L’exposition a pour thème central le célèbre couteau suisse devenu objet culte dans le monde entier. Des premiers couteaux du Néolithique jusqu’aux couteaux de poche modernes à clé USB, l’exposition évoque également les origines historiques et culturelles du couteau pliant. Grâce au prêt d’une collection privée exceptionnelle, le public peut admirer de très nombreux modèles : couteaux de sorcier, couteaux briquets, couteaux pistolets, couteaux à plume, etc. Il découvre ainsi que l’évolution du couteau de poche est intimement liée à celle de la civilisation.

L’exposition rappelle aux visiteurs que l’histoire des premiers hommes est indissociable de celle du couteau. Ainsi, il y a deux millions d’années, les premiers hommes utilisèrent un galet à l’arête tranchante non seulement pour couper, mais aussi se défendre. Aux alentours de – 500 000, ce galet est devenu un couteau en silex à deux faces. Par la suite, sa forme ne va guère évoluer, mais les matériaux de la lame vont très souvent changer. Les premières lames sont en pierre, puis en bronze – alliage de cuivre et d’étain –, en fer, en acier et enfin en métal inoxydable.
Découvert en 1914 par un métallurgiste anglais, ce métal a résolu le grand problème de la rouille.
Chapitre important dans l’histoire de la coutellerie, le couteau suisse apparaît à la fin du XIXe siècle. Créé en 1890, il doit faire partie de l’équipement de chaque militaire en vertu d’une décision du Conseil fédéral. Il est à noter que peu d’armées au monde équipent leur soldat d’un couteau personnel. Le couteau suisse est en fait un accessoire du fusil militaire : il doit donc être pratique et c’est pourquoi il est pliant.

Selon les spécialistes, l’invention du couteau pliant est à attribuer aux Romains.
Pourtant, à cette époque, il n’a pas encore de ressort au dos et sa lame n’est maintenue ouverte ou fermée que par appui. Au Moyen Age, les couteaux pliants se multiplient car les roturiers ne sont autorisés à utiliser, en guise d’arme, qu’un couteau. Ils portent donc sur eux un couteau fermant qui a l’avantage de ne pas être dangereux puisque le manche sert d’étui à la lame. Avec l’apparition de la poche, accessoire vestimentaire inconnu jusqu’alors, et la découverte du ressort aux environs de 1650, les couteaux pliants connaissent un nouvel essor.

Dès le XVIIIe siècle, les progrès réalisés en métallurgie permettent de réaliser un couteau fermant d’au moins deux lames et, au siècle suivant, grâce à la révolution industrielle et au travail de précision, certains couteliers fabriquent des couteaux pliants comportant jusqu’à 50 lames ! Aujourd’hui, la plus grande entreprise de coutellerie suisse – Victorinox à Ibach (SZ) – produit des couteaux suisses à 80 fonctions dont certaines sont très sophistiquées (altimètre, baromètre, réveil).
D’où l’appellation courante de « boîte à outils » donnée au célèbre couteau de poche.

Cette exposition rend donc hommage au premier instrument de l’homme, mais elle offre également à voir un magnifique inventaire, tant chronologique que typologique, des couteaux de poche.

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Cette exposition rend hommage au premier instrument de l’homme.