Selon le rapport du Conseil fédéral sur la dette, l’endettement de l’Etat est élevé. Cette situation se répercute négativement sur la politique financière et économique. La Suisse risque de perdre un important avantages comparatif. Dans la période comprise entre 1990 et 2004, l’endettement brut de la Suisse a augmenté de 144 % pour atteindre 239 milliards de francs. C’est au niveau de la Confédération que l’évolution a été la plus forte.

Endettement supérieur à la moyenne
En comparaison internationale, l’endettement de la Suisse a augmenté dans une proportion supérieure à la moyenne. Diverses causes expliquent ce phénomène : des déficits budgétaires chroniques d’une part, mais aussi des opérations d’assainissement extrabudgétaires d’entreprises publiques aux finances de mauvais qualité. Parallèlement à cette explosion de l’endettement, l’appareil d’Etat, les dépenses et la charge fiscale ont vu leur ampleur croître massivement.

Conséquences du dérapage social
Le rapport relatif à la dette met en évidence pour la première fois, de manière transparente, les conséquences à long terme du dérapage du domaine social : il pourrait déboucher d’ici à 2025 sur un endettement de 125 milliards de francs, soit 15 % supplémentaires du PIB. A défaut de réformes structurelles dans le domaine des dépenses sociales, il ne sera pas possible de stabiliser le taux d’endettement, ce qui aboutira immanquablement à mettre sous pression d’autres tâches comme la formation, les transports, l’environnement, l’agriculture ou la sécurité. Cette évolution compromet la capacité d’action de l’Etat.

Position d’economiesuisse
economiesuisse salue le rapport du Conseil fédéral relatif à l’évolution de la dette et en appuie les principales conclusions. Ce rapport révèle qu’il n’y a pas eu «d’économies à tout crin», une thèse qui tient du mythe. Il faut éviter que le taux d’endettement continue de s’accroître. Si elle se veut durable, la politique financière doit être responsable. Elle ne doit pas dépendre d’embellies conjoncturelles ou de promesses électorales.

Dans l’intérêt du contribuable, economiesuisse s’engage avec force pour éviter une répétition des errements qui ont marqué la politique financière des années 1990. Les programmes d’allégement budgétaire 2003 et 2004 ne sont de loin pas suffisants pour assurer une base financière durable. Afin d’éviter la constitution de charges supplémentaires pour les générations actuelles et futures, sous la forme de dettes ou de hausses d’impôts, economiesuisse exige du Conseil fédéral et du Parlement davantage de courage et de discipline en matière de dépenses : lors de la planification financière et du réexamen des tâches à venir, il importera de limiter la progression des dépenses au renchérissement et d’introduire les réformes structurelles nécessaires. C’est le seul moyen de rester dans la cible que le Parlement a fixée en adoptant la motion Lauri lors de la dernière session de juin 2006.

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Difficile de comprendre et de réaliser l’enrayement de la dette…