Flotte automobile : des véhicules connectés pour maîtriser les coûts

par | 28 Août 2017

[kkstarratings] Suivant les évolutions technologiques qui ont, notamment, transformé nos simples téléphones portables en véritables ordinateurs, les outils informatiques se multiplient depuis plusieurs années pour “assister” les gestionnaires de flottes automobiles dans leur mission. la télématique embarquée, selon la formule consacrée, était jusque-là employée pour la géolocalisation. elle fournit désormais des données et des fonctionnalités à même de participer à la gestion de parc. avec, à la clef, selon les experts en la matière, de substantielles économies pour les entreprises.

Le champ de développement et d’utilisation de la télématique embarquée est aussi vaste qu’un réseau routier ! Ocean, la filiale dédiée d’Orange, rappelle par exemple que « les utilisateurs ont la possibilité d’être alertés, comme ils le seraient avec un logiciel dédié, dès que les kilométrages nécessitent de déclencher l’entretien des véhicules ou de revoir les contrats de location ». Le logiciel de la filiale d’Orange peut également s’interfacer avec les pétroliers fournisseurs de cartes. Les données traitées, litrage et kilométrage, fournissent alors un indicateur sur les dérives éventuelles des collaborateurs, sur des usages hors du cadre professionnel, ou amènent à envisager une révision de la “car policy” afin d’opter pour des modèles plus adaptés.

Autre élément utile issu de la télématique : le traitement des informations sur la conduite. Les alertes sur des comportements à risque ou des conduites trop gourmandes en carburant peuvent être signalées directement au conducteur pour qu’il les rectifie. « Pour améliorer la gestion de la flotte, il faut s’intéresser le plus possible au conducteur : développer des solutions pour l’aider à mieux conduire et mieux le renseigner sur sa conduite », explique Olivier Mansard, vice-président Global Sales de Masternaut.

Remontées jusqu’au responsable de parc, ces données contribuent ensuite à orienter les formations vers les populations les plus accidentogènes. « Plutôt que de former 100 % des conducteurs, on peut concentrer la formation sur la population qui pose problème », note encore Olivier Mansard qui ajoute que la télématique permet également d’avoir une meilleure connaissance de l’état des véhicules : « Cela amène à mieux anticiper les maintenances et à les optimiser. » Suivi renforcé de la conduite, des données du véhicule, etc. : les outils de la télématique capables d’intéresser le responsable de parc se multiplient chez certains prestataires, sans pour autant se substituer aux fonctionnalités des logiciels spécifiques.

RECUEILLIR ET TRAITER

Cette floraison des outils de suivi de flotte traduit avant tout les capacités croissantes des plateformes informatiques des prestataires à traiter et synthétiser les données sur l’utilisation de la voiture. « La demande d’agrégation de données s’est accrue depuis vingt ans, constate Marc Trollet, responsable Europe et Afrique du Nord de Mix Telematics. Cela a commencé par la demande de la position, puis a évolué vers une agrégation des données qui apportent de plus en plus de valeur : de position puis du véhicule, du moteur, on parle parfois aussi de données sociales. »

Les éditeurs enrichissent ainsi les données à disposition en fournissant des indicateurs élaborés pour aider dans la gestion d’un parc. « L’utilisateur peut identifier là où il y a des problèmes éventuels dans l’utilisation des voitures, sans avoir à passer des heures à éplucher des rapports détaillés, pour le temps de travail, le coût du carburant ou la conduite », explique pour sa part Amandine Christolhomme, responsable marketing France de Fleetmatics. S’agissant de la conduite, les indicateurs peuvent être paramétrés par l’éditeur pour livrer une synthèse des comportements dangereux : accélérations ou freinages brusques, vitesse, etc.

Au sein de l’entreprise, ces indicateurs peuvent aussi alimenter l’ensemble des postes susceptibles de faire appel à des données provenant de la flotte : horaires de travail pour la DRH, données fournisseurs pour la comptabilité, etc. « Notre outil a été complètement revu il y a trois ans pour être simplifié, précise Amandine Christolhomme. Nous voulions un outil facile d’emploi pour les utilisateurs. »

MARIER TÉLÉMATIQUE ET GESTION

La puissance croissante de traitement des informations par les plateformes de télématique n’est pas seulement mise au service des données et de la construction d’indicateurs. C’est aussi la capacité à s’interfacer avec les autres outils liés à la flotte qui a été améliorée. Pour Olivier Mansard, cette capacité essentielle aujourd’hui le sera encore plus demain, à l’heure du big data : « Nos données, agrégées avec d’autres comme la météo, puis leur analyse vont aider l’entreprise à trouver des réponses pour limiter les risques et améliorer sa gestion. Demain, il faudra que notre plateforme soit la plus connectée possible, ouverte et sécurisée, afin que la donnée soit parfaitement exploitée par tous les systèmes du client pour une gestion optimisée. »

