L'édito de Myriam Denis : "Très grande vitesse ?"

par | 14 septembre 2017

Cet été, un couple d’amis s’en est allé en Grèce, destination touristique tendance (et peu chère). Et de raconter le quotidien desdits Grecs, frappés de plein fouet par la crise que l’on connaît. Des rations hebdomadaires d’argent liquide (pas plus de 50 euros) aux petites boîtes qui font du black – sport national, apparemment – pour s’en sortir, aux épargnants ayant vu leurs économies fondre comme neige au soleil avec un État en faillite…

Myriam Denis

Le quotidien semble cruel, même si le pays fait tout pour s’en sortir, depuis sept années de disette. Imaginez la même chose en France. Que se passerait-il si l’on rationnait votre argent ? Si les cotisations sociales, taxes et impôts augmentaient, régulièrement et substantiellement, au point de vous asphyxier, alors que vos revenus, eux diminuent ? Si les retraites étaient rabotées et les conventions collectives – et leurs avantages – étaient suspendues ? Mais ce serait la guerre civile ! Mai 1968 en puissance 10 000. Pourquoi ? Parce qu’en France, on est infichu de penser, de mettre en œuvre puis de conduire des politiques publiques suffisamment efficaces et audacieuses. Réformer ? Oui, un vœu pieu. Quoique…

Notre nouveau président de la République, Emmanuel Macron, tout jeune et fougueux qu’il est, a décidé de se lancer dans une réforme de la SNCF. L’objectif est de proposer un deal avec l’entreprise : repenser le régime (très) spécial de retraite des cheminots, contre un allégement de la dette de la SNCF liée au financement du réseau (peu ou prou 44 milliards d’euros actuellement). Sauf à sortir de la règle des 3 % de déficit, je ne vois pas bien comment l’État pourrait absorber tout ou partie de cette somme colossale. Mais passons : des bricolages économiques et financiers verront certainement le jour.

« Pour un groupe qui peut être considéré en jachère d’efficacité sur différents domaines (comme la ponctualité de ses trains…), il semble vital de se repenser. »

Aujourd’hui, le régime des cheminots leur permet de partir en retraite à 52 ans pour les roulants, 57 pour les autres. Cet avantage creuserait un déficit, toujours plus important, d’années en années. Là, les économistes sont partagés : pour certains, cet avantage coûterait à l’État 3,5 milliards d’euros par an. D’autres, cependant, mettent en exergue une réalité plus complexe, avec une problématique liée à la structure d’âge de l’entreprise.

Il n’en demeure pas moins que pour un groupe qui peut être considéré en jachère d’efficacité sur différents domaines (comme la ponctualité de ses trains, exemple pris tout à fait au hasard), il semble vital de se repenser. Pas seulement en effleurant l’idée de revoir les avantages offerts par les billets gratuits ou à tarifs préférentiels des cheminots et leur famille. Simplement s’interroger sur l’opportunité de laisser ces tarifs privilégiés aux beaux-parents est une goutte d’eau (médiatique) dans l’océan des problématiques de l’entreprise. Bien sûr que cela est probablement injuste par rapport aux salariés du privé. Bien sûr que tout cela revêt un coût. Mais à mon sens, il ne s’agit pas du seul problème. Notre incapacité à penser l’avenir de nos entreprises différemment est bien plus préoccupante ! On essaie de refonder le Code du travail, la mobilisation s’organise. Très bien ! Mais ne jamais accepter de faire bouger les lignes, rester dans sa zone de confort, est-ce véritablement la meilleure stratégie à adopter pour notre économie ? Je ne dis pas qu’il faut tout accepter de nos gouvernants. Le droit de vote nous permet de nous exprimer et de choisir celui ou celle qui nous semble digne (ou le moins mauvais) pour diriger notre pays. Parfois, il faut aussi savoir admettre que les choses changent. Être rétif est une stratégie, être proactif en est une autre. Notre monde économique saura-t-il anticiper ?

Myriam Denis

Rédactrice en chef adjointe
m.denis@eco-ain.fr

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