«Un Etat des lieux de l’emploi 18 mois après la crise économique», c’est en ces termes que François Longchamp, le conseiller d’Etat chargé du DSE (Département de la Solidarité et de l’Emploi) entouré de Patrick Schmied et Bertrand Levrat, respectivement Directeurs de l’OCE (Office Cantonal de l’Emploi) et de L’Hospice général a commencé la conférence de presse en présence d’une vingtaine de journalistes.

Après une introduction générale concernant la forte récession qui touche certains pays européens, le conseiller d’Etat a rappelé que le repli de la Suisse n’aura été «que» de -1,5% ce qui est tout de même le pire résultat depuis la crise 1975-1976, qui avait suivi le grand choc pétrolier.

Tendances du chômage
Il s’est ensuite penché sur les grandes tendances du chômage à Genève. Elles se traduisent par une hausse du nombre de chômeurs, qui depuis août 2008 est «grosso modo» de 35% contre 84% au niveau national. Patrick Schmied quant à lui, s’est expliqué en s’appuyant sur des chiffres de l’OCE. Malgré les 1776 nouveaux chômeurs inscrits en moyenne par mois depuis septembre 2008, Genève est le seul canton à avoir créé des emplois en 2009 avec +0,4% d’emplois en plus qu’en 2008. Cependant une fluctuation de personnes continue de faire bouger les courbes des statistiques; chaque mois 720 personnes quittent le chômage pour retrouver un emploi et 750 quittent le chômage pour des raisons «diverses». Pourtant l’effectif global des chômeurs augmente en moyenne de 314 personnes par mois, la masse salariale, elle, progresse de 4,5% en 2009 en termes nominaux (ou 5% en termes réels, l’indice de prix à la consommation ayant baissé). Mais la complexité de la reprise se traduit par un autre problème a noté le conseiller d’Etat. En effet, Genève crée des emplois mais pas dans les mêmes secteurs où elle en perd.

Catégorie d’âge des chômeurs
Au-delà des secteurs touchés, le conseiller d’Etat a mis l’accent sur la catégorie d’âge des chômeurs en rappelant que le chômage des jeunes a augmenté de 55,3%, mais reste sensible aux variations conjoncturelles, pour cause un nombre important de ces jeunes chômeurs sont à la recherche de leur premier emploi et a qualifié «d’évidence» leur difficulté de faire une entrée sur le marché du travail lorsque celui-ci est marqué par la crise. Cependant la tranche d’âge la plus touchée reste les 25-49 ans qui représente entre 67% à 71% des chômeurs.

Pour conclure, François Longchamp a abordé le sujet concernant l’impact des frontaliers dans l’économie genevoise, «on a beaucoup glosé sur l’impact des frontaliers sur le chômage. Quel est cet impact? On pourrait répondre par la provocation, en se basant sur des chiffres concrets». Quand au nombre de frontaliers, il a précisé qu’actuellement le nombre de permis délivrés est très proche du nombre de frontaliers quittant Genève, avant d’ajouter que les frontaliers ont «un impact fort» pour réduire le taux de chômage genevois étant donné qu’en cas de perte de leur emploi, conformément aux accords bilatéraux, ils perçoivent les prestations par leur pays de résidence, par conséquent ne figurent pas dans les statistiques du chômage genevois.
Ce début de printemps montre des signes positifs de reprise économique mondiale, François Longchamp quant à lui, a préféré rester prudent quant à l’avenir tout en restant rassuré et rassurant.

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De g. à d.:
Patrick Schmied, François Longchamp, Bertrand Levrat