Environnement, air, énergies renouvelables : l'analyse en chiffres

Environnement, air, énergies renouvelables : l'analyse en chiffres
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Ça chauffe pour les montagnes alpines. Plus touchées que les plaines par la hausse des températures, les zones d’altitude commencent à réfléchir à des stratégies leur permettant de s’adapter aux évolutions en cours.

190 km C’est la longueur de la ligne souterraine de solidarité électrique Savoie-Piémont, dont 95 km côté français. Il s’agit de la plus longue du monde. 1 Md€ d’investissements a été consacré à ce projet qui permettra d’augmenter de 60 % la capacité d’échange d’électricité entre la France et l’Italie, dès sa mise en service en 2019. Source : RTE FranceHausse des températures moyennes, fonte des glaciers, modification du régime de précipitations… La communauté scientifique estime unanimement que les changements climatiques sont inéluctables. Selon le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) : «chacune des trois dernières décennies a été plus chaude à la surface de la terre que la précédente et plus chaude que toutes les décennies antérieures depuis 1850». D’ici la fin du XXIe siècle, les températures pourraient grimper de 1,5 à 2 °C selon les scénarios les plus optimistes, 4 °C pour les plus pessimistes.
Face à des changements climatiques principalement causés par l’influence de l’homme sur son environnement, les politiques publiques associent connaissances, adaptation et atténuation avec, par exemple, la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’observatoire régional des effets du changement climatique (Orecc), lancé fin 2013 par la Région, la Dreal et l’Ademe, s’inscrit dans cette dynamique. Pour favoriser des stratégies d’adaptation territoriales, il établit des profils de vulnérabilité pour les territoires de la région.
La zone montagne des Alpes du Nord est la première à avoir été passée au crible. Après une diminution de 1 °C entre 1790 et 1890, la température annuelle moyenne, reconstituée à l’échelle des Alpes, a augmenté de 2 °C entre la fin du XIXe et le début du XXIe siècle. Cette augmentation s’est produite en deux étapes, avec un premier pic dans les années 1950 et une deuxième augmentation à partir des années 1980. La région alpine dans son ensemble s’est réchauffée deux fois plus que la moyenne de l’hémisphère nord depuis la fin du XIXe siècle.

Après une diminution de 1 °C entre 1790 et 1890, la température annuelle moyenne, reconstituée à l’échelle des Alpes, a augmenté de 2 °C entre la fin du XIXe et le début du XXIe siècle.

Une tendance plus forte en montagne

La tendance au réchauffement est plus importante en montagne qu’en plaine, plus marquée au printemps et en été. L’effet croisé des divers facteurs est difficile à évaluer et fait l’objet de travaux de recherche visant au développement des connaissances scientifiques. Mais on constate déjà une remontée de l’altitude de la limite pluie-neige (en général + 150 m de dénivelé pour une augmentation de température de 1 °C). Le manteau neigeux hivernal diminue en dessous de 1 700 m, surtout en début et fin de saison. Cette érosion varie en fonction de l’exposition, de l’altitude, de particularités topographiques et micro-climatiques.46 cm C’est l’épaisseur moyenne maximale de neige enregistrée à Chamonix entre 2010 et 2014 contre 67 dans les années 1960. La durée de la saison s’est ainsi considérablement réduite. En moyenne, la neige est présente 40 jours de moins par rapport à la période 1960-1969. Source : Observatoire départemental – Conseil départemental de la Haute-Savoie
Le réchauffement se traduit encore par une baisse du nombre annuel de jours de gel, notamment en début de printemps. En revanche, aucune tendance nette ne se dégage pour les précipitations. Ces évolutions climatiques ont des répercussions sur les écosystèmes et les ressources naturelles comme l’eau qui tend à se raréfier. Depuis les années 1990, les déficits hydriques sont de plus en plus importants, en particulier en automne et en hiver. Les écosystèmes ne sont pas épargnés par ces changements climatiques : déplacement de certaines espèces, modification des dates d’apparition des phénomènes saisonniers, réduction ou extinction locale d’espèces animales ou végétales.
Concernant les risques naturels, les données d’observation existantes et les analyses de corrélation ne révèlent pas de tendance claire et généralisée. Mais des signes de changement sont perceptibles. La remontée des glaciers peut ainsi modifier les conditions d’érosion des hautes vallées et provoquer une recrudescence des éboulements en altitude durant les étés chauds. La proportion d’avalanches de neige humide augmente, comme le risque de feux de forêt dans de nouvelles zones de montagne.
QUALITÉ DE L’AIR Répartition des indices de qualité*, en 2016 ÉVOLUTION DE LA QUALITÉ DE L’AIR EN PAYS DU MONT BLANC Poussières en suspension PM10, en moyenne annuelle ÉVOLUTION DES MAXIMA JOURNALIERS EN PAYS DU MONT BLANC Poussières en suspension PM10, en 2016

