Film d’animation : Annecy, « The place to be »

Film d’animation : Annecy, « The place to be »
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Qu’ils soient locaux, régionaux, nationaux ou internationaux, les studios font leur marché avec énergie dans la cité lacustre. Pour beaucoup, ils y trouvent les talents nécessaires  à leur essor.

Le Marché international du film d’animation (MIFA) n’a jamais aussi bien porté son nom. En cette seconde journée consacrée aux échanges et au networking, le salon annécien, réservé aux professionnels, a pris des allures de ruche laborieuse. Partout dans les allées, on y parle français, certes, mais surtout anglais, espagnol, portugais ou chinois. On s’y rencontre pour faire des affaires et nouer des partenariats pour quelques mois ou plusieurs années. Dans une ambiance détendue, Annecy confirme donc son rôle de « The place to be », comme aiment à le dire, au fil des stands, les responsables des studios réunis pour quatre jours .

Un écrin sans pareil

«Ce salon est une belle vitrine européenne et française. C’est un lieu incontournable pour les entreprises américaines » témoigne, pour sa première visite, Rebecca Kimbrell, consul des Etats-Unis à Lyon. Plus de vingt entreprises américaines participent cette année au MIFA sans oublier de multiples indépendants qui grossissent les rangs d’une délégation en pleine croissance au fil des ans. Un signe qui ne trompe pas, le vice-président  d’Amazon Studios est venu sur place pour la première fois découvrir la manifestation. Netflix y est aussi très actif, de même que  les studios Disney ou Pixar, qui ont réservé des salles pour présenter  leurs projets ou recruter des talents.

Belles rencontres

Quant au Canada voisin, il s’expose sur un stand collectif faisant place à toutes les provinces créatrices en matière d’animation. « C’est un moment intéressant pour de belles rencontres » considère Roxane Girard, directrice relations d’affaires et coproduction de TéléFilm Canada, qui compte quatre bureaux à travers le pays. «  Depuis deux jours, nous avons réalisé un networking actif avec la Chine et l’Argentine » explique-t-elle, jugeant Annecy, comme le cœur vivant d’un secteur en plein essor.

« C’est véritablement The Place to be » s’enflamme Rachel do Valle, directrice exécutive de Brazilian Content, le programme international de BRAVI. L’association, qui réunit les producteurs de télévision et nouveaux médias indépendants, compte 630 membres dans les cinq régions du plus grand Etat sud-américain. Présente depuis 2012 à l’événement professionnel annécien, BRAVI a  accompagné et soutenu les succès de deux films brésiliens à Annecy, en 2013 puis  2014.

La Chine au milieu du MIFA

Mifa – Pavillon chinois

Côté asiatique, la participation n’est pas en reste avec une forte présence cette année de la Chine,  invité d’honneur, dont les productions sont réunies sous un même pavillon. Seule Hong Kong s’expose à part sur un stand discret qui vante les mérites de Filmart, qualifié dans une brochure de « plus grand marché d’Asie du divertissement ».

On remarque aussi, côté européen cette fois, le goût affirmé pour l’indépendance catalane qui présente ses productions  loin de l’imposant stand de l’Espagne, dont les talents sont  eux réunis dans un «  Who is who Animation from Spain » !

Dénicher et former les talents

Mifa – Impérial Palace – Espace détente

Qu’importe la langue utilisée, au final chacun vient bien à Annecy faire du business et recruter des compétences Lors du premier MIFA Campus, ou  de moments privilégiés autour d’un café, ou encore d’une séance de recrutement organisée, cette fois dans une salle de l’Impérial ou sur un stand, les studios s’emploient à dénicher ceux qui feront, demain, les succès de leurs productions.

C’est dans cette logique que les studios français, eux aussi,  déploient leurs compétences pour attirer les jeunes – ou  les experts – qui étofferont leurs équipes en France, comme dans les filiales qu’ils créent à l’étranger. En particulier au Québec,  province qui a lancé depuis plusieurs années une politique fiscale attractive pour les firmes françaises qui s’ y installent. Le crédit d’impôt accordé par la Belle Province, cumulé à celui de l’Etat fédéral, peut en effet atteindre 42 % des dépenses – y compris de main d’œuvre- réalisées au Québec. De quoi expliquer l’essor du secteur de l’image animée dans l’attractive région de Montréal.

