En mars 2001, deux statues géantes de Bouddha dans la vallée afghane de Bamiyan furent détruites par le régime des Talibans. Cet acte politique et religieux fut largement diffusé dans les médias du monde entier et souleva l’indignation de la communauté internationale. Quelques années plus tard, les mausolées des saints et des manuscrits anciens au Nord du Mali furent la cible d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. Plus récemment, en août 2015, le site du temple de Bêl à Palmyre a été détruit à coups d’explosifs par l’Etat islamique.

À l’heure où un responsable de la disparition de monuments peut être condamné pour crime contre l’humanité, le rejet de la destruction du patrimoine culturel semble faire l’objet d’un consensus planétaire. Cependant, ces attaques ne constituent pas un phénomène inédit et s’inscrivent dans une longue histoire de l’iconoclasme. La destruction d’images saintes lors de la Réforme, des idoles précolombiennes par les conquérants espagnols lors de la conquête du Nouveau continent, la profanation des images du roi durant la Révolution française ou encore le déboulonnement des statues des héros de la révolution bolchévique suite à la chute du mur de Berlin laissent entrevoir des liens politiques et religieux à l’origine de ces phénomènes.

Pour décrypter cette thématique et proposer un regard neuf sur cette actualité, Dario Gamboni, professeur d’histoire de l’Art à l’Université de Genève (UNIGE), présentera une conférence intitulée « Détruire l’art, pour quoi faire? », organisée dans le cadre du cycle « Histoire vivante » de la Maison de l’histoire, le jeudi 8 décembre à 18h30 (Uni Dufour, entrée libre). Il nous montrera que la destruction quotidienne et multiforme des images représente le revers de la construction du patrimoine

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