L'édito de Myriam Denis : "Comme un ouragan"

par | 28 septembre 2017

Ils s’appellent Harvey, Irma, Norma, José, Maria… En ce mois de septembre, la valse des ouragans n’a eu de cesse de frapper le monde. Les Caraïbes, les États-Unis, le Mexique sont alors fouettés au cœur par des tempêtes, typhons, cyclones…

Myriam Denis

Autant de catastrophes naturelles qui sèment sur leur passage des îles détruites, des paysages de désolation, et laissent en stigmates des catastrophes humaines, écologiques et bien sûr, économiques. L’urgence première a été une réactivité et une solidarité hors normes. La seconde urgence est, à mon sens, celle de la réflexion. Et c’est là où l’on peut constater toute l’hypocrisie – que certains appellent prudence – de la communauté scientifique. Si le Président Emmanuel Macron est rapidement monté au créneau à l’ONU en dénonçant le lien ténu entre le réchauffement climatique et ces phénomènes extrêmes, les experts ne semblent pas aussi catégoriques. En fait, ils sont même divisés. Pour mieux faire régner le flou en la matière ?

Si l’on tente d’être factuel, on comprend que les ouragans naissent d’une dépression tropicale. Les océans deviennent des sortes de carburants de ces phénomènes qui s’appuient principalement sur deux facteurs : la température de l’eau – en hausse – et l’évaporation dans l’air.

« Pas de risque : les scientifiques ne veulent pas se mouiller en affirmant haut et fort des postulats qui dérangeraient pas mal de monde. »

Selon un spécialiste de Futura Sciences, « le changement climatique en cours entraîne un réchauffement des océans et un refroidissement de la stratosphère qui amplifient la différence de température entre surface et haute atmosphère. Il est donc vraisemblable que l’activité cyclonique s’intensifie ».

Pourtant, si le boom des températures océaniques est avéré, tout comme l’élévation du niveau de l’eau et les perturbations atmosphériques, il manque un élément clé aux scientifiques pour affirmer d’une façon catégorique que le réchauffement climatique est en cause dans des phénomènes : le facteur durée. En clair, on en saura plus dans quelques petites dizaines d’années. Pourtant, on pourrait être tenté de faire le lien : les ouragans tirent leur énergie de la chaleur de l’océan. Celle-ci augmente – et c’est un fait – dans un contexte où l’on sait que les émissions de gaz à effet de serre jouent un rôle prépondérant dans l’augmentation globale des températures de notre planète. Mais pas de risque : les scientifiques ne veulent pas se mouiller en affirmant haut et fort des postulats qui dérangeraient pas mal de monde. Alors, on a droit à des éléments de réponse très timorés : oui, les ouragans seront plus violents dans les prochaines décennies. Oui, les canicules vont devenir la norme. Et dans ce contexte, le climatosceptique Donald Trump se différencie (encore…) du reste du monde (et pas forcément à bon escient). Il fait partie des derniers irréductibles à ne pas soutenir l’accord de Paris sur le climat.

Alors oui, les Caraïbes, c’est loin et l’on sait combien la loi de proximité joue dans les prises de conscience. Oui, on nous rabâche qu’il ne faut pas imprimer nos mails, bien éteindre nos bureaux, fermer le robinet lorsque l’on se brosse les dents. Ça paraît tellement futile par rapport à des puissances étatiques qui n’en ont cure et polluent à tour de bras. Ces gestes simples du quotidien n’auront-ils pour but que de soulager notre conscience, nous précipitant, nous aussi, dans une réaction hypocrite ? Ou auront-ils une réelle incidence sur ce climat qui devient un peu dingue ?

Myriam Denis

Rédactrice en chef adjointe
m.denis@eco-ain.fr

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