courant sur toute la période de votre mandat.»
Vincent Chriqui, dans un calme olympique, a fait savoir aux délégués syndicaux ainsi qu’à la centaine d’agents présents, qu’il prenait bonne note de leurs remarques. Mais la réponse ne satisfaisait pas. Loin s’en faut. On entendait alors des voix s’élevées : «Un de vos collaborateurs nous a traités de gugus en réunion. C’est inadmissible. Cela ne va pas se passer comme ça.» Et les agents de s’exprimer : «Vous voulez prendre à l’un, pour donner à l’autre. Les salaires oscillent entre 1 200 et 1 300 euros. Vous voyez ce qui reste à la fin du mois. Pour certains ce sera entre 56 et 220 euros enlevés par mois. Vous êtes en train de diviser les gens. Et puis, vous nous parler d’absentéisme, et bien Monsieur le maire, commencez par donner l’exemple vous qui êtes absent trois jours par semaine. Et puis, le salaire que vous nous enlevez, ce sera du salaire que nous ne consommerons pas dans les commerces berjalliens.»
Les choses étant dites, l’atmosphère s’aplanissait. Mais avant de partir, les agents communaux ont assuré que s’ils n’étaient pas écoutés, le prochain conseil municipal se déroulerait avec beaucoup plus difficultés.
C. Muet

2016-10-08