Le conseil de club devait se prononcer ces jours-ci. Suite à la démission de ""Martial Manier, prenant effet au 30 juin, Renaud Ferrand s’est porté candidat à la présidence de la SAS qui gère la section professionnelle du CSBJ Rugby. De quoi apaiser les tensions et faire retomber la température ? C’est en tout cas ce que voulait croire le maire de Bourgoin-Jallieu, Vincent Chriqui, qui appuie  cette «candidature consensuelle.» Le 1er juillet, il expliquait : «Aujourd’hui, la démission de Martial Manier est effective de plein droit. Le CSBJ n’a donc plus de président. Dans cette affaire, j’ai simplement voulu trouver une solution pour surmonter une crise qui touche un monument de la ville.»
Soutenu par la mairie, Renaud Ferrand, haut fonctionnaire au ministère de la Défense, à Paris, l’est aussi par l’association CSBJ Rugby (section amateur), le club des sociétaires “So CSBJ” et la majorité des partenaires financiers historiques, réunis sous la bannière “Bourgoin Rugby Capital”. «Six membres sur dix ont validé cette solution», indiquait l’un d’eux, Pierre Marmonier. Il complétait : «Nous avions besoin d’apaisement et de davantage de transparence dans les décisions.» Reste que le 1er juillet, date de la présentation de la candidature de Renaud Ferrand, Jacques Chanut, Pierre-André Hafner (sponsor maillot) ou encore Paul Moulin n’avaient pas rallié cette position.
Agé de 46 ans, Renaud Ferrand n’est pas totalement un inconnu en Berjallie. «Il fait partie des sociétaires du club. Pour moi, sa candidature est un symbole», appréciait Laurent Ponthus, le président de So CSBJ. C’est lui qui a sollicité cet énarque lorsque Martial Manier a présenté sa démission. Il souligne : «Nous sommes persuadés que le projet mis sur pied avec Martial est le bon. Il y a simplement eu un problème de management, des difficultés à travailler ensemble…» Patrick Amicucci, le président de l’association, ne dit pas autre chose : «L’association CSBJ adhère pleinement au projet. Nous restons à la disposition de la section professionnelle, avec toujours cette volonté d’alimenter l’équipe Une en jeunes joueurs issus du centre de formation.» Ce n’est un secret pour personne, l’homme avait de sérieux différents avec Martial Manier. Il explique : «Il a sans doute manqué un directeur général pour faire le lien entre nous. C’est triste, cette tension a fait de gros dégâts auprès de nos partenaires.» En aparté, certains reprochent à Martial Manier un exercice trop “solitaire” du pouvoir…

«Faire travailler ensemble toutes les composantes du club»
""Renaud Ferrand veut se tourner vers l’avenir. C’est un passionné de rugby qui a grandi du côté de Saint-André-le-Gaz. Il a ensuite joué un temps au PUC dans sa jeunesse. Il raconte : «J’ai toujours suivi le CSBJ, notamment à la grande époque de Michel Couturas.» Le candidat à la présidence indiquait : «C’est avec plaisir que je mettrai mon expérience du management au service du club. Pour faire avancer un club pro, il faut de l’anticipation et de la rigueur. Je compte faire en sorte que toutes les composantes du CSBJ travaillent ensemble en veillant à ce que des passerelles continuent à exister entre les pros, les espoirs et les jeunes du centre de formation.» Bien sûr, Renaud Ferrand ne sera pas quotidiennement à Bourgoin. Il précise : «Je m’appuyerai sur une gouvernance rénovée qui me tiendra informé en temps réel. Et je vais responsabiliser le président de l’association. La passion qui nous anime est bonne. Mais elle a parfois tendance à déborder. Prendre du recul, un peu de hauteur, n’est jamais mauvais.»
Et l’argent, qui reste le nerf de la guerre ? Vincent Chriqui se veut rassurant : «Certes, Renaud n’arrive pas avec des millions, mais il a d’autres qualités. La recherche de partenaires financiers, de mécènes, c’est un travail permanent pour tout club sportif de haut niveau. Si certains font défaut, nous en chercherons d’autres. Il y a du potentiel sur ce territoire dynamique du Nord-Isère. Aujourd’hui, il ne manque que l’étincelle. Nous comptons sur Renaud pour l’apporter.» Il n’empêche, le défi est de taille. En pleine préparation pour la prochaine saison, les joueurs et le staff ne peuvent pas être totalement insensibles à ce qui se passe en “coulisses”.
Stéphane Perrin


2016-07-12