S’unir divise

En attendant le rapport Darrois, notaires et avocats s’opposent au sujet d’une éventuelle « grande profession du droit « , mais qu’en pensent les intéressés de l’Ain.

A quelques jours de la remise du rapport Darrois qui vise la création «  d’une grande profession du droit » le sujet suscite de l’inquiétude chez les uns et une vision d’avenir pour les autres.

A l’échelle nationale le président du conseil national des barreaux, Paul-Albert Iweins affiche clairement sa volonté de rapprochement avec les notaires. «  L’idéal serait la création d’une grande profession qui se déclinerait en avocats-notaires, avocats aux conseils, avocats en entreprise…  Il faut que certains monopoles sautent, notamment celui des notaires sur les contrats immobiliers », a-t-il affirmé lors de la convention à Lille.

Mais, les notaires ne l’entendent pas de la même oreille. « Créer une grande profession du droit et tout aussi stupide que de vouloir créer une grande profession du médical ou de l’artisanat. Les métiers de notaires et d’avocats sont totalement différents, s’alarme Maître Lafay, président de la chambre des notaires de l’Ain. Dans l’esprit des citoyens il n’y a pas de confusion, on contacte les notaires pour le juridique et les avocats pour le judiciaire.
Par notre profession, nous sommes obligés de rendre des comptes à l’état et c’est normal, mais si les avocats devaient en faire autant, il y aurait une véritable atteinte aux droits de l’homme. Vouloir assimilé notaire et avocat est un problème parisien et je prendrais l’exemple de la vente de la tour Elf à Paris qui avait suscité une vague de polémiques dans les deux professions. Là-bas, ils résonnent en termes de marché, mais chez nous, nous ne sommes pas confrontés à des transactions énormes, il n’y a aucun problème. Le rapport Darrois est une volonté gouvernementale, les deux professions ne sont pas à l’origine de la proposition. Même si le président du conseil national du barreau semble afficher un avis plutôt positif, Paul-Albert Iweins est loin d’avoir convaincus tous les siens. Retenir la profession unique du droit serait une véritable erreur et l’exemple de la crise des subprimes aux Etats-Unis en est la triste illustration. »

Egalement contre, mais pas fermé à discussion, Maître Reffay, bâtonnier du barreau de Bourg-en-Bresse mesure ses propos. « Nous sommes en effet contre l’idée de réunir les professions de notaires et d’avocat, néanmoins, nous sommes prêts à poursuivre la réflexion. A notre échelle, on peut dire que la sensibilité provinciale n’est sûrement pas la même que la parisienne. Mais, rien ne nous empêche de réfléchir sur les points en commun de nos professions et cela dans l’intérêt du citoyen. De plus, ils nous aient difficile de juger un rapport si ce dernier n’a pas été rendu. Tant que nous ne connaissons pas le contenu réel du rapport, nous ne pouvons pas être totalement opposés. »