L’autorisation ou non d’euthanasie et de suicide assisté est, depuis plusieurs années, sujet de débats à travers le monde. Avant de pouvoir donner son avis sur cela, il est indispensable de bien distinguer et comprendre l’euthanasie passive et l’euthanasie active ainsi que le suicide assisté. Bien que de nombreux pays condamnent indifféremment euthanasie passive et active, ce sont deux processus bien différents.

Tout d’abord, l’euthanasie active implique l’administration d’une substance létale à un malade, de la part d’un intermédiaire, afin d’engendrer une mort imminente du premier. Bien au contraire, l’euthanasie passive signifie l’arrêt total de tous traitements médicaux, l’interruption alimentaire ou l’administration de sédatifs de dose élevée, dans le but de plonger le souffrant dans le coma menant à sa mort au bout de quelques jours. D’un autre côté, le suicide assisté implique l’ordonnance d’une substance fatale, d’un tiers à un malade, que ce dernier s’administre lui-même.

En 2011, l’euthanasie active n’était légale que dans trois pays au monde: la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas, tandis que le suicide assisté ne se pratique qu’en Suisse, ainsi que dans les états américains de l’Oregon et de Washington. L’euthanasie passive, par contre, est autorisé dans un grand nombre de pays, suite à des protestations du ‘Right to Die Movement’ (mouvement pour le droit de mourir).

L’euthanasie en Europe diffère selon le pays. Par exemple, en Allemagne l’euthanasie active est strictement interdite depuis la Seconde Guerre Mondiale, lors de laquelle le régime nazi mirent fin à la vie de plus de 150 000 allemands juifs et handicapés physiques ou mentaux. Cela dit, l’euthanasie passive est pratiquée dans certains cas extrême de nos jours, sous le nom de Sterbehilfe. D’autres pays Européens, tels que la Grande-Bretagne, l’Italie et la Grèce interdisent toute forme d’euthanasie, la considérant comme un crime passible de 5 à 16 ans de prison.

La Belgique a adopté une loi, en 2002, autorisant l’euthanasie active qui la définit en étant “l’acte, pratiqué par un tiers, qui met intentionnellement fin à la vie d’une personne à la demande de celle-ci”. Cette loi impose tout de même trois conditions: le patient doit être majeur et conscient lors de sa demande, la demande doit être formulée de manière volontaire, réfléchie et répétée sans influence externe, et le patient se trouve dans une situation médicale fatale en état de souffrance continue insupportable qui ne peut être apaisé. De plus, l’intermédiaire administrant l’injection létale est volontaire.

Au Luxembourg, toutes formes d’euthanasie sont légales depuis mars 2009, malgré l’opposition du Grand-Duc Henri. Suite à un changement du pouvoir du Grand-Duc, ce dernier a promulgué la loi plus d’un an après le vote des députés luxembourgeois.

Au Pays-Bas, une loi, similaire à celle de la Belgique, autorisant l’euthanasie a été adopté en 2001, imposant comme contraintes: le malade doit demander à plusieurs reprises, si il est conscient et capable de parler, de mettre fin à sa vie; la maladie doit être fatale et incurable; le médecin en question doit demander l’avis d’un autre docteur; il faut signaler le décès aux autorités. Par ailleurs, depuis 2004, l’euthanasie est permise pour les enfants de moins de 12 ans, l’avis des parents surpassant celui de l’enfant. Depuis, la quantité d’euthanasie effectuées augmente chaque année, en hausse de 1’800 cas en 2003 à 4’188 en 2012. Ceci est dû aux nouvelles brigades de médecins mobiles qui peuvent réaliser le processus à domicile.

La Suisse, de son côté, autorise le suicide assisté depuis les années 1940. Ceci est vu comme un crime si, et seulement si, le mobile du meurtre n’est pas égoïste. La motivation du ‘meurtrier’, et non pas le but final, détermine si c’était en effet un suicide assisté ou pas. De ce fait, tout suicide assisté en Suisse doit être filmé afin de prouver que le mort a réellement demandé d’être tué. Suite à cela, le décès est annoncé et la police, un coroner et un médecin font une analyse du corps. La procédure se termine une fois que les membres de la famille et les amis de la victime ont été interviewés et que le mobile est jugé altruiste.

Il existe déjà trois Associations pour le Droit de Mourir dans la Dignité en Suisse, Dignitas, Exit Switzerland et Swiss Society for Humane Dying. L’euthanasie des étrangers étant autorisée également, la Suisse crée un nouveau type de tourisme: le tourisme de la mort.

Certes, ce n’est le cas que de quelques pays, mais des protestations pro-euthanasie surgissent plus fréquemment à travers le monde. Il serait intéressant de suivre ce débat car, qui sait, il est possible que dans cinq ou dix ans, l’euthanasie soit autorisée dans tous les pays du monde. Un nouveau business serait-il en train de se créer ?

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