L’isolement social concerne en priorité des groupes de population déjà exposés à divers autres risques sociaux – en particulier la pauvreté ou le chômage.

Risque plus élevé d’isolement social parmi la population déjà défavorisée
Il touche en effet plus fortement les personnes en mauvaise santé, de nationalité étrangère ou celles n’ayant pas poursuivi d’études au-delà de la scolarité obligatoire ainsi que les personnes âgées et celles disposant d’un faible revenu. C’est ce qui ressort d’une étude de l’Office fédéral de la statistique (OFS) sur les déterminants de l’isolement social qui vient de paraître.

L’étude «Intégration et réseaux sociaux»
Publiée dans le cadre de la série Données sociales – Suisse, l’étude
«Intégration et réseaux sociaux» met en évidence une série de facteurs pouvant favoriser l’isolement social. Elle prend place dans les activités de l’OFS consacrées à la mesure du bien-être national et vient compléter la mise à disposition sur le portail statistique de chiffres-clé sur la qualité de vie de la population.

Un phénomène à multiples facettes
L’isolement social est mesuré dans cette étude à travers trois aspects complémentaires : la taille du réseau social, le soutien social et le sentiment de solitude. Il touche une part plus ou moins large de la population selon les aspects considérés. Ainsi, on observe par exemple que 22% de la population vit avec un réseau social extérieur au ménage restreint ; mais aussi que 13% éprouve un sentiment de solitude dans la vie. Prises isolément, ces situations ne sont pas dans tous les cas défavorables en soi. Lorsqu’elles se cumulent, elles peuvent néanmoins constituer un sérieux risque d’isolement social.

Les groupes de population déjà précarisés sont plus exposés que les autres
Le risque d’isolement ne touche pas toute la population de la même manière. Il est régulièrement plus important parmi les groupes déjà connus pour être davantage exposés à d’autres difficultés sociales comme la pauvreté ou le chômage, d’où un risque de cumuler des difficultés. C’est plus particulièrement le cas des personnes dont la santé est moyenne à très mauvaise, des personnes vivant seules, des personnes âgées (en particulier au-delà de 75 ans), des personnes de nationalité étrangère ainsi que des personnes n’ayant pas poursuivi d’études au-delà de la scolarité obligatoire.

Les personnes élevant seules des enfants ou celles au chômage semblent également plus exposées
La classe de revenu a un lien significatif avec le risque d’isolement. Ce lien ne concerne toutefois que la taille des réseaux et le sentiment de solitude. Le rôle du revenu s’explique sans doute en partie par les opportunités de rencontre qu’il permet et l’entretien de bonnes relations qu’il favorise.

Des risques qui perdurent dans le temps
Ces relations existent-elles aussi dans une perspective dynamique? Une analyse de l’évolution de l’isolement social dans le temps (2001-2003) identifie pratiquement les mêmes groupes de population comme étant particulièrement défavorisés également sur la durée. Le lien entre isolement et revenu persiste lui aussi dans la durée mais de manière moins perceptible qu’en temps donné.
La part de personnes confrontées de manière récurrente au risque d’isolement varie entre 5 et 17% de la population selon l’indicateur considéré. Ces personnes courent alors le risque de voir leurs difficultés s’alimenter les unes les autres et s’étendre à d’autres domaines de leur existence.
Ces constats confirment que faiblesse de revenus et risques temporaires et durables d’isolement social sont liés. Les ressources que les personnes concernées peuvent mobiliser pour améliorer leur situation financière s’en trouvent d’autant réduites. La lutte contre l’isolement social passe donc en partie par la lutte contre la pauvreté. Elle ne saurait pourtant se limiter à cela, le revenu n’étant pas le seul facteur impliqué dans ce phénomène.

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Attention à l’isolement social des plus démunis