Eurêka!

par | 6 Mar 2008

Tous les objets qui nous entourent sont le fruit d’inventeurs, du téléphone portable à l’Internet en passant par l’écran plasma. Le 36ème Salon International des Inventions, des Techniques et Produits Nouveaux de Genève se tiendra du 2 au 6 avril prochains à Palexpo. C’est le plus grand et le plus important au monde. Jean-Luc Vincent Président-Fondateur du Salon rappelle avec insistance que la créativité humaine est sans limite et que le Salon est le symbole de l’inépuisabilité de cette ressource.

D’où vous est venue l’idée du Salon International des Inventions de Genève?
Mon grand-père était lui-même un inventeur, il a notamment conçu le compteur électrique en prépaiement… L’invention, c’est donc une histoire de famille! Après une formation d’ingénieur en mécanique, j’ai exercé dans le domaine de la propriété industrielle avant de me mettre à mon compte. J’ai alors eu l’idée de promouvoir des inventions dans les Salons des inventions à l’étranger. En 1972, avec l’expérience acquise, j’ai décidé de créer le 1er Salon International des Inventions de Genève.

Quel est le but du Salon?
Le Salon est une plateforme, un lieu où l’on se rencontre. Sa mission générale est de promouvoir les inventions. Et pour cela, il doit séduire les inventeurs en leur permettant de rencontrer un financier, un fabricant ou un distributeur. Le Salon a l’ambition de les aider à commercialiser leurs inventions. Il leur permet aussi de faire connaître leurs trouvailles auprès des médias du monde entier et du grand public, et à les valoriser par un concours de prix. Chaque invention est examinée par un jury international de 82 experts qui leur accorderont ou non l’un des 49 prix spéciaux offerts par les organisations partenaires.

Le fondateur du Salon est-il un inventeur comme les autres?
Oui, j’ai fait des inventions, et je suis même parvenu à en faire breveter une – un cendrier étouffoir –, brevet que j’ai par la suite réussi à vendre. C’est d’ailleurs cette réussite qui m’a permis de créer le Salon. Aujourd’hui, je n’en fais plus et toutes les idées que je peux avoir, je les donne aux autres.

Pour l’édition 2008, qui est l’hôte d’honneur?
Cette année, nous avons décidé que c’était à l’Exposant en général d’être hôte d’honneur.

Vous parcourez le monde entier. Certains Salons se distinguent-ils des autres?
Comme notre but est de promouvoir des inventions, nous aidons également à créer des Salons dans le monde. Par exemple, le premier Salon Africain de l’Invention au Sénégal à Dakar, mais aussi en Italie, à Taiwan, en Corée du Sud, en Chine… Les derniers en date sont en Roumanie et au Koweït. A l’heure actuelle, je suis sollicité par l’Iran pour créer un Salon des inventions à Téhéran.

La matière grise est-elle vraiment inépuisable?
Je le pense vraiment. Encore faut-il qu’elle ne reste pas dans les tiroirs. Et qu’il y ait des possibilités de la promouvoir. C’est justement le but du Salon. Ce qui m’intéresse le plus, ce n’est pas l’invention en particulier, c’est l’Inventeur. Celui-là même qui a sacrifié des années de sa vie pour réaliser son rêve. L’inventeur présent au Salon mérite à ce titre tout notre respect.

Les inventions de 2008 seront-elles d’un autre genre que celles de 1972?
Naturellement oui. L’invention, c’est soit l’amélioration de quelque chose d’existant, soit la résolution d’un problème. Et il est évident qu’un problème change d’un pays à l’autre ou avec le temps. L’inventeur est d’ailleurs souvent quelqu’un qui résout un problème par l’observation.

Comment expliquer la créativité humaine?
Il y en a toujours eu. Inventer, c’est un état d’esprit. C’est un réflexe de tous les instants totalement naturel chez les créateurs. Il y a quelques années, tout ce qui était inventé ne pouvait pas être fabriqué. Fatalement, les inventeurs passaient pour des farfelus.

Existe-t-il une tendance à faire des inventions «vertes»?
Depuis une quinzaine d’années, c’est une tendance de plus en plus importante. Nous avons dû créer une nouvelle catégorie dans notre catalogue officiel «Protection de l’environnement – Energie». Encore une fois, les premières inventions que j’ai eues dans ce domaine à l’époque, n’ont retenu l’attention de personne. Aujourd’hui, c’est l’une des catégories la plus dynamique en termes de créativités.

Un coup de cœur personnel et votre plus grande fierté?
Mon coup de cœur va pour l’exceptionnel Georges de Mestral, l’inventeur du Velcro. Il y a eu un contact exceptionnel entre nous deux. Ma fierté, c’est le sondage effectué l’année dernière. Il indique que 75,65% des inventeurs sont satisfaits à très satisfaits de leurs contacts professionnels. Quand je vois ça, c’est fabuleux! Si les résultats du sondage avaient indiqué 10%, j’aurais certainement remis en cause l’organisation d’un tel salon.

En quoi la 36ème édition sera-t-elle différente des autres?
Chaque édition est unique et celle-ci sera encore une fois exceptionnelle, avec 1’000 inventions inédites en première mondiale, présentées par plus de 700 exposants et provenant de 45 pays. Au Salon de Genève, il est donc impossible de voir deux fois la même chose. C’est vraiment une exposition unique en son genre qu’il faut absolument visiter. Le public trouvera de quoi stimuler son intérêt par la découverte d’inventions qui leur rendront la vie quotidienne plus agréable. Les jeunes pourront développer leur esprit inventif et les professionnels réaliseront d’excellentes affaires.

Qui sont vos visiteurs?
Le grand public, des professionnels, des investisseurs, des distributeurs. Tout un chacun peut rencontrer les inventeurs et même lui permettre d’améliorer ou de peaufiner son invention. Les fabricants et les distributeurs sont de plus en plus intéressés par le Salon car ils y découvrent des inventions prêtes à être commercialisés rapidement. C’est cela que j’espérais il y a 36 ans en arrière.

Les secrets d’une bonne invention?
Il faut qu’elle soit nouvelle, avec une avancée technique, donc ingénieuse, et coller avec son temps. Et qu’est-ce qui fait qu’une invention sera commercialisée? Le coup de foudre! Mais, si c’était si facile d’établir ce qu’est une bonne invention, il n’y aurait pas besoin de salon ni de prix. Par exemple, un coupe-vent pour camions dans les années 70. Personne n’y croyait. Aujourd’hui, tous les camions en sont équipés. Il est très difficile d’estimer qu’une invention est bonne ou pas.

Quelles seront les grandes tendances de l’inventivité dans les 30 prochaines années?
J’essaie de raisonner autrement que le Directeur de l’Office Américain des Brevets qui a donné sa démission en 1947 en disant «Tout a été inventé». Des optimistes comme moi préfèrent dire que la moitié des produits et des techniques que nous utiliserons dans 10 ans n’existe pas encore. C’est la raison pour laquelle j’encourage vivement les financiers, les industriels et les distributeurs à venir découvrir ce salon unique au monde.
Propos recueillis par bp

img8216.jpg

Jean-Luc Vincent Président-Fondateur du Salon International des Inventions de Genève

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Découvrez également :

Ski de randonnée : Plum a le vent en poupe

Dopé par la crise sanitaire, le ski de randonnée attire les skieurs privés de remontées mécaniques. Basé à Thyez, le fabricant de fixations Plum a dû augmenter la cadence pour répondre à la forte demande. S’il est...

Lire la suite

Publicité

Pin It on Pinterest