Le bilan des victimes du cyclone Nargis qui a ravagé ce week-end plusieurs régions de Birmanie s’établissait lundi à 3.969 morts, a annoncé la télévision d’État, ajoutant que des milliers d’autres personnes pourraient avoir péri dans la catastrophe.

Des organisations internationales ont commencé à se mobiliser lundi pour venir en aide aux survivants du cyclone meurtrier qui s’est abattu ce week-end sur la Birmanie, a indiqué un porte-parole de la Croix Rouge à Bangkok.

Le référendum constitutionnel prévu samedi prochain est cependant maintenu, a indiqué lundi le quotidien officiel New Light of Myanmar.

« Le référendum se déroulera dans quelques jours et l’ensemble de la population du pays attend impatiemment cela », a déclaré le journal contrôlé par la junte militaire.

« problèmes de mobilité »
Le cyclone Nargis a par ailleurs fait des dizaines de milliers de sans-abri, en particulier dans les régions de l’Irrawaddy et de Rangoun,selon un bilan officiel. Cinq régions ont été affectées, en particulier le delta de l’Irrawaddy (sud-ouest). Plusieurs villages côtiers ont été totalement détruits, a dit un porte-parole de la la Fédération internationale de la Croix Rouge, Michael Annear, en admettant que la mobilisation avait été lente au départ en raison de « problèmes de mobilité » liés aux dévastations.

Les autorités « fournissent l’assistance nécessaire » aux sinistrés, a ajouté MRTV.

La chaîne de télévision a annoncé que l’aéroport international de Rangoun, qui était resté fermé samedi et dimanche, rouvrirait lundi. La chaîne de télévision d’Etat MRTV a fait état de plus de cent tués et de près de 100.000 sans-abri uniquement sur l’île de Haing Gyi.

La tempête tropicale, qui venait du Golfe du Bengale, s’est abattue sur la côte sud-ouest de la Birmanie tard vendredi soir, avec des vents oscillant entre 190 et 240 km/h. Elle a poursuivi sa progression vers l’est samedi, causant des dégâts majeurs, notamment à Rangoun, la plus grande ville du pays.

La zone la plus touchée semble avoir été la région côtière de l’Irrawaddy où de nombreux villages ont été dévastés. Sur l’île de Haing Gyi, quelque 20.000 habitations ont été détruites et 92.706 personnes sont sans-abri, a indiqué MRTV, ajoutant que, dans la localité de Lubutya, 75% des maisons ont été détruites.

L’électricité et les télécommunications ont été totalement coupées dans la nuit de vendredi à samedi et cinq régions (Rangoun, Irrawaddy, Pegu, ainsi que les Etats Mon et Karen) ont été déclarées dimanche en état de catastrophe naturelle, a ajouté ce responsable.

Le bilan est lourd
Dimanche, les rues de Rangoun étaient jonchées d’arbres et de feux de signalisation renversés, de panneaux publicitaires et de toits de maison arrachés, ainsi que de véhicules défoncés.

De nombreux bâtiments ont été endommagés et des canalisations d’eau coupées, forçant les habitants à aller chercher de l’eau potable dans les rares magasins ayant ouvert. « Nous avons déployé des unités militaires pour des opérations de secours et de réhabilitation », a déclaré le responsable du ministère de l’Information. « L’armée et la police ont commencé à nettoyer la ville ». Il a précisé que sept bateaux vides, ancrés dans le port de Rangoun, avaient coulé.

Selon un vendeur ambulant, visiblement en colère contre la lenteur des secours, « de nombreuses personnes dans la banlieue de Rangoun ont besoin de nourriture et d’un toit de manière urgente » et « des enfants, totalement dévêtus, ont été accueillis dans un monastère ». La Birmanie, gouvernée par des juntes militaires successives depuis 1962, est l’un des pays les plus pauvres d’Asie.

Le cyclone Nargis s’est abattu sur la Birmanie une semaine avant l’organisation samedi par le régime d’un référendum sur une nouvelle Constitution. Le responsable du ministère de l’Information a refusé de commenter des rumeurs selon lesquelles le référendum pourrait être reporté: « Nous ne pouvons rien dire, tout dépend des autorités supérieures ».

Dans la Thaïlande voisine, le département météorologique a rétrogradé dimanche le cyclone Nargis au statut d’une dépression, mettant toutefois en garde contre les risques de fortes pluies et de brusques inondations dans le nord et le centre du pays.

img9156.jpg

La zone la plus touchée semble avoir été la région côtière de l’Irrawaddy où de nombreux villages ont été dévastés.