Relocaliser en France

Cette dynamique pourrait bien inspirer la nouvelle politique numérique française, encore en en gestation. Mais pour l’heure,  difficile de rencontrer les responsables du CNC (Centre national du cinéma et de l’image),  qui n’ont fait qu’un passage éclair à Annecy. C’est là que le CNC a toutefois rendue pulique sa 9e étude annuelle sur le marché de l’animation. Selon le document,  la part des dépenses de production des programmes d’animation réalisée en France a progressé en 2016 pour atteindre 80,6 % contre 69,2 %, il y a dix ans. Quant aux dépenses à l’étranger, elles ont baissé du fait de la relocalisation en France de plusieurs studios, grâce à la réforme du soutien à l’animation et au renforcement du crédit d’impôt audiovisuel depuis le 1er janvier 2016. Les bonnes idées canadiennes ont  donc fait des émules.

Entre-soi rhônalpin

Autre moment d’échange privilégié, une rencontre informelle a réuni les studios rhônalpins : ils se sont présentés les uns aux autres et sont venus prendre le pouls des offres de formation, faites par Pôle Emploi. La structure a mis en place à Lyon une agence spécialisée, dénommée Scènes et Images, qui permet aux entreprises de bénéficier d’un service sur-mesure avec un conseiller. Au programme : l’aide au recrutement avec priorisation des critères, conduite des entretiens d’embauche, recherche et présélection des candidats…

Des visio-conférences sont possibles à travers toute la région et deux conseillers Pôle Emploi sont au MIFA durant toute la semaine pour prendre en compte les attentes des PME du secteur. «Nous sommes là pour échanger avec la filière du cinéma d’animation, présenter les différents leviers existants et répondre à leur demande de main d’œuvre  en production et en développement, et enfin pour proposer des outils » explique la responsable de Scènes et Images. Quant à l’AFDAS, elle permet d’assurer le financement des formations identifiées.

A l’exemple du studio de Cran Gevrier, Les Indiscrets, qui  explique sa participation pour « préparer l’avenir, et  identifier les profils qui seront nécessaires à son essor ». Créé il y a quatre ans, le studio annécien partage des locaux et une philosophie globale avec  son homologue In The Box, au sein de la Zone des Prés Verts . « Nous souhaitons que des rencontres de ce type soient régulièrement organisées » précise Rémi Pricaz co-fondateur de la société avec Nicolas Zago

Anthony Touzalin gérant d’Emotive Muzik, compositeur de musiques de films et documentaires installé à Evian, est d’abord là pour réseauter et créer de nouveaux contacts. C’est sa première participation au MIFA où il se verrait bien exposer ses compétences l’an prochain dans le cadre d’un stand de la filière image locale.

Une école innovante

Quant au studio valentinois et parisien TeamTo, il démarre lui une expérience éducative en partenariat avec la Poudrière à Bourg-Les-Valence, et l’Ecole de la Deuxième Chance, réseau d’écoles destiné aux jeunes en échec scolaire. Une école d’un nouveau type va démarrer en janvier 2018 avec une première promotion de 25 personnes sur six mois de formation. « Nous allons réaliser des tests de recrutement sur internet via une appli que nous avons développée » explique le dirigeant-fondateur de TeamTo, Guillaume Helloin. Avec également un bureau à Los Angeles depuis cinq ans et un autre à Pekin depuis 18 mois, l’entreprise connaît  en effet une croissance à deux chiffres qui l’amène à envisager de nouveaux recrutements. Elle prépare d’ailleurs une levée de fonds pour l’automne, afin d’accompagner son essor.

Au vu de l’affluence des deux premières journées, le MIFA, qui se tient jusqu’au 16 juin à l’Impérial, devrait lui aussi enregistrer une belle performance et promet de battre de nouveaux records de participation.

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