Parcourir la planète loin des pistes balisées et en faire le tour durant 108 jours en avion monomoteur est une aventure que trois amis ont décidé de vivre: le banquier-photographe Richard de Tscharner, l’aviateur Jacques Lemaigre du Breuil et le guide Mario Julen. (Voir les étapes précédentes du voyage dans l’Extension des mois d’Avril et Mai).

Les aventuriers ont commencé leur périple en décollant de Genève le 14 mars 2008. Leur avion PC-12 est chargé de les conduire d’endroits magnifiques en sites majestueux. Spécialement conçu pour des pistes courtes, le monomoteur survole des contrées isolées, des coins du monde partiellement connus, et s’en va à la rencontre directe des peuples, des cultures et de leur environnement naturel. Le trio a eu également l’idée de rapporter toutes les sensations et impressions dans des livres et des recueils de photos. La Fondation suisse Carène pour la «transmission du savoir» et le «respect des racines culturelles» en sera la bénéficiaire exclusive. Et ne vous étonnez pas de voir sur les photos un ours blanc en peluche, c’est le symbole de la fondation! Après l’Inde, les voyageurs ont découvert le Bhoutan, la Birmanie, le Laos et le Viet-Nam. Morceaux choisis écrits par Richard de Tscharner, initiateur de l’Odyssée

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Inde: Parc National de Pench, Étape 12
«… l’extraordinaire n’exige pas d’exploits et d’éléments hors norme; bien plus est-ce la présence simultanée d’éléments ordinaires et bien choisis qui crée le côté extraordinaire. Notre tour du monde, analysé étape par étape, ne comporte, lui non plus, rien d’extraordinaire et nous ne ciblons ni exploits, ni records. L’extraordinaire de ce que nous vivons se situe dans la succession des étapes, si différentes et variées les unes des autres et se déroulant dans des environnements, culturels et historiques, en perpétuelle évolution.
Tout était donc au rendez-vous et c’est certainement ce qui avait conduit Rudyard Kipling à choisir le parc de Pench comme décor de son «Livre de la Jungle»»

Inde: Varanasi, Étape 13
Bénarès est une ville sacrée, un lieu de pèlerinage pour les adeptes de Shiva. Pour les Hindouistes, elle représente l’équivalent de La Mecque pour les Musulmans et de Jérusalem pour les Juifs et les Chrétiens. Pendant la journée, nous visitons une école, de sorte à intégrer dans notre programme d’échange une institution de cette ville illustre… Nous sommes invités à rejoindre une classe de jeunes filles. Elles se lèvent lorsque nous arrivons, elles portent l’uniforme, elles sont propres et toutes bien coiffées. Nous leur parlons, leur offrons un cahier préparé par une école de Genève, leur demandons de contribuer en présentant, dans un cahier vierge, qui elles sont, ainsi que leur univers et leurs valeurs, par le dessin et des collages. En prenant congé d’elles, Mario leur demande de nous chanter une chanson; alors elles se lèvent, unissent leurs mains, se recueillent et se mettent à chanter une louange. Un moment de grâce nous a ainsi été offert – merci.»

Bouthan: Paro, Étape 14
«Humbles, modestes et travailleurs, les Bhoutanais incarnent pleinement les valeurs bouddhistes. Preuve en est, pour juger de la santé de la nation, leur référence à la «Growth National Happiness» plutôt qu’au Produit National Brut. Espérons que l’ouverture croissante au tourisme, et par l’Internet au monde extérieur, permettra au pays de maintenir ces valeurs, ainsi que l’esprit communautaire, très prononcé, qu’on y ressent. … Pour la première fois depuis notre départ de Suisse nous avons eu, au Bhoutan, toutes les facilités en matière de communications. Ce fût bien agréable d’avoir ainsi des nouvelles de ceux qui nous sont chers.»

Birmanie: Mandalay, Étape 15
n.d.l.r: les aventuriers ont séjourné en Birmanie quelques jours avant le terrible cyclone meurtrier Nargis qui a touché le pays le 2 mai dernier. «Nous voici en Myanmar, que les Anglais avaient nommée «Birmanie», pour y découvrir et admirer la beauté de ses pagodes. Étant donné le régime militaire en place, nous sommes agréablement surpris, dès notre arrivée, par le professionnalisme et la gentillesse de l’accueil qui nous était réservé… Tous ces lieux sont vivants, entourés de pèlerins et de moines et fréquentés par des touristes. Les environs sont propres, des enfants vendent des souvenirs et des chapeaux pour se protéger du soleil, des stands permettent de se désaltérer et de trouver un taxi ou une calèche pour se rendre à la prochaine pagode.»

Birmanie: Lac Inle, Étape 16
«À notre grande surprise, notre guide nous parle du «Viewpoint Restaurant & Bar», tenu par un Suisse, et dans lequel nous nous installons aussitôt pour un délicieux et fort agréable déjeuner. Le lendemain nous partons, tôt le matin, découvrir et explorer ce lac mystérieux, sur lequel on a toujours l’impression d’être proche du rivage, même lorsqu’on se trouve en son centre. La raison est liée au tapis fleuri que forment les hyacinthes des lacs… Ici, tout est sur pilotis: l’hôtel, le village, la pagode, les commerces; et tout se passe sur l’eau: la pêche, la récolte d’algues, le transport de marchandises et de personnes. En bordure de l’eau se trouve, pour les constructions et pour le travail artisanal, la matière première indispensable: le bambou.»

Laos: Luang – Prabang, Étape 17
«Nous vous attachons, à chacun d’entre vous et de la part de chacun d’entre nous, un fil de coton autour du poignet. C’est notre témoignage de bienvenue à votre égard; nous vous remettons cela, car nous n’avons pas autre chose à vous offrir.» «C’est par ces mots que fut conclue la petite cérémonie d’accueil, organisée hier, à l’occasion de notre passage dans le hameau de Namay. Des hameaux pareils, il y en a tout au long des 160 kilomètres entre Luang Prabang et Nong Khiang. Simples, en bambous et sur pilotis pour se protéger des eaux et des bêtes, les maisons n’ont, la plupart du temps, pas plus qu’une cuisine sans eau courante, et un séjour. Dans les vallées plus reculées, l’électricité n’est souvent pas encore installée. Sous la maison, à l’ombre, une femme travaille devant un métier à tisser, autour d’elle quelques enfants, des poules et des dindons. Ici, on vit de la cueillette dans la forêt vierge, de la chasse, de la pêche et du tissage. Il n’y a pas d’agriculture car la jungle envahit tout le territoire.»

Vietnam: Hanoi – Baie d’Ha Long, Étape 18
«En arrivant à Hanoi on gagne vite l’impression d’un pays en pleine évolution, désireux de progresser et de s’épanouir. Les Vietnamiens sont travailleurs et ambitieux; en l’espace de trente ans ils ont reconstruit leur pays, redémarré l’économie et attiré beaucoup de touristes; certes le tout avec un appui important venant de l’extérieur… Le lendemain, c’est sous la pluie que nous entamions la route vers la mythique baie d’Ha Long, une baie chargée d’histoire et où ont notamment été tournées des séquences du film «Indochine». Dès que se met en route notre embarcation, commence un spectacle continu, avec un défilé constant de ces îlots de type «pin de sucre», couverts d’arbustes et de buissons… Fascination, contemplation, méditation… devant pareille beauté, les paroles demeurent pauvres pour décrire ce qu’on peut ressentir.»

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