Domaines Skiables de France : la sobriété énergétique au cœur des débats

par | 04 octobre 2022

Lors du congrès de Domaines skiables de France (DSF) à Lyon, fin septembre, son président, Alexandre Maulin, a évoqué un hiver 2021-2022 réussi. Alors que les prix de l’électricité s’envolent, les exploitants se mobilisent pour réduire leur facture d’énergie. La hausse du prix des forfaits devrait être inférieure à l’inflation.

La crise Covid a rallumé la flamme des skieurs. « Ce ne sont pas 8 % des Français qui vont au ski mais 25 % ! », attaque d’entrée de jeu Alexandre Maulin, président de Domaines skiables de France (DSF), lors du point presse donné à l’occasion du congrès de la chambre syndicale organisé à l’hôtel de Région, à Lyon, les 29 et 30 septembre. Déterminé à tordre le cou aux idées reçues, il ne mâche pas ses mots :

« Ras le bol d’entendre dire que peu de Français sont concernés par le ski alpin et que c’est un sport de riches. »

Et le président de brandir les chiffres du 3e baromètre du ski Ipsos : « Plus de la moitié (55 %) des ménages qui font du ski ont des revenus annuels inférieurs à 36 000 euros [ndlr : pour 74 %, ils sont en-deçà de 48 000 € après impôt]. Le ski est un sport populaire ! » D’ailleurs, le ski alpin (snowboard compris) est la 2e activité pratiquée (48 %, +5 points) par les personnes qui se rendent à la montagne. Et c’est sans compter son poids économique dans nos montagnes : « Quand le câble s’arrête – et la crise en est le plus grand démonstrateur –, l’économie des vallées s’arrête aussi », rappelle-t-il.

Succès de l’hiver 2021-2022

Et que dire de l’hiver ­post‑covid anxiogène, marqué par la recrudescence des variants, avec masques et passes sanitaires obligatoires, mais aussi l’absence des Anglais en début de saison ?

« La relance de l’hiver 2021-2022 a été réussie, même si ça n’a pas été simple », se félicite Alexandre Maulin.

Les chiffres de la fréquentation l’attestent : la montagne réalise sa meilleure performance depuis sept ans, avec +1 % par rapport à 2019 (avant crise), soit +1 % en Savoie et +5 % en Haute-Savoie (et +3 % en moyenne, comparé aux quatre dernières années hors pandémie). Avec 53,9 millions de journées-skieurs, la France redevient numéro un européen, loin devant l’Autriche (43,6 millions). À l’échelle mondiale, les États-Unis dominent largement, enregistrant 61 millions de journées-skieurs.

Durant ce congrès, il a aussi été question, bien sûr, de l’hiver à venir et du coût exorbitant de l’énergie (cf. Éco n°36 du 9 septembre). Comme si la pandémie n’avait pas suffi. Les stations s’alarment, impactées par le prix de l’électricité qui flambe, atteignant dernièrement 350 € le MWh, contre 85 € il y a un an, avec un pic de 1 100 €.

« Il faut arrêter de mettre la pression. Les domaines skiables sont en avance sur l’objectif de 10 % d’économies d’énergie fixé par l’État. Les coupures et les délestages sont une chimère, et s’il devait y en avoir, cela restera un épiphénomène », assène Alexandre Maulin, qui attend « des décisions au plus haut niveau. »

Quant à la hausse des charges, DSF assure que les exploitants font leur possible pour ne pas impacter le client.

« La hausse des prix des forfaits de ski – qui n’a rien de nouveau en soi – sera inférieure à l’inflation. La sobriété ne se fera pas au détriment de l’expérience client », rassure-t-il, à l’heure où les vacanciers réservent leurs séjours à la montagne.

« Pour faire du ski, il faut de la neige, alors j’ai dit à Laurent (Wauquiez), faisons de la neige ! Ce qui m’inquiète, c’est le blocage de la retenue collinaire de la Clusaz, c’est grave parce que ça sert à la population l’été, et aux vaches… j’ai du mal à comprendre, sauf à penser qu’ils veulent qu’on quitte nos vallées pour en faire leur terrain de jeu », a exprimé Gilles Chabert (à gauche), monsieur Montagne à la Région et ancien président du Syndicat national des moniteurs de ski français, aux côtés d’Alexandre Maulin, président de DSF, et de Fabrice Pannekoucke, conseiller régional Aura, vice-président de la commission Montagne et en charge de l’agriculture.

En avance sur la sobriété

Justement, alors qu’il est plus que jamais question d’écologie et de sobriété, DSF accélère sa feuille de route sur les seize éco-engagements que le syndicat s’est fixés en 2020 pour réduire sa facture énergétique et ses émissions de CO2. Ainsi, 53 % des conducteurs de téléportés sont formés à l’écoconduite (qui permet d’abaisser de 5 à 10 % la consommation électrique), « et ce chiffre va augmenter fortement cette année », assure Yves Dimier, président de la commission “communication et économie” de DSF. Même chose pour la conduite des dameuses.

Dans cette logique, la plupart des exploitants ont fermé les remontées mécaniques redondantes, pour une utilisation plus raisonnée. Et 89 % des domaines possédant au moins six dameuses se sont dotés d’outils mesurant la hauteur de neige, afin d’optimiser sa production. « Nous sommes respectueux de l’environnement. On respecte les lois. Qu’on nous laisse travailler ! », conclut Alexandre Maulin, pointant la nouvelle retenue collinaire de La Clusaz, validée par le Préfet.


Patricia Rey


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