Les tulipes sont à l’origine du premier krach boursier au 17éme siècle et acculèrent alors de nombreux hollandais à la ruine. De nos jours ce n’est heureusement plus le cas, mais la fascination est toujours aussi grande.

Les tulipes sont arrivées en Europe à la fin du 16ème siècle – vraisemblablement en provenance de Turquie. Et c’est aux Pays-Bas qu’elles trouvèrent leur adresse de prédilection, pour commencer seulement chez les aristocrates et les banquiers. C’est surtout l’oignon de tulipe qui fit sensation, celui-ci refleurissant et revenant toujours à la vie. Cette «renaissance» étonnante fit de la tulipe la reine des fleurs.

Deux maisons pour un oignon de tulipe

Les oignons de tulipes furent bientôt mis sur le marché à des prix astronomiques, ce qui conduisit à une véritable fièvre de la tulipe. La demande et les prix montaient alors sans discontinuer, mais là aussi les critères esthétiques étaient prépondérants. Les moins convoitées étaient les sortes monochromes, alors que les sortes flamboyantes comme les jaunes, rouges vermillon ou violettes étaient les plus appréciées. Mais les plus onéreuses étaient les sortes blanches avec des traces colorées, comme par exemple la sorte «Victory» blanche et violette, qui coûtait une fortune. Toutefois elle n’égala pas la «Semper Augustus» rouge et blanche. En effet au plus haut de la fièvre des tulipes, un seul oignon de «Semper Augustus» atteignit la somme de 13’000 Guldens. C’était tout simplement deux fois le prix d’une maison dans une ville comme Delft.

Pas étonnant que la fièvre pour les tulipes ait aussi conduit à un engouement collectif qui réunissait les vendeurs et acheteurs dans les estaminets des villes des Pays-Bas – toujours dans l’espoir de faire fortune avec des oignons de tulipes. Mais le jeu n’était pas sans risque, surtout parce que l’on achetait les oignons en hiver, alors qu’ils «dormaient» encore en terre.

Et voilà le premier krach boursier!

Les acheteurs n’ayant pas toujours le capital de départ nécessaire, ils achetaient la marchandise enfouie dans la terre à crédit. Et ce système de reconnaissance de dettes fut le prélude aux plus grands excès. Car bientôt, ce ne furent plus les tulipes qui étaient mises sur le marché, mais seulement les reconnaissances de dettes. Ce qui signifie que les fleurs qui avaient d’abord été achetées pour leur beauté, ne furent plus qu’une abstraction pour les négociants. Soudain on en vint à soupçonner une gigantesque escroquerie. Et c’est ainsi que les 1er et 2 février 1637 un murmure enfla à Haarlem: vendre le plus vite possible! Le 3 février il était déjà trop tard. Le cours de l’oignon de tulipe s’effondrait et un grand nombre de personnes perdirent tous leurs biens.

Tulipes bien-aimées

Entre temps les prix des tulipes se sont normalisés. Mais la fascination est restée. En effet ces fleurs printanières sont aimées, un point c’est tout! Les tulipes doubles sont tout particulièrement appréciées depuis des années, et les couleurs jaunes, crème, rose, bordeaux et orange foncé sont les plus demandées. Les plus en vogue sont avant tout, les tulipes suisses, qui ont une bonne durée de vie de par la brièveté de leur transport.

img11928.jpg

Début du printemps – des tulipes et le premier krach boursier.