Chauffés au bois, les «Whitepods» permettent de passer la nuit dans la nature, aux Cerniers, sur les hauts de Monthey (VS). Quinze «chambres» d’hôtel sans téléviseur, sans radio et sans téléphone, mais avec salle de bain, cheminée et téléskis privés pour dévaler le domaine sauvage.

Désormais propriété de l’homme d’affaires vaudois Patrick Delarive (Régie de la Couronne, Cofideco, Les Moulins de la Veveyse, etc.), le site des Whitepods qui ouvre ses portes le 15 décembre aux Cerniers, au-dessus des Giettes, est situé à plus de 1600 m sur les hauteurs de Monthey (VS): «On dirait un village de Martiens!», s’exclament les visiteurs à la vue de ces quinze boules d’un blanc immaculé qui scintillent au soleil.

L’aventure des «igloos» a démarré aux Cerniers en 2005. Un lit, un fourneau à bois et une large baie pour admirer la vue sur la vallée du Rhône, face à Leysin et à Villars-sur-Ollon, la formule a connu un certain succès jusqu’à ce que quelques riverains mettent les bâtons (de ski) dans les roues. Aujourd’hui, tout s’est apaisé et les autorisations sont délivrées. Pour lancer ce nouveau village de 15 «pods» d’un format et d’un confort mieux étudiés, le promoteur a fait appel au consultant hôtelier Fabrice Bezençon: «C’est une nouvelle forme d’hôtellerie où la chambre se trouve intégrée dans la Nature. Le client dort à l’intérieur d’une structure souple avec une toile de polyester en guise de toit et une large baie donnant sur l’extérieur, mais c’est de la véritable hôtellerie».

Un village de 50 à 60 hôtes
Les «pods» mesurent 4,30 m de haut pour une surface habitable de 38 m2. Ils sont équipés d’un poêle vitré qui diffuse une douce chaleur. Chaque «chambre» est décorée différemment sans luxe ostentatoire mais avec des accessoires décoratifs qui rappellent la montagne: vieux skis, lampes-tempête, peaux de vache ou de moutons, objets sélectionnés par Maike Delarive, l’épouse d’origine hollandaise du maître des lieux.

A l’intérieur, la température peut monter jusqu’à 30° et conserver encore 16 à 18° au petit matin. Le personnel allume le feu le soir, rajoute quelques bûches quand les occupants vont manger. Chaque «pod» est équipé d’une salle de bain avec douche. Au-dessus de la salle de bain, une mezzanine est installée avec deux matelas pour les enfants. Le village peut accueillir 50 à 60 personnes. Les réservations avancent bon train, se réjouissent les promoteurs: «A l’époque, 90 à 95 % de la clientèle était anglaise. Actuellement 80 % des réservations proviennent de Suisse. C’est un marché très porteur. On n’a pas le Cervin comme à Zermatt, mais on a des remontées mécaniques privées avec deux téléskis pour dévaler un domaine très sauvage.»

Un forfait «lune de miel»
«Le but est de délivrer le meilleur service possible», poursuit Fabrice Bezençon. On est dans le segment luxe avec des prix entre Frs 350.- et 550.- pour deux personnes, sans petit-déjeuner. Le confort sera exceptionnel avec des lits comme dans un palace. Mais les «pods» ne sont pas prévu pour de longs séjours. Ils sont plutôt conçus pour deux ou trois nuits.»
Pour manger, les hôtes ont le choix entre le refuge d’alpage de Chindonne et le restaurant des Cerniers. Le petit-déjeuner se prend dans un ancien mazot avec la possibilité de se le faire livrer aussi au lit. Il est aussi prévu un forfait «lune de miel» avec dîner aux chandelles. Pour le bien-être, un spa, un sauna avec salle de massages et même la possibilité d’effectuer les massages dans les «pods». Cela nécessite une certaine organisation pour les 15 à 17 employés. Les différentes activités (ski, traîneau, etc.) sont facturées à part: «Ce ne sera pas du «bling-bling», commente encore Fabrice Bezençon. Le luxe c’est de tenter une toute nouvelle formule. Ceux qui sont déjà de grands consommateurs de luxe sont les hommes d’affaires qui passent cent jours par an dans des cinq étoiles. Ils veulent sortir de leur cocon doré. Le véritable luxe, ce sera de se retrouver soi-même et en couple. Pour passer un pur moment de bonheur».
Olivier Grivat

img14431.jpg

«C’est une nouvelle forme d’hôtellerie où la chambre se trouve intégrée dans la Nature. Le client dort à l’intérieur d’une structure souple avec une toile de polyester en guise de toit et une large baie donnant sur l’extérieur, mais c’est de la véritable hôtellerie».