Le menu des votations du mois de septembre va en inquiéter plus d’un. Il a certes l’avantage d’être connum bien à l’avance et de pouvoir profiter de la pause estivale pour mettre à jour ses connaissances.

Il n’empêche: votations après votations, l’exercice devient de plus en plus complexe, en particulier pour ceux qui sont chargés d’en expliquer les enjeux avec le souci de faire en sorte que le résultat soit favorable à l’économie. Et l’on ne doit dès lors pas s’étonner que se manifestent parfois des signes de lassitude au sein de la population. A cela, on peut avancer plusieurs raisons.

Les raisons d’une lassitude populaire
D’abord, la multiplicité des objets qui ne cesse de se vérifier scrutin après scrutin. Pour le mois de septembre, dix seront soumis au peuple, en comptant la Ville de Genève. La concentration des votations est en soi une chose louable, mais le citoyen éprouve de plus en plus de difficulté à appréhender cette masse. Ensuite, la complexité variable des thèmes donne le sentiment trompeur d’une sorte d’homogénéité des enjeux au risque de passer à côté des questions fondamentales. C’est ainsi qu’à côté d’une réforme fondamentale de l’imposition des personnes physiques, on trouve une modification formelle du fonctionnement de la commission de conciliation en matière de baux et loyers ou la réduction d’une subvention municipale. Enfin, les strates politiques concernées étant d’une nature différente, ce qui en apparence devrait relever de la cuisine de quartier en vient à toucher la politique diplomatique, donnant plus que jamais le sentiment à la grenouille qu’elle pourra devenir bœuf. Le scrutin sur l’extension du bâtiment de l’Organisation Mondiale du Commerce est une votation communale d’apparence, parée des atours factices de l’accès aux parcs publics, alors qu’elle pose plus fondamentalement la question de l’avenir de la Genève internationale.

Résultat concret: une sorte de clafoutis politique qui risque de rester sur l’estomac des votants ou de couper l’appétit à ceux qui ont un haut-le-cœur à la lecture du menu. Pourtant, il ne faut surtout pas se désintéresser de ce chapelet politique dans lequel figurent trois objets qui méritent d’être relevés.

Fédéral, cantonal et municipal
Le premier est fédéral. Il s’agit de l’augmentation temporaire de la TVA de 0,4%, qui ne devrait intervenir qu’en 2011 et qui doit permettre de mettre fin au déficit chronique de l’assurance invalidité et de séparer enfin les comptes AVS de ceux de l’AI. Même si cette augmentation n’est pas une chose facile à accepter en période de récession, le spectre d’un sous-financement des rentes des personnes âgées s’éloignera avec l’approbation de ce relèvement. En cas de refus, le déficit de l’AI perdurera avec toutes les conséquences pénibles qui en résulteront sur les rentes des personnes âgées et des invalides.

Le deuxième est cantonal. Il concerne une réforme fondamentale de la fiscalité genevoise, laquelle va améliorer considérablement le sort des classes moyennes, trop souvent oubliées par le passé. C’est la droite qui en a été l’initiatrice, soutenue ensuite par les écologistes. Les socialistes sont quant à eux demeurés braqués sur leur ligne Maginot de l’immobilité fiscale. Il ne faudra pas l’oublier au moment des élections.

Et les citoyennes et citoyens de la Ville de Genève auront, comme troisième objet, municipal cette fois, à réaffirmer la vocation internationale de Genève en tenant les engagements que les autorités fédérales, cantonales et communales ont pris à l’égard des organisations que nous accueillons. Cela peut se faire sans crainte d’une restriction d’accès à ses parcs, contrairement à tout ce qui a pu être dit ou écrit à ce sujet. Un simple coup d’œil sur les croquis lève tout doute à ce sujet et permet de voir qu’il s’agit même d’une valorisation du site.

Puisque notre système nous y contraint tant et aussi longtemps qu’il ne se sera pas paralysé, méditons donc pendant l’été, mesurons la chance qu’offre la démocratie, mais aussi la responsabilité qu’elle implique et ne nous trompons pas d’enjeux à l’automne !.