En Suisse, les entreprises ne sont pas habituées à fonctionner en réseau, le système de la franchise est méconnu, les soldes ne sont plus réglementées et ceux qui veulent monter leur boîte ne savent pas comment faire. Mais où va-t-on?

Au lieu de se tirer la bourre sur des futilités, les petites entreprises devraient pouvoir fonctionner en réseau pour bénéficier de meilleures conditions. Les grandes surfaces, parce qu’elles proposent du volume, parviennent, elles, plus facilement à négocier des prix. La règle est simple: plus la quantité d’achat est importante, plus vous devriez intéresser celui qui vous fournit. Les commerçants ont tendance à se copier, mais sans collaborer. Au bout du compte, ce sont les fournisseurs qui rigolent.

Synergies recommandées
A «Place des Affaires», ce qui est justement intéressant, c’est l’échange entre les différents dirigeants d’entreprises. Les jeunes devraient être les premiers à comprendre les avantages du fonctionnement en réseau. Un exemple genevois: deux jeunes femmes voulaient ouvrir chacune leur propre institut de beauté. L’une sur la rive gauche. L’autre sur la rive droite. J’ai essayé de les mettre ensemble pour qu’elles trouvent une synergie commune, pour qu’elles mettent en commun leur budget pub. Et bien ce n’est pas passé. Elles ont voulu rester chacune de leurs côtés. Au bout d’une année, l’une a du malheureusement fermé.

Franchise & Solde
Autres bémols. A Genève, aujourd’hui on a 20 ans de retard sur nos voisins français dans le commerce de détail. Cette notion de franchise, de «commerce associé», y est très développée. Et «Place à la Franchise» pourrait être bien utile pour développer ce concept en Suisse. Aujourd’hui, les soldes ne sont plus réglementées. Les commerçants peuvent à tout moment, solder et liquider leurs produits. Certains sont même en liquidation toute l’année. C’est devenu un peu la jungle des affiches et des prix. Je pense que ce système fait au final perdre beaucoup d’argent aux commerçants car leurs marges sont réduites.

Monde de rêveur
Beaucoup de commerçants sont restés endormis. Les patrons vendent comme il y a 30 ans en arrière. Ils ne se sont pas assez remis en cause suite aux crises. Je rencontre très souvent des commerçants qui pleurent parce que leurs chiffres d’affaires baissent. Mais ce sont les premiers à ne pas avoir voulu s’adapter aux changements. On est dans un monde de rêveurs. Beaucoup de gens veulent devenir indépendants sans avoir l’esprit d’entreprendre et sans en mesurer les risques. Aujourd’hui, j’ai beaucoup de créateurs d’entreprises qui investissent des sommes importantes dans leur magasin ou entreprise. Et qui attendent que ça se passe… C’est une grosse erreur. La communication est primordiale.

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Olivier Nimis, Directeur de la société Remicom Immobilier SA.