Des stratégies au plus près du terrain

Delphine Piazza-Morel, ingénieure à l’Irstea et chef de projet Adamont «Lancé en 2015 pour une période de trois ans, Adamont porte sur l’adaptation aux changements climatiques de territoires de moyenne montagne, principalement le parc du Vercors mais aussi les Bauges, la Chartreuse et les Baronnies provençales. Il vise à identifier les changements climatiques, ses impacts sur les activités (agriculture, forêt, tourisme…) et les stratégies d’adaptation. L’idée est d’associer production de connaissances et démarches opérationnelles en lien avec les acteurs du territoire.»Porté par l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea) en partenariat avec Météo France, le projet Adamont se consacre aux effets des changements climatiques. «Nous organisons, au plus près du terrain, des ateliers sur des filières particulières (l’agriculture, la forêt, le tourisme…) et sur des thématiques transversales (par exemple la gestion de la ressource en eau). À chaque fois, nous essayons de travailler avec l’ensemble des acteurs d’un territoire», rappelle Delphine Piazza-Morel, ingénieure de recherche à l’Irstea et chef du projet Adamont.
Il s’agit par exemple de plancher sur les techniques pouvant être mises en oeuvre pour mieux gérer la forêt (choix des espèces, débroussaillage, travail des lisières…) ou de re-mobiliser des installations ancestrales de captage et stockage d’eau pour l’irrigation et l’abreuvage des troupeaux. L’objectif est de décrire en détail les processus d’adaptation, puis de les diffuser le plus largement possible de manière à ce qu’ils puissent faire école.

Pollution de l’air : la Haute-Savoie veut inverser la tendance

Les alertes à la pollution se multiplient dans les Alpes et notamment dans la vallée de l’Arve où deux épisodes ont été enregistrés durant les hivers 2016 et 2017. «Près de 155 000 personnes ont été exposées à des taux de microparticules (les PM10 et PM2,5) dépassant ceux de certaines mégalopoles», s’alarme la Région. Au-delà du plan de protection de l’atmosphère (PPA) de la vallée de l’Arve, des mesures complémentaires ont été mises en oeuvre pour passer la crise. Entre Magland et Chamonix, où les niveaux de particules relevés sont les plus hauts, une circulation alternée a, par exemple, été instaurée par les services de l’État pour les camions les plus polluants, mis en circulation avant 2001. Un dispositif insuffisant pour les élus et associations qui plaidaient pour un arrêt temporaire du transit international de poids lourds.

Les alertes à la pollution se multiplient dans les Alpes et notamment dans la vallée de l’Arve où deux épisodes ont été enregistrés durant les hivers 2016 et 2017. «Près de 155 000 personnes ont été exposées à des taux de microparticules (les PM10 et PM2,5) dépassant ceux de certaines mégalopoles», s’alarme la Région.

Faire un exemple

En annonçant un plan d’actions de 45 millions d’euros, la Région affiche son ambition de faire de la vallée de l’Arve “un exemple” et de démontrer qu’il est possible d’inverser la tendance. L’industrie, les transports et l’habitat sont concernés par les différents dispositifs. L’effort porte sur le développement des énergies propres (hydroélectricité, hydrogène, méthanisation) et la généralisation des appareils à bois performants pour les particuliers. Il s’agit aussi de réduire les émissions de l’industrie à travers un fonds incitant les industriels à aller au-delà de leurs obligations réglementaires.
Jean-Yves Moracchini PRÉSIDENT DU GEOPARK CHABLAIS LE CHABLAIS EST UN GEOPARK ATYPIQUE
Mais l’essentiel de l’enveloppe concerne les transports avec la relance du fret ferroviaire, l’accélération des opérations ferroviaires en cours et des aides pour le renouvellement du parc de véhicules utilitaires légers. Sur la même ligne que la Région, le Conseil départemental de Haute-Savoie décide de renforcer et d’accélérer ses actions sur l’ensemble du territoire pour un montant d’environ 18 millions d’euros. Tous les secteurs sources d’émissions polluantes sont concernés mais aussi le fonctionnement de la collectivité qui s’engage à réduire son empreinte environnementale. Elle prévoit par exemple d’améliorer les performances énergétiques de son patrimoine bâti, de “verdir” et réduire sa flotte de véhicules.
Éva Alliacar DIRECTRICE DU PARC NATIONAL DE LA VANOISE NOUS SOMMES SUR LA BONNE VOIE

Production hydro-électrique, solaire, bois : quelques chiffres

INSTALLATIONS DE PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ EN AUVERGNERHÔNE- ALPES ÉNERGIES RENOUVELABLES EN SAVOIE Opérations d’installations financées par le DépartementPRODUCTION HYDRAULIQUE EN SAVOIE MONT BLANC

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Par Sophie Boutrelle

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