Selon ce responsable, cette stratégie va continuer à orienter le travail de Masternaut dans les prochaines années : « Il existe déjà des systèmes de gestion de flotte riches en fonctionnalités. Ils doivent nécessairement s’appuyer sur des données précises. » D’autres acteurs de la télématique ont fait le choix de commercialiser des solutions qui synthétisent les dispositifs de gestion des informations de la télématique et les dispositifs de gestion du parc. Avec Mapping Control, le responsable peut ainsi créer son outil en choisissant, parmi une dizaine de modules, ceux en lien direct avec la gestion des contrats et de la “car policy”. « Nous proposons un accès au catalogue Jato pour une sélection de véhicules par une recherche multicritères, et la gestion du processus depuis la commande du modèle jusqu’à sa livraison au conducteur, détaille Franck Gaultier, directeur marketing de Mapping Control. À la fin du cycle du véhicule, l’outil peut déclencher le processus de commande comme avec un outil de gestion de parc. » « On repart alors sur l’outil de workflow pour définir les “car policies”, régénérer des demandes de cotation auprès des fournisseurs, puis suivre toutes les étapes jusqu’à la livraison effective », ajoute Franck Gaultier.

“POUR AMÉLIORER LA GESTION DE LA FLOTTE, IL FAUT S’INTÉRESSER LE PLUS POSSIBLE AU CONDUCTEUR.”
Olivier Mansard, vice-président Masternaut

En outre, à l’instar d’un outil de gestion de parc, Mapping Control peut se configurer pour différents utilisateurs. Ces derniers peuvent créer des rapports de gestion ou des alertes sur des items particuliers : pour le suivi technique des véhicules, le suivi financier, etc. Le dispositif de Mapping Control est également susceptible d’être adapté par les équipes du prestataire pour répondre aux attentes des clients. « L’outil est déjà très souple et paramétrable, argumente Franck Gaultier. Mais si nos clients formulent des demandes spécifiques, nous passons en ‘‘mode projet’’ pour construire des produits sur mesure en fonction de leurs besoins. »

AMÉLIORER LE SERVICE

Demain, les outils de télématique embarquée seront également susceptibles de renforcer leur contribution à une autre dimension liée au parc : la meilleure organisation des tâches des conducteurs. « Lorsque l’on évoque la gestion de flotte en France, on parle le plus souvent du total cost of ownership (TCO), constate Marc Trollet pour Mix Telematics. Il y a beaucoup de choses à faire sur ce sujet mais parfois, la plus grande rentabilité du véhicule vient plutôt des solutions métier. » Au-delà des organisations des tournées, les apports de la télématique embarquée peuvent être nombreux pour améliorer l’efficacité des collaborateurs au quotidien : preuves de livraison ou d’un acte de maintenance, amélioration de la productivité, etc.

Marc Trollet cite ce spécialiste de la livraison qui, pour inciter ses salariés à améliorer le service, a élaboré une comparaison entre leurs performances lors des tournées (livraison, conduite, etc.) et les résultats d’une tournée “idéale” virtuelle réalisée grâce à l’outil. À titre d’exemple, pour mieux répondre aux besoins des gestionnaires de flotte, le prestataire SuiviDeFlotte.net a sorti un boitier de géolocalisation intelligent et un nouveau portail web à destination de ses clients. « On est parti du constat que beaucoup de clients ont d’autres logiciels ou travaillent sur Excel pour gérer leur flotte, mais sans lien simple avec une solution de géolocalisation », a expliqué lors d’une conférence de presse son directeur, Julien Rousseau.

Spécialiste de la géolocalisation des véhicules, le prestataire a donc fait évoluer sa technologie en 2017, pour intégrer une solution complète de gestion de flotte. Le boîtier indique entre autres le kilométrage avant maintenance et la consommation réelle de carburant, mais aussi l’état de santé du véhicule. Ces données sont accessibles sur le portail web de SuiviDeFlotte.net, qui inclut un module dédié à la gestion de parc. Destiné aux flottes de 30 à 1 000 véhicules, ce module offre la possibilité de gérer un parc hétérogène (VL, VU, PL et machines, y compris les remorques de manière indépendante), que les véhicules soient géolocalisés ou non.

Les logiciels embarqués vont bien au-delà de la simple géolocalisation du véhicule.

