Daniel Bouton, PDG de la Société Générale, assure que sa démission « n’est plus sur la table », et se refuse à toute déclaration sur un éventuel rapprochement de sa banque avec un autre établissement, lundi dans un entretien aux Echos.

« J’ai proposé ma démission par deux fois. Le conseil d’administration l’a refusée par deux fois (…) Ma démission n’est plus sur la table », dit-il. « Je reste, je pilote, je conduis. Il ne doit y avoir aucun doute là-dessus », ajoute-t-il.

« Je l’ai reçue en plein plexus », confie-t-il à propos de la découverte en janvier d’une perte, au final évaluée à 4,9 milliards d’euros, subie par sa banque en raison des opérations non autorisées de l’un de ses traders, Jérôme Kerviel.

Evoquant les contrôles internes de la Société Générale, il estime que la suspicion devait « devenir la règle ». Selon le rapport d’étape du « comité spécial » de la Société Générale, Jérôme Kerviel avait déjoué 74 alertes à tous les niveaux de la chaîne de contrôle entre décembre 2006 et janvier 2007.

M. Bouton refuse de s’exprimer sur un éventuel rapprochement de sa banque avec un autre établissement. « Je n’ai pas à alimenter la spéculation, aujourd’hui pas plus qu’hier », dit-il.

Quant aux dépréciations d’actifs liées aux prêts hypothécaires à risque (« subprime »), M. Bouton assure que la banque a « fait le ménage » dans ses comptes. « Pour les rehausseurs de crédit, en particulier, nous sommes partis du principe qu’ils iraient tous au tapis », précise-t-il.

Concernant les dérivés actions, le PDG de la Société Générale indique que la banque a « effectivement prévu un ralentissement de l’activité avec des conditions de marché qui sont défavorables depuis l’été ».

« Dès 2009, sinon en 2010, nous fonctionnerons de nouveau à plein sur les dérivés d’actions, un métier sur lequel nous sommes leaders », assure-t-il.

Il réitère sa confiance dans les perspectives de la Générale. « La banque de détail en France, les autres métiers de la Société Générale vont bien, sont très performants et démontrent de la qualité du modèle équilibré développé depuis 1999 », note-t-il.

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« Ma démission n’est plus sur la table ».