Les énergies innovantes font vibrer la région

par | 22 Fév 2017

Le MEDEF Auvergne Rhône-Alpes s’est interrogé sur ces vecteurs clés de compétitivité et d’emplois. En effet, 8 pôles de compétitivité et clusters en Rhône-Alpes se préoccupent particulièrement d’énergies innovantes. Auvergne Rhône-Alpes est la première région énergétique de France en termes de production. La filière représente plus de 300 000 emplois directs ou indirects.

 EUROPE « L’engagement exemplaire des entreprises européennes dans la lutte contre le changement climatique » est à relever, selon Philippe Rosier, président de la commission énergie et climat du Medef et président de Solvay Acetow. Selon lui, « ces efforts doivent être mondiaux, en cherchant le bon équilibre entre ambitions environnementales et maintien de la compétitivité, innovation et liberté d’entreprendre. »La transition énergétique n’est pas un vain mot. Levier de compétitivité, de réindustrialisation et d’emploi, elle a été au cœur d’une conférence orchestrée le 6 février dernier par le Medef Aura. Patrick Martin, patron des patrons de la région et dirigeant du groupe Martin Belaysoud Expansion, à Bourg, s’est félicité de cet angle retenu. « Avec 300 000 emplois liés à l’énergie, des centres de recherche sur les énergies nouvelles dans le top 100 mondial et un écosystème collaboratif à la pointe de l’innovation, notre région a une vraie carte à jouer pour relever le défi majeur de la transition énergétique et bâtir une position de leadership international pour nos entreprises. »

Et de souligner que « l’industrie, si elle n’est pas, et de loin, la plus consommatrice d’énergie, est en revanche l’activité qui a réalisé les plus gros efforts pour limiter ses émissions ». Il rappelait combien les entreprises ont aujourd’hui à cœur la problématique environnementale… Sans oublier que « les technologies et les réglementations sont pour le moins évolutives. Les fluctuations des prix des différentes énergies créent un aléa supplémentaire pour l’investisseur de long terme qu’est l’entreprise. Il est ainsi essentiel de se donner de la visibilité sur un enjeu aussi déterminant ».

Innovation

Jérôme Teissier, président du comité énergie du Medef Auvergne Rhône- Alpes, complétait : « Le prix de l’énergie est crucial pour l’ensemble de notre économie, en particulier dans l’industrie où certains secteurs sont fortement exposés à la concurrence internationale. La transition énergétique implique des changements, des contraintes, des efforts, parfois des bouleversements qui se traduisent par des défis, mais aussi de nombreuses opportunités pour les entreprises ».

Ne pouvant être présent, Laurent Wauquiez intervenait quant à lui via une vidéo. Il a souligné le potentiel d’Auvergne Rhône-Alpes lié à l’innovation énergétique, qu’il qualifiait « d’exceptionnel ». « Nous avons les filières, les talents, les projets, et c’est bien ainsi que nous devons aborder ces défis : notre région doit être celle de l’innovation dans l’énergie et l’environnement. » Un postulat accueilli plutôt favorablement par les quelque 400 personnes présentes : entreprises, pôles de compétitivité, clusters, centres de recherche, mais aussi étudiants et enseignants de grandes écoles, ou décideurs publics.

Le nouveau mix énergétique doit prendre en compte : compétitivité, développement durable et sécurité d’approvisionnement.

(R)Évolution

Plusieurs grands témoins ont apporté leur avis éclairé sur la question des énergies innovantes. « Le monde de l’énergie n’a jamais été aussi ouvert qu’aujourd’hui, pour la distribution ou la consommation, témoignait Luc Remont, président France de la société Schneider Electric. Ceci, grâce à l’émergence de technologies nouvelles. » Selon lui, les grands changements en la matière proviennent de la décarbonation de l’énergie, sa décentralisation et sa digitalisation. « La réduction des gaz à effet de serre est une réalité tangible, qui permet l’émergence de solutions alternatives de production d’énergie. Cela ne remplace pas la production de base qui elle aussi, doit être compétitive. »

Surtout face à l’intermittence liée aux conditions météo des sources d’énergie de type éolien ou photovoltaïque. Alors, la décentralisation entre en jeu. « Il y aura au plus près des consommateurs, des capacités de production complémentaires », assure-t-il. Le digital est également un élément essentiel de cette (r)évolution, selon cet expert. Les consommateurs aujourd’hui, a fortiori les entreprises, ont des ambitions de multi-énergies. « Ils arbitrent alors leurs choix en termes de gestion de l’énergie. » C’est ainsi qu’Olivier Aubert, directeur de l’offre à la direction Générale de GRTgaz, et Philippe Torrion, directeur exécutif groupe et membre du Comex d’EDF en charge de l’innovation, ont insisté sur le mix énergétique et le triptyque compétitivité économie, développement durable et sécurité d’approvisionnement dans un monde qui devient plus électrique, plus connecté, plus distri- bué, plus efficace.

Des pépites en Auvergne Rhônes-Alpes

Quelques entreprises manient la R&D et l’innovation au quotidien, pour faire émerger les solutions de demain. La conférence orchestrée par le Medef Aura a permis de mettre en lumière quelques pépites, des entreprises pionnières dans ces énergies innovantes. Plus ou moins grandes, plus ou moins jeunes et / ou connues, elles permettent à leur niveau de considérables avancées.

“LES INNOVATIONS DE LABORATOIRE ONT LA NÉCESSITÉ DE DEVENIR DES PRODUITS OU DES SERVICES COMMERCIALISABLES.”

Les entreprises Energy Pool (développement et opération de solutions d’optimisation de la consommation d’énergie), I-Ten (simplification de la problématique de micro-stockage énergétique au coeur des circuits) et Waga Energy (valorisation du biogaz issu des installations de stockage des déchets) ont pu témoigner sur la capacité des pépites régionales à transformer une innovation et un savoir-faire en entreprises compétitives et créatrices d’emplois. Mais pas seules. La collaboration entre les laboratoires, les grandes écoles, les décideurs publics et les entreprises est impérative. Waga Energy (Grenoble), par exemple, propose une innovation fruit de dix ans de développements, aux côtés d’industriels.

Des labos à la commercialisation

« Les innovations de laboratoire ont la nécessité de devenir des produits ou des services commercialisables afin de permettre le développement de véritables entreprises », soulignait Pierre Beccat, directeur de l’IFPEN-Lyon et président du pôle de compétitivité Axelera. De la start-up à la « véritable » entreprise, il n’y a parfois qu’un pas à franchir. Enerbee, société grenobloise innovante, spécialiste en récupération d’énergie, envisage des levées de fonds pour son développement industriel et commercial, pour une structure qui ambitionne 15 à 20 millions de CA d’ici trois ans, avec 30 personnes. « On a besoin des industriels français, pour qu’ils nous aident à pénétrer plus facilement sur le marché. L’enjeu des start-up, c’est le temps », résumait Jocelyne Wasselin, DG d’Enerbee.

Les start-up ont besoin de fonds pour évoluer.


Par Myriam Denis

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