RÉVOLUTION EN MARCHE

Fortement impactée par un environnement réglementaire toujours plus exigeant en matière d’environnement et par les innovations technologiques, l’industrie automobile entre dans une nouvelle ère. Elle sera notamment marquée par la montée en puissance des motorisations “propres”, mais également des technologies permettant une conduite connectée voire, à terme, autonome. Le marché automobile mondial est à la croisée des chemins. « L’industrie automobile fait actuellement face à ses plus grands défis depuis Henry Ford », estime ainsi Laurent Petizon, managing director chez AlixPartners, un cabinet de conseils réputé.

« En 2030, la moitié des véhicules seront à moteur électrique ou hybride et presque tous seront connectés. La chaîne d’approvisionnement subira de grands changements et les coûts de production devraient être réduits grâce à la systématisation des approches digitales. Les services en ligne influenceront fortement la conduite et apporteront de nouvelles sources de revenus pour les constructeurs et de substantielles économies pour les entreprises. Parallèlement, les solutions d’autopartage continueront de progresser. »

LA SAVOIE DÉJÀ EN POINTE POUR LA FORMATION

Le Technopolys de l’Erier, en Savoie, qui a nécessité un investissement de 14 millions d’euros et a été inauguré fin 2016, peut résumer à lui seul la révolution actuelle en matière de véhicules connectés : « Vouloir faire d’un CFA un pôle d’excellence automobile, c’est lui donner un rôle pilote en matière de transformation des métiers qui constituent le coeur de son activité », résume ainsi son directeur, Dominique Badet. « En devenant une ressource pour toutes les parties prenantes – jeunes formés, entreprises partenaires, professionnels de la formation, constructeurs, équipementiers…- Technopolys s’inscrit comme un éclaireur de l’avenir des métiers de l’après-vente.

La place de l’automobile dans le système global de mobilité est en train de changer, en partie sous l’impulsion des mutations technologiques. L’objectif majeur de Technopolys est de proposer aux jeunes des formations adaptées à ces changements, intégrant des contenus qui les aideront à se préparer aux mutations à venir, avec en finalité une insertion professionnelle durable dans les métiers de l’aprèsvente automobile ». Véhicules connectés, et à terme autonomes, sont bien désormais au coeur des préoccupations des “nouveaux” métiers de l’automobile.

DES VOITURES CONNECTÉES… ET PROPRES !

La dernière étude d’AlixPartners anticipe une montée en puissance des motorisations “propres”. En effet, bien que les constructeurs automobiles soient à même de répondre aux normes d’émission demandées, le coût des technologies de réduction de ces dernières (notamment de NOx) devrait augmenter de manière significative tandis que dans le même temps les coûts des véhicules électriques et hybrides baisseront considérablement. « En 2025, ces véhicules (surtout les hybrides) représenteront en Europe 35 % à 40 % de toutes les ventes de voitures neuves, et plus de 65 % en 2030, estime Laurent Petizon, managing director chez AlixPartners.

Une progression qui se fera surtout au détriment du moteur diesel, qui devrait perdre totalement son attrait au-delà même des petits véhicules. En termes de TCO (total cost of ownership), les véhicules hybrides tendent ainsi à rejoindre les diesels. D’ici à 2025, les consommateurs ne verront pas de différence notable entre le prix d’un véhicule traditionnel et une voiture électrique. » Cependant, le développement de l’électrique reste freiné par l’autonomie limitée des véhicules et, surtout, par l’absence d’infrastructures adaptées. « Par exemple, en Europe et en France, les grandes villes manquent toujours cruellement de bornes de recharge. »

EN HAUTE-SAVOIE, ON EN PARLE

Sous la houlette du Haut-Savoyard Jean-Michel Périssoud, président pour Auvergne-Rhône-Alpes du CNPA (Conseil national des professions de l’automobile), l’organisme a tenu en région annécienne, début août, une réunion consacrée aux problématiques liées au développement des véhicules connectés. Le maire d’Annecy, Jean-Luc Rigaut, a tenu à participer aux débats. À terme, une collaboration entre la ville et le CNPA pour étudier les enjeux et le fonctionnement de la mobilité en milieu urbain pourrait voir le jour, notamment autour de ce thème de la voiture connectée.

Une initiative qui intervient alors que, à l’occasion de la conférence CAD (Connected and Automated Driving), en avril dernier, la Commission Européenne a exprimé son soutien massif au développement de la voiture connectée et autonome. Un appui qui va se traduire par des expérimentations à grande échelle dans 29 pays, dont la France. Une lettre d’intention dans laquelle les pays de l’Union Européenne et de l’Espace Économique Européen s’engagent à tester la mobilité connectée et autonome a ainsi été signée. L’objectif est de s’assurer de la fiabilité, mais aussi de l’interopérabilité des services, d’un pays à l’autre.


Dossier réalisé par Cyril Bellivier

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