Covid-19 : Déjà 14 millions d’heures chômées en Haute-Savoie

par | 6 avril 2020

Près de 4 500 demandes d’autorisation d’activité partielle, soit 14 millions d’heures chômées : les entreprises haut-savoyardes ont massivement sollicité les aides mises en place par l’État pour faire face aux conséquences liées à l’épidémie.

Les entreprises de Haute-Savoie se sont saisies des dispositifs d’aides mis en place par l’État pour pallier les pertes dues à l’épidémie de Covid-19. Lors d’une audioconférence, la direction départementale des finances publiques (DDFIP) et ses partenaires, la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte), l’union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf), la chambre des métiers et de l’artisanat, la chambre de commerce et d’industrie, et la Banque publique d’investissement (BPI) dressent un premier bilan en chiffres des demandes sur le territoire.

Un salarié sur cinq

La Direccte Haute-Savoie a enregistré, au 31 mars, 4 463 demandes d’autorisation d’activité partielle, ce qui correspond à un potentiel de 41 609 salariés. Cela représente 19 % des entreprises comme des salariés, soit près d’un sur cinq. Et cela correspond à plus de 14 millions d’heures chômées, pour 15 millions d’heures demandées. Soit, pour le seul mois de mars, 120 millions d’euros en coût horaire pour la demande d’activité partielle. Le département compte 23 563 établissements (avec au moins un salarié) pour une population salariée totale estimée à 211 825. La Direccte s’est mise en ordre de marche pour accélérer le traitement des dossiers : c’est aujourd’hui possible en deux jours, contre deux semaines en temps normal.
Sur l’ensemble des entreprises haut-savoyardes, la DDFIP indique que 702 ont saisi les services des impôts pour bénéficier des mesures de bienveillance en matière fiscale – dont 464 pour des reports d’échéances sur les impôts directs, 268 pour des délais de paiement, et 94 pour le remboursement accéléré de crédit de TVA ou C.I.C.E – pour un montant cumulé de près de 13 millions d’euros, soit un montant moyen de 18 250 euros par entreprise.
Une trentaine d’entreprises ont émis le souhait de saisir la commission des chefs des services financiers, qui se réunit périodiquement en préfecture, pour obtenir un étalement globalisé de leurs dettes fiscales et sociales.

« Avances de trésorerie »

L’Urssaf 74 a octroyé 55,8 millions d’euros de reports de charge (dont 8,4 millions non prélevés pour les travailleurs indépendants) à l’ensemble des cotisants sur le mois de mars. La somme constitue des « avances de trésorerie » consenties par l’Urssaf aux employeurs et travailleurs indépendants. Sachant que l’organisme totalise 75 000 comptes de cotisants dont 28 000 comptes pour les entreprises, 22 000 pour les travailleurs indépendants et 24 000 comptes autoentrepreneurs (sans compter les 103 000 comptes des frontaliers en Suisse). Vingt mille demandes de reports de charges ont été déposées en Rhône-Alpes au mois de mars, ce qui correspond à 9 % des entreprises. Pour comparaison, en 2019, l’Urssaf Rhône-Alpes a enregistré 2 800 demandes sur l’ensemble de l’année.
De son côté, la chambre de commerce et d’industrie de Haute-Savoie affirme avoir accompagné trois cents entreprises depuis le début de la crise du Covid-19. Leurs principales préoccupations sont le chômage partiel et le report des charges. L’organisme a lancé une enquête en ligne. Sur les cinq cents entreprises (essentiellement de moins de dix salariés) qui ont répondu au cours des deux dernières semaines de mars, 60 % indiquent avoir une baisse de 50 % de leur chiffre d’affaires.

41 M€ de prêts demandés

Pour sa part, la chambre des métiers et de l’artisanat (CMA) annonce cinq cents courriels traités durant la seconde quinzaine de mars. L’organisme a mis en place une foire aux questions sur son site Internet. La CMA est principalement sollicitée par deux secteurs particulièrement en difficulté : le bâtiment, qui n’a pas repris ses activités en raison des risques juridiques encourus sur la sécurité du personnel mais aussi à cause de la difficulté à se ravitailler en matériels ; et les métiers de bouche encore ouverts, comme les boulangeries, qui manquent de protections telles que masques ou gants.
Depuis mercredi 25 mars, BPI France a mis en place des prêts garantis par l’État. En ce qui concerne la Haute-Savoie, l’organisme de financement a enregistré 274 attestations d’entreprises, pour un montant total de prêts demandés de 41 millions d’euros.


Du côté de la Savoie

La DDFIP recense 261 entreprises savoyardes qui ont saisi les services des impôts pour bénéficier des mesures de bienveillance en matière fiscale – dont 177 pour des reports d’échéances sur les impôts directs et 71 pour des délais de paiement pour un montant cumulé de près de 5,6 millions d’euros, soit un montant moyen de 21 500 euros par entreprise.

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