La lourde perte du Credit Suisse au premier trimestre 2008 reflète pour l’essentiel celle de sa division Investment Banking.

Embourbée dans la crise du crédit, la banque d’affaires de l’établissement a plongé dans le rouge à hauteur de 3,46 milliards de francs.

Entre janvier et mars 2007, la banque d’affaires du numéro deux bancaire helvétique avait dégagé un bénéfice avant impôts de 1,99 milliard de francs, a précisé jeudi le Credit Suisse. Dans un environnement de marché «extrêmement difficile» et qui s’est détérioré en mars, les produits net de cette unité se sont aussi inscrits dans le rouge pour 489 millions, contre un résultat positif de 6,58 milliard un an plus tôt.

La perte dans la banque d’investissement a ainsi nettement dépassé les craintes des analystes. Ceux-ci tablaient en moyenne sur un déficit de 2,1 milliards de francs. Lors d’une conférence téléphonique Brady Dougan, le patron de l’établissement, a jugé la performance décevante.

Le plongeon dans le rouge provient de nouveaux correctifs de valeur de 5,3 milliards de francs que le Credit Suisse a passés au cours des trois premiers mois de l’année. Ceux-ci concernent des crédits à effet de levier et des produits structurés liés à des crédits hypothécaires. Ce montant s’ajoute à des amortissements de 3,2 milliards en 2007. Les résultats du négoce d’action ont également chuté.

Exposition réduite
Les amortissements les plus importants, soit 2,656 milliards de francs, concernent le négoce d’instruments financiers liés à des crédit hypothécaires commerciaux (CDO pour Collaterized Debt Obligations). Dans les affaires de financements à effet de levier destinés à des rachats d’entreprises (leveraged finance), les correctifs de valeur se sont montés à 1,68 milliard.

Pour les titres adossés à des crédits hypothécaires commerciaux (CMBS), les dépréciations se sont chiffrées à 848 millions de francs et à 96 millions en ce qui concerne ceux liés à des hypothèques privées (RMBS). L’an passé, ces amortissements s’étaient respectivement inscrits à 554 et 513 millions de francs.

Le Credit Suisse a poursuivi ses efforts en vue de réduire son exposition. Depuis fin décembre, celle liée aux affaires de financement à effet de levier a diminué de 41% à 20,8 milliards de francs, alors que le total des positions dans les crédits hypothécaires a reculé de 25% à 19,3 milliards.

Asset management dans le rouge
La division Asset Management, active dans la gestion institutionnelle, a elle aussi souffert de la crise des marchés. Elle a subi une perte avant impôts de 468 millions de francs, contre bénéfice de 257 millions de janvier à mars 2007. Les analystes tablaient en moyenne sur une découvert de 6 millions.

Les chiffres rouges de cette unité résultent également de correctifs de valeurs, pour un montant de 566 millions. Ces dépréciations concernent des titres achetés aux fonds du marché monétaire. Les résultats dans le private equity et d’autres investissements se sont aussi nettement tassés.

Des pertes que les affaires de gestion de fortune (Wealth Management) et celles de banque de détail en Suisse (Corportate and Retail Banking) n’ont pas pu compenser. La division Private Banking réunissant ces unités a dégagé un bénéfice avant impôts de 1,32 milliard de francs, en baisse de 8%.

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la banque d’affaires de l’établissement a plongé dans le rouge à hauteur de 3,46 milliards de francs.