Vous dirigez le Département de l’Economie et de la Santé. Votre programme de législature 2005-2009 précisait, en son point 5, que «l’image de Genève est (trop) souvent associée à celle d’une ville chère, voire austère (…).» L’Euro Foot 2008, vous semble-t-il un élément capable de remédier à cette image négative?
C’est effectivement une excellente opportunité, puisque les centaines de milliers de visiteurs présents à cette occasion, pour la plupart habitués à suivre ce type de manifestations dans de nombreux pays, pourront comparer la réalité des coûts. A l’image des stations alpines qui sont remplies cet hiver en raison d’un taux de change favorable par rapport à l’euro, on pourra s’apercevoir que Genève est beaucoup moins chère que l’image qu’elle véhicule. De nombreuses études comparatives en attestent, et cet effet se fait déjà sentir dans les commerces genevois depuis plusieurs mois. Nous aurons donc l’occasion de le faire savoir à un nombreux public international, il y a là une opportunité unique.

Quelle est l’implication du Service de promotion économique, celle de la Fondation pour le tourisme et celle de Genève Tourisme?
Genève-tourisme, en tant qu’opérateur chargé des actions de promotion touristiques et de l’accueil des hôtes, aura à ce titre une mission centrale. D’abord dans les mois qui précèdent l’événement, dans le cadre des actions promotionnelles menées à l’étranger par Suisse-tourisme, puis ensuite et surtout pendant la manifestation, pour toutes les prestations d’accueil. La Fondation pour le tourisme a débloqué à ce titre plusieurs centaines de milliers de francs pour financer ces opérations supplémentaires, ainsi que des attractions qui seront bientôt dévoilées. Enfin, le service de la promotion économique profitera de l’occasion pour mettre en valeur la Genève économique auprès d’un public choisi.

Les autorités genevoises, en particulier les services de votre collègue Mark Muller, ont beaucoup communiqué pour rassurer. Vos services ont-il des informations concernant les effets économiques attendus?
Nous n’avons pas d’informations précises, excepté les habituelles études économiques qui démontrent que les événements majeurs ont de très fortes retombées sur toute l’économie locale: restaurants hôtels, transports, etc. Il s’agit de la troisième manifestation sportive la plus importante au monde, après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football. Les images diffusées de Genève, les reportages sur notre région seront particulièrement nombreux mais impossibles à estimer, si ce n’est en termes de notoriété.

Allez-vous autoriser des heures d’ouverture des commerces?
Nous sommes en discussion avec les partenaires du commerce, patronaux et syndicaux, concernant des ouvertures élargies pour le commerce genevois. Il s’agit d’animer la ville et les lieux où se dérouleront les festivités prévues pour que la fête du football soit celle de tous les Genevois et de leurs invités durant le mois de juin 2008. Nous nous proposons d’offrir aux commerces situés dans la zone touristique telle que définie par la loi sur la taxe du tourisme la possibilité d’ouvrir leur commerce un ou deux dimanches ainsi que de fermer un peu plus tard en semaine. Le périmètre est clairement identifié. La commission du commerce de détail genevois se réunit en janvier 2008 sous l’égide du Département de l’économie et de la santé, afin de fixer les modalités entre l’Etat, les commerçants et les représentants syndicaux.

Selon vous, l’événement sportif et festif, durant trois matches, mettra Genève sous les feux des médias, pour le meilleur ou pour le pire?
C’est manifestement un événement qui enthousiasme tous les Européens amateurs de football, y compris bien sûr les habitants de Genève, connus pour leur sens de l’accueil et de l’ouverture ainsi que pour leur multiculturalisme. Toutes les mesures de sécurité seront prises pour prévenir des débordements, en collaboration avec les polices d’autres cantons, voire d’autres pays, qui ont développé de bons outils de prévention pour faire face au hooliganisme. Par ailleurs, ce sera la qualité de notre accueil et notre sens d’un événement sportif et festif qui feront la différence entre cet événement extraordinaire et ce qui pourrait être un échec en cas de violence sans aucun lien avec l’événement sportif.

Par Philippe Amez-Droz

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Pour le Conseiller d’Etat, Pierre-François Unger, il s’agira d’animer la ville et les lieux où se dérouleront les festivités.