Constituante ou… guerre de tranchées ?

par | 18 Oct 2010

En octobre 2008, il y a tout juste deux ans, Genève élisait 80 membres pour moderniser sa constitution. Etant l’un des derniers cantons suisses à engager cette nécessaire réforme, il pourrait toutefois être le premier à la… rater!

Certains se sont même prononcés pour la dissoudre, estimant qu’il n’était pas judicieux de continuer de dépenser quatre millions par an jusqu’en 2012 dans les conditions et le climat actuels.

Petit «come back» explicatif!
Lors de sa première séance plénière du 2 février 2009, l’Assemblée constituante institue cinq commissions thématiques: Dispositions générales et droits fondamentaux, Droits politiques (y compris révision de la Constitution), Institutions: les trois pouvoirs, Organisation territoriale et relations extérieures, Rôle et tâches de l’Etat, finances.

Dans le but de produire d’ici la fin de l’année un projet de constitution, une série de séances plénières ont examiné, dès le mois de mai 2010, les propositions âprement négociées dans ces commissions de travail et voté sur chacune d’entre elles.

Et c’est là que la crise a éclaté, réduisant les deux années de travail en un banal et nocif affrontement «gauche – droite», certains affirmant ne pas avoir été entendus en commission et balayant dès lors, en plénière, toute une série de propositions.
Certains y perçoivent là une politique «revancharde», bien éloignée de l’esprit de concordance et d’apaisement qui devrait régner dans une telle Assemblée.

Sans s’attarder sur les différentes, multiples et diverses discordances qui s’étalent sur les tabloïdes, telle l’inscription, ou non, de l’égalité entre Femmes et Hommes, ou l’inscription dans la constitution de la traversée de la rade en… mouette (sic), le point qui ferait vraisemblablement basculer dans le refus cette nouvelle constitution serait l’obstination de vouloir supprimer la garantie anti-nucléaire inscrite depuis 1986 dans la Constitution actuelle genevoise et qui garantit l’absence de centrale nucléaire sur le territoire du canton et dans la région. Le non-recours à l’énergie nucléaire étant l’un des fondements de la politique énergétique genevoise.

Il reste d’espérer qu’adviennent rapidement les sursauts du bon sens et d’envie de conciliation, à gauche comme à droite, qui permettent de présenter et proposer au peuple, en 2012, un texte, dépoussiéré, que ce dernier se réjouirait d’accepter, tant celui-ci serait perçu comme répondant aux critères d’une Constitution adaptée à la vie d’aujourd’hui et de… demain, tout en préservant des valeurs fondamentales, dans l’esprit de concordance si précieux au fédéralisme helvétique.

Les constituants le savent pourtant! Présenter un texte trop audacieux, susceptible de faire naître des inquiétudes excessives, n’aura aucune chance de succès. Loin de nous d’imaginer que c’est l’objectif que poursuivent certains